L’autre qu’on adorait

taureau

Le signe astrologique de ce roman

Taureau… (ascendant sagittaire!)

La sensibilité et sensualité de Thomas, son amour pour la littérature et la musique ainsi que parfois son entêtement m’on fait penser  à ce signe épicurien qui ne se refuse rien et recherche constamment le plaisir. Il manque parfois de diplomatie et ne semble pas toujours à l’aise avec la hiérarchie, ce qui explique pourquoi ce n’est pas lui qu’on retient aux entretiens d’embauche. Cependant il est fortement attachant, et c’est souvent ainsi que l’on caractérise ce signe.

Je rajoute un ascendant en sagittaire, qui apporte un peu de nomadisme à ce taureau qui a un peu trop la bougeotte pour être taureau ascendant taureau! L’ascendant sagittaire apporte également l’élément Feu à notre terrien fougueux, et cela lui correspond bien.

Le signe du taureau est gouverné par Vénus, qui n’est pas la planète la plus « active » contrairement à Mars, et peut amener chez un homme un trop plein de lenteur et de lascivité, plus tolérables dans le thème astral d’une femme. Le taureau peut se mettre à travailler énormément s’il en ressent la motivation nécessaire et enfoncera des murs avec sa ténacité. Thomas est exactement comme cela; il sait qu’il a les ressources nécessaires pour mener à bien sa vie professionnelle comme finir sa thèse par exemple, mais il ne le fait pas, car souvent enclin à un certain « spleen » induit par ses échecs amoureux à répétition. Sa possessivité en amour est conforme une fois de plus avec ce signe terrien. Le taureau est le signe le plus possessif du zodiaque, et une femme n’aime pas être retenue, elle préfère plus de distance, voilà peut être pourquoi elles finissent toutes par quitter Thomas.

J’ai souvent dit de façon caricaturale à mes amies que les hommes taureau étaient des « loser ». C’est très abrupt comme définition, mais je me permets de l’expliquer. Ce sont des âmes pures, pas compliquées, (ça ne veut pas dire simple), surement trop spontanées, qui s’abandonnent d’une façon totalement romanesque dans une nouvelle relation en pensant à chaque fois qu’elles ont rencontré leur âme soeur. Au travail, le taureau n’est pas assez calculateur, contrairement à une Vierge ou un capricorne par exemple. Le taureau n’est pas assez malin, sa répartie ne vient pas assez vite et il a peur d’être jugé. La société actuelle ne ménage malheureusement pas ces êtres là…

Enfin, tout signe a « une ombre ». En astrologie, l’ombre du Taureau est le scorpion. C’est cette ombre qui permet à Thomas de rebondir (le scorpion et sa forte capacité de renaissance) mais c’est cette même ombre qui nous donne un Thomas enfermé chez lui, à déprimer, auto-destructeur.

L’axe Taureau/Scorpion représente la dualité possession/dépossession, et c’est cet axe, cette « bipolarité », qui représente au mieux selon moi la maladie que l’on a diagnostiqué à Thomas.

Résumé

Cette histoire d’inspiration biographique a deux débuts, celui où Thomas se suicide, aux États-Unis, en 2008, et celui où il tombe amoureux de la narratrice à Paris, en 1986.
Notons au passage qu’être amoureux en 86 c’était déjà ringard. Il fallait tuer l’oiseau dans l’œuf plutôt que d’essayer le bonheur; à Paris quand on aime les livres, il faut souffrir, pour devenir comme tout le monde : mélancolique… et donner ainsi le ton au roman d’une vie.

Thomas est un jeune homme littéraire, ambitieux, drôle et sensuel. Et pourtant, malgré un bon cursus il ne remporte pas les concours espérés de Normale Sup, la narratrice avec qui il débute une jolie liaison le maltraite et le transforme en ami, en confident. Il rebondit pourtant, emménage à New York, entre à Columbia, change trente fois d’orientation, connaît plusieurs femmes, sort et boit beaucoup. Aucune femme ne reste et il n’obtient pas le job de ses rêves quand tout laissait présager un avenir heureux. Pourquoi? C’est toute l’énigme du roman.
Portrait d’un homme passionné et sensible qui adorait la vie, les femmes et New York, mais à qui la vie n’a pas voulu faire de cadeaux; sorte de poète maudit errant entre les êtres sans que ceux-ci ne daignent lui laisser une place auprès deux. Catherine Cusset nous parle de bipolarité quand tout son roman fait culpabiliser ses personnages. Pourquoi Thomas s’est-t-il tué? Etait il vraiment bipolaire ou simplement incompris? On s’attache à cet homme qui a tant de richesses et qui se fait dépouiller de tout. Dès les 50 premières pages j’avais envie de pleurer d’injustice, de prendre Thomas chez moi. Comment la narratrice parvient elle à susciter tant de bouleversements sans montrer dans son écriture tranchante la moindre empathie? Son récit est à la deuxième personne pendant tout le roman et nous prend aux tripes.

Ce roman est une magnifique tragédie, une sorte d’Antigone au masculin.
Il est bouleversant, j’en ressors en miettes! À lire, coup de coeur…❤️

Auteur

Catherine Cusset est née en 1963, à Boulogne Billancourt. Après des études à Normale Sup et une thèse sur le marquis de Sade, elle migre aux états unis, devient professeur puis finit par se consacrer uniquement à son métier d’écrivain. Elle a obtenu plusieurs prix, notamment pour « un problème avec Jane » et plus récemment pour « un brillant avenir ». Elle a écrit plus d’une douzaine de romans, souvent d’origine autobiographique et dont la vérité crue est sa marque de fabrique.

2 commentaires sur « L’autre qu’on adorait »

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