De nos frères blessés

capricorne

Auteur :

Joseph Andras est un écrivain né en 1984. Ce roman est son premier, et lui permet d’obtenir le Goncourt 2016 du Premier Roman… qu’il refuse! En effet, pour lui, la compétition est en effet incompatible avec l’écriture et la création.

Résumé

Le roman retrace la vie du militant communiste Fernand Iveton, qui fut le seul Européen exécuté durant la guerre d’Algérie en raison de son engagement et de ses actions auprès du FLN.
Malgré de grosses lacunes en Histoire je n’ai eu aucun mal à entrer dans ce premier roman de Joseph Andras. Fernand Iveton était communiste et a été condamné à mort pour une bombe placée dans une usine qui n’a jamais explosé et qui ne visait aucun humain. Il n’a pas été grâcié par René Coty et a été traité comme un terroriste dans un climat de guerre. Il a servi d’exemple et est mort pour la cause qu’il défendait, l’indépendance de l’Algérie.
Outre le roman historique, il y a l’histoire d’amour entre Fernand et Hélène, son épouse, que l’auteur retrace parallèlement à l’histoire du procès. Il y a tant de beauté dans ces lignes, tant de dignité, que l’on comprend l’intérêt que cette affaire a suscité, tant l’homme était bon et intègre malgré la peine infligée. La plume de l’auteur qui signe ici son premier roman m’a énormément plue, une certaine poésie comme j’aime.

Le signe astrologique de ce roman

Capricorne… Quel autre signe est capable de mourir pour des idées? Jésus en est le premier exemple. En plus de son destin politique tragique, Fernand Iveton a tout du capricorne : froid et discret à prime abord, il cache au fond de lui un diamant pur, ainsi qu’une fidélité et un respect envers son épouse qui n’appartient qu’à ce signe très entier.
Extraits choisis

« Mais elle est là, en face, visiblement plus apaisée qu’il ne l’est, il pourrait la toucher s’il tendait le bras mais cette seule idée relève déjà du sacrilège, pense-t-il d’ailleurs à la toucher? Les corps sont absents lorsque naît au profond du ventre cette chose qui ne possède pas de mots, qui n’a jamais su en trouver pour se dire et se cerner, ce truc, c’est sans doute le plus à même de se signifier ces premiers temps hors du temps, ce truc un peu dingue, vapeurs, fumerolles, éther, qui condamne à la déroute toute ébauche de rationalité, ce truc que l’on sait trempé d’illusions, parure, dorures et sables d’un instant, mais auquel on s’agrippe, donnant tout, tête la première, oui, ce truc. »

« Fernand devant pour ainsi dire jamais au cinéma mais Hélène se le permet, parfois, dans l’année, lorsqu’il lui reste un peu de sous. La guerre, nous disions? Leurs ombres se touchent sur le bitume. »

« Brisure chaude est trempé. Lézarde sublime dans le mur d’une femme qui s’offre. Elle ferme les yeux et souffle fort. Halète, gémit. Ses épaules nues, sept petits seins secoués. Une tâche sur l’une des clavicules. Il plonge sa tête dans son cou, avalé à grands traits son parfum, folie, folie que ce cou-là, ses hanches tapent de plus en plus fort au fond de tant de beauté. »

« La vie d’un homme, la mienne, compte peu. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir. Et l’Algérie sera libre demain. Je suis persuadé que l’amitié entre Français et algériens se ressoudera. »

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