Bianca

scorpion

Auteur :

Loulou Robert a 23 ans, elle est mannequin. Bianca est son premier roman.

Résumé

Une jeune fille de 17 ans se retrouve une année complète en hôpital psychiatrique. On entre très vite dans son écriture saccadée et ultra-réaliste. Elle décrit sans pathos son mal-être, sa « folie », son émotivité. Elle ne revient que très peu sur son geste suicidaire, sur son apparente anorexie. Ce que Bianca cherche à montrer, c’est l’état dépressif lui-même, cet état de lucidité extrême où l’on se rend compte du vide de l’existence; l’entrée dans l’âge adulte en est le plus propice. Elle éponge le monde et ses maux et déborde de clairvoyance sur la véracité des rapports humains. Dans cette prison qui la protège, elle rencontre d’autres jeunes comme elle, certains ont des vrais traumatismes, d’autres non. Peu importe, ils se comprennent, et peu importe aussi si les psychiatres eux ne comprennent rien. On perçoit que l’élan de vie l’emporte petit à petit, qu’il est au fond d’elle dans ce frêle corps qui ne demande qu’à aimer et à être aimé. L’amour, peut-être la seule chose positive de la vie d’adulte, qui, malgré toutes les névroses du monde, nous retient de toutes ses forces sur Planète terre.

Mon avis
Les premiers romans ont quelque chose de semblable aux premiers amours. Un charme inexplicable, une poésie frémissante, des sourires spontanés, une maladresse déguisée en assurance.
Bianca est un roman émouvant et sincère, bien écrit, sans maladresse. Les prises de conscience de cette jeune adulte sont universelles, j’ai notamment beaucoup apprécié comment l’auteur décrit le rapport à sa mère. Dieu sait comme les relations mère-fille peuvent être compliquées, ou électriques. Ici Bianca parle de ces mères que l’on aime mais qui nous agacent, de ces mères qui nous apprennent tout et que l’on comprend toujours trop tard.
Un très joli roman, plein d’espoir.

Le signe astrologique de ce roman

Scorpion : ce comportement autodestructeur n’est pas sans rappeler celui du scorpion. D’autre part, la lucidité et l’extrême sensibilité de Bianca correspond pleinement à ce signe d’eau. Sa répartie est parfois cinglante et sa vision des autres plutôt cynique. Les scorpions sont plutôt sombres et magnétiques, mystérieux et très intuitifs. Ce signe met longtemps à maîtriser ses émotions et son fameux « dard ».

Extraits choisis

Ce sont mes parents qui ont voulu que je vienne ici. A vrai dire, après ce que j’ai fait je n’ai pas eu le choix. En entendant le mot « psychiatrie », j’ai pensé qu’ils m’envoyaient chez les fous. Aujourd’hui, je me rends compte que ce n’est pas nous qui sommes fous, c’est le monde qui est fou. Et si on est abîmés c’est parce qu’on s’en est aperçus.

On discute avec Lenny dans le lit, ça m’avait manqué. Je passe la nuit à le regarder dormir. J’entends ma mère qui ne dort pas, le bruit de ses pensées traverse les murs.

Le mystère Henri Pick

signe-du-cancer-en-astrologie

Auteur
David Foenkinos est un de mes écrivains contemporains favori. Il a un don imparable pour nous emmener dans son monde et ses histoires, parfois loufoques, parfois drôles, parfois tristes à en pleurer, comme son chef d’oeuvre Charlotte. C’est un auteur qui suscite de l’émotion, qui fixe des instants, s’attarde sur des détails.

