L’homme que ma mère a aimé

taureau

L’auteur

Urs Widmer est né le 21 mai 1938 à Bâle et mort le 2 avril 2014 à Zurich. Il était écrivain, dramaturge et traducteur suisse.
L’œuvre d’Urs Widmer comprend des romans, des récits, des essais, des pièces de théâtre et des dramatiques radiophoniques. La force de son œuvre tient, selon les critiques, à sa capacité de transformer jusqu’à la parodie et au surréalisme de banales histoires d’aventures et de voyages grâce à un déploiement d’humour et d’ironie. Widmer souhaite d’une part écrire des fictions, « tout en laissant paraître le plus possible de la réalité sociale ».

Résumé

Et si vous passiez votre vie à aimer un homme qui ne vous aimait pas?
Clara est belle, jeune et riche, Edwin est sans le sou. Rencontré lors d’un concert, il lui demande d’être l’assistante du Jeune Orchestre. C’est ainsi que grâce à elle il va devenir un chef d’orchestre célèbre suisse des années 1920-30. Elle fera tout pour lui sans qu’il ne lui demande jamais rien. Ils auront une aventure. Il la fera avorter. Puis elle perdra toute la fortune de son père à cause de la crise de 1929, celui-ci décédera dans la foulée; elle essaiera de renouer avec sa famille paternelle mais sans grand succès. Elle verra Edwin se marier à une femme fortunée qui le rendra encore plus puissant. C’est à partir de cet éloignement qu’elle se rendra compte de son amour fou pour lui, toute sa vie, sans jamais lui dire, en continuant à aller ses concerts, jusqu’après la deuxième guerre mondiale. Elle mènera une existence a priori normale, se mariera et aura un fils. Mais elle n’oubliera jamais Edwin, et sa passion la rongera jusqu’à la mort.
Si elle avait su pleurer, peut être qu’elle ne serait pas devenue folle. C’est son fils qui raconte son histoire et c’est très émouvant.

Mon avis

Un très beau roman dont le style sobre et efficace de l’auteur nous donne l’émotion nécessaire sans jamais tomber dans le pathétique. A lire, un petit bijou!

Le signe astrologique de ce roman

Taureau ! Sensible et dotée d’un fort caractère parfois obstiné, Clara correspond bien à ce signe qui parfois fonce dans la mauvaise direction, quitte à se prendre un mur et devenir totalement malheureux. Derrière son côté rude elle cache énormément de romantisme, elle aime la vie, la musique et les gens, elle aime recevoir et cuisiner des heures pour organiser des soirées gaies et divertissantes. Même lors de sa dépression, elle occupe toutes ses journées au jardin, pendant la seconde guerre mondiale, à planter et cultiver fruits et légumes par centaines; cette fertilité de la terre est le symbole même du signe du taureau.

Extraits choisis

C’était la faute de son sale caractère. Son caractère? C’était quoi son caractère?
Peut-être que son caractère, c’était cette manière de rester souvent immobile dans sa chambre, figée et les yeux regardant au dedans, les poings serrés, et, dans le cerveau, comme une chaleur de braise. A l’intérieur d’elle tout était en ébullition, vers l’extérieur elle était de la peau morte. En elle il y avait tout un monde plein de lumière et d’éclat. Des papillons, des lucioles.

Ensuite son enfant vint au monde, moi, et cette fois elle voulut avoir le droit d’être contente. elle voulait être contente mais elle n’y arrivait tout simplement pas. Pas de lumière, pas de soleil. Toute la journée elle sanglotait sans larmes, elle criait sans son.

Et lorsque Hitler, plus fou que jamais, ordonna l’offensive des Ardennes, ma mère dans la forêt coupait un petit sapin -au crépuscule, il ne fallait pas se faire prendre par le garde forestier-, parce que c’était Noël et que jamais, pas une seule fois, ma mère n’avait passé Noël sans un arbre illuminé de bougies. Les Russes se battaient pour arriver à Berlin, et ma mère préparait de nouveaux carrés de légumes. Le 8 mai 1945, vers midi, toutes les cloches sonnèrent. « le chien, dit-elle au chien, à partir d’aujourd’hui, il va falloir affronter la paix nous deux. »
L’histoire est racontée. L’histoire d’une passion, d’une passion obstinée. Ce requiem. Cet hommage à une vie qui fut difficile à vivre.

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