Le dernier des nôtres

lion

Auteur

Adélaïde de Clermont-Tonnerre est née à Neuilly-sur-Seine le 20 mars 1976, elle est journaliste et romancière française. Adélaïde de Clermont-Tonnerre dirige le magazine Point de vue après être passée par l’École normale supérieure. Son premier roman, Fourrure a obtenu de nombreux prix. Le dernier des nôtres est son deuxième roman, qui vient de lui valoir le Grand Prix de l’académie française ! Bravo !!

Résumé
Le dernier des nôtres est un grand roman, une oeuvre bien écrite et très travaillée, mêlant deux époques, une histoire d’amour américaine dans les années 70 et le contexte historique scientifique en Allemagne de la deuxième guerre mondiale.
Werner Zilch vit à Manhattan. C’est un jeune homme ambitieux, grand et séduisant, dont les origines sont floues car il a été adopté et n’a jamais retrouvé trace de ses parents biologiques. Il vit avec son ami Marcus, avocat et créent une société d’immobilier et d’investissement qui ne tardera pas à voir le succès. Il tombe éperdument amoureux de Rebecca Lynch, belle artiste peintre, fille d’un millionaire américain. Fous d’amour dès le départ, ils évoluent dans le New York de époque entre Jimi Hendrix, et Andy Warhol… on y croise même Donald Trump..!
Mais le jour où Rebecca présente son amoureux à ses parents, la mère de Rebecca croit voir le diable, interdisant à Rebecca de revoir Werner.
C’est là que l’on est renvoyé par flashbacks successifs dans les années 1945, à Dresde, pour essayer de retrouver les origines de Werner. A travers ces différentes investigations, on apprend douloureusement que les plus grands scientifiques de l’époque, comme Wernher Von Braun, l’ingénieur de fusées spatiales, le V2, projet Spoutnik etc… ont été financés par le parti nazi pour obtenir les moyens nécessaires à leurs recherches; il est très intéressant de comprendre le contexte difficile où la passion de la science était interdépendante d’atrocités…
C’est donc une fiction amoureuse mise au coeur d’un véritable enjeu historique et politique de la deuxième guerre mondiale. Formidable roman comme on n’en lit plus beaucoup, et des personnages que l’on quitte douloureusement à la fin des 500 pages. On sent dans l’écriture d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre une éducation stricte et un respect des codes et des valeurs de la littérature qui fait de roman un véritable travail-chef d’oeuvre, mêlé à son humour et sa jeunesse… bref un délice de lecture… et quel plaisir de la voir gagner le Grand prix de l’académie française!

Signe astrologique de ce roman
Lion! La planète de ce signe est le soleil, et ce roman l’est tellement, solaire…
Werner Zilch, le narrateur et dernier des nôtres rassemble les grandes qualités du lion! Séduisant, charismatique, ambitieux, théâtral, mais aussi fier et orgueilleux, se vengeant des absences répétées de Rebecca auprès d’autres femmes, qu’il appelle « ses consolations ». (Il n’y a que le lion pour avoir un coeur aussi fidèle et un corps aussi volage sans éprouver de remords!)
D’autre part, le lion se croit spécial, et se donne beaucoup de mal pour jouir d’un traitement particulier, tout comme notre personnage principal… Mais il est tellement attachant!

Extraits choisis

« Les femmes veulent que les hommes tombent amoureux et traitent de salauds ceux qui n’y parviennent pas. Elles pensent que l’amour a le pouvoir de laver le péché de chair. Je me passais très bien de cette eau de javel archaïque qu’est le sentiment. J’ai été jeune au bon moment. Dans les années 1960, les filles mettaient un point d’honneur à profiter de leur liberté. Elles étaient entrées dans une sorte de compétition, où la fierté naissait de l’exercice de leur sexualité et non de sa répression. J’en ai profité je le reconnais. L’amour n’était qu’un jeu, mais cette période bénie a pris fin le jour où, au restaurant Gioccardi, une jeune femme a écrasé mon insouciance de ses sandales bleues. »

« Impossible que sur les quatre milliards de gens qui vivent sur cette planète, nous nous soyons trouvés alors que nous étions tachés d’un sang qui nous lie et nous sépare à jamais. »

« Le Reich était une machine dangereuse et brutale. Or elle m’avait non seulement épargné, mais elle me rapprochait de ce qui était tout pour moi. Votre génération, Werner, ne peut pas comprendre les conditions dans lesquelles nous avons vécu. Une fois l’issue connue, il est facile de juger. Nous marchions dans les marécages d’une réalité trouble. L’histoire est écrite par les vainqueurs et de là où je vous parle, bien sûr que je regrette, mais je suis et j’ai toujours été un savant. »

2 commentaires sur « Le dernier des nôtres »

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