Mon avis
Quand on aime lire, et que l’on tombe sur un roman qui parle de romans, on ne peut que tomber sous le charme de ce récit. Il est assez agréable de croiser des personnages contemporains comme François Busnel, ou encore Frédéric Beigbeder. On partage les mêmes liens avec l’écrivain, ce qui nous donne l’impression d’être intime.
L’histoire
Une jeune éditrice prometteuse et son petit ami, jeune écrivain moins prometteur, découvrent à Crozon une bibliothèque des livres refusés à la publication. Ils tombent alors sur un sublime roman dont l’auteur, signé d’un certain Henri Pick. Après quelques recherches, ils découvrent qu’il est décédé depuis quelques années, et que cet auteur caché était en fait pizzaïolo dans le village et ne semblait selon ses proches n’avoir jamais rien écrit d’autre que la liste des courses. L’histoire du roman suscite l’étonnement et séduit alors le public, se place en tête des ventes, (au passage réflexion nécessaire et adroite sur le roman du roman, qui devient le plus important pour faire vendre) et bouleverse alors la vie de plusieurs personnages du roman, un peu « ratés » ou « refusés » comme les livres de la bibliothèque éponyme: le couple à l’origine de sa découverte, la bibliothécaire elle-même, la veuve et la fille de Henri Pick, ou encore un ancien critique littéraire déchu.
Comme dans la délicatesse, je ne considère pas la trame comme essentielle dans une roman de David Foenkinos, même si le squelette est bien ficelé, je ne rangerais cependant pas ce livre dans la case des « thrillers haletants » comme certains. En revanche, les personnages qui gravitent autour du fameux livre refusé sont tellement attachants qu’ils nous donnent envie de continuer à lire, afin que l’on connaisse leur issue.
A ce propos, David Foenkinos a dit dans une interview « D’une manière étrange, j’ai l’impression que mon roman est terminé quand mes personnages sont capables de vivre sans moi. » Et c’est un peu ce qu’il se passe quand on lit ses romans, on ne peut rien lâcher jusqu’au dénouement…

Le signe astrologique de ce roman
Cancer… Ce signe d’eau correspond en effet selon moi à l’ambiance lunaire des personnages peu sûrs d’eux décrits dans le récit. Signe discret, cette personnalité se fait facilement oublier par les autres. Lunaire, intuitif et attentif, on note un grand paradoxe entre la partie ambitieuse et ouverte du signe et son aspect gentil, sensible, qui aspire désespérément à l’approbation… Et ce qui se cache sous la carapace est bien difficile à découvrir…

Extraits choisis

Le matin, elle partait travailler, et il se mettait à écrire. Ce livre, il avait décidé de le composer entièrement dans leur lit. L’écriture fournit des alibis extraordinaires. Ecrivain est le seul métier qui permette de rester toute la journée sous la couette en disant « je travaille ».

Delphine se doutait du choc qu’elle allait provoquer. Madeleine avait bien dit que son mari ne lisait jamais. Mais Frédéric avait peut-être raison; on allait lui annoncer une nouvelle valorisante. Après tout, on ne lui révélait pas l’existence d’une autre femme mais d’un roman. (Certains diront que c’est la même chose).

Celle que vous croyez

scorpion

Auteur

Camille Laurens
Née en 1957 et agrégée de lettres modernes, Camille Laurens, de son vrai nom Laurence Ruel, est enseignante et écrivain.
L’œuvre globale de Camille Laurens se distingue par sa fantaisie imaginative et une réflexion constante autour du rapport entre la fiction et la réalité, l’illusion et la vérité.

Le livre

Un roman qui coupe le souffle!! Dès les premières pages on reste scotché. Quel rythme, quelle verve, quelle inventivité!
Claire est enfermé dans un hôpital psychiatrique et parle à Marc, jeune psy de 30 ans, d’un flot de paroles ininterrompu. Elle semble lui raconter tout ce qu’elle a retenu jusqu’ici en elle. Son histoire, mais pas seulement.
Elle raconte notamment l’impact des réseaux sociaux comme Facebook, et aussi la place de la séduction chez la femme de 50 ans dans notre société. Sa critique est acerbe et juste. Les femmes qui vieillissent souffrent et ne semblent plus avoir droit au désir et au regard des hommes, contrairement à ceux ci.
C’est dans ce cadre qu’elle raconte son histoire : elle, Claire, était amoureuse de Jo, éternel séducteur qui la faisait tourner en bourrique. Pour continuer à suivre ses faits et gestes, elle décide de s’inventer un profil Facebook où elle serait une midinette de 24 ans et elle séduit le meilleur ami de Jo, Chris, dans le but d’avoir des renseignements sur les faits et geste de Jo. S’entame alors une liaison complètement virtuelle, relativement confortable et rassurante entre la jeune Claire et Chris. Le problème arrive: ils tombent amoureux et deviennent complètement dépendants de cette relation. Un second problème survient alors: Chris ne tient plus et veut rencontrer cette charmante brune rencontrée sur internet avec qui il partage tant de points communs. Après maintes pirouettes, Claire sera bien obligée de rompre le lien virtuel, mais à quel prix… Le livre ne s’arrête pas là, bien au contraire, les rebondissements s’enchaînent et les personnages nous surprennent.
J’ai été bluffée, j’ai adoré aussi bien l’histoire que le style de l’auteur, que les réflexions philosophiques autour du livre. Je compte même l’offrir à ma mère…

Le signe astrologique de ce roman

Pour une fois il ne m’a pas semblé tout de suite évident à trouver, tant les facettes de Claire sont multiples. Quel signe incarne aussi bien la transformation, le renouvellement? Le scorpion bien sûr, passionné, régénérateur et impulsif ! Le scorpion a pour planète Pluton, planète qui incarne le besoin d’affronter les aspects les plus profonds et plus sombres de la psyché. Pluton est le dépositaire de tout ce qui est tenu pour inacceptable en soi-même et dans le monde, tout ce qui doit être éliminé, y compris le ressentiment en train de couver, l’envie et la jalousie tapis dans un coin… pour mieux être compris et transformés. voilà le pouvoir du scorpion! Il peut transformer la plus sombre des expériences pour en libérer une puissante force créative.
j’ai regardé ensuite la biographie de l’auteur, et étonnamment elle est scorpion aussi. C’est plutôt rare d’être du même signe que son livre, ce qui explique sans doute pourquoi on le trouve animé d’une puissance étrange, l’imagination est ici en adéquation avec l’âme.
Extraits choisis

Vous avez besoin de comprendre ? Comme je vous comprends! Mais qu’est-ce que vous voulez comprendre au juste? Voilà une belle réponse. Vous marquez un point. Comment vous appelez-vous? Marc. Marc. Vous me plaisez, Marc, et je suis d’accord avec vous: en chacun de nous, il n’y a que deux personnes intéressantes, celle qui veut tuer et celle qui veut mourir. Elles sont inégalement représentées, mais quand on les a identifiées toutes les deux, on peut dire qu’on connaît quelqu’un. C’est souvent trop tard.
Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau: on se noie dans la traque, dans l’attente, on s’accroche aux présences factices qui hantent la toile. Ne serait-ce que la petite lumière verte qui indique que l’autre est en ligne! Ah! quel réconfort! Même si l’autre vous ignore, vous savez où il est : il est là, sur votre écran, il est en quelque sorte fixé dans l’espace, arrêté dans le temps. Surtout si à côté du point vert est écrit Web : vous pouvez alors l’imaginer chez lui, devant son ordinateur, vous avez un repère dans le délire des possibles. Ce qui angoisse davantage c’est quand la lumière verte indique Mobile. Mobile, vous vous rendez compte?! Mobile c’est a dire nomade, vagabond, libre! Malgré tout vous savez à quoi il est occupé, en tous cas vous en avez la sensation, une sorte de proximité qui vous calme. Vous supposez que si ce qu’il est en train de faire lui plaisait, il ne serait pas connecté toutes les dix minutes.

Mais dites-moi, pourquoi une femme devrait-elle, passé quarante-cinq ans, se retirer progressivement du monde vivant, s’arracher du corps l’épine du désir alors que les hommes refont leur vie, refont des enfants, refont le monde jusqu’à leur mort?
Je voudrais tellement être un homme parfois, ça me reposerait.

NB : je pourrais recopier le livre, toutes les pages sont cornées, mais je vous laisse le soin de le lire…