La beauté du diable

balance

Extraits choisis :

J’ai un secret. J’appartiens à un club. Il s’agit d’un très grand club, sans doute le plus important de Tokyo, de tout le japon, peut-être même du monde entier. Vous pourriez appeler mon club le club des passionnées de beauté. Et même si nos maisons sont vieilles et délabrées, si les murs empestent l’usure et la décrépitude, quand nous sortons après notre toilette matinale, nous sommes jeunes, fraiches et superbes. Et nos vêtements et notre maquillage sont impeccables.

Dans notre culture, une femme enceinte est une femme laide. Si vous ne pouvez pas cacher ce qu’un homme vous a fait, alors vous devez vous cacher.

Pour être une superwoman, vous devez créer en vous même un jardin secret, dans lequel vous jetez toute votre fange, votre lassitude, votre colère, votre haine pour votre famille et vos responsabilités, la routine immuable de votre vie. Dans le silence infini de la nuit, vous regardez pousser votre jardin du mal. Le jour, vous le piétinez et vous êtes une superwoman.

« – Ne sois pas ridicule, a dit Tomoko.Les vêtements représentent le seul vrai pouvoir que nous femmes détenons en ce monde. » Je comprenais exactement ce qu’elle voulait dire. dans ce vêtement, la Makkura ne pouvait pas m’atteindre.

Les enfants sont pour une femme des parcelles de son coeur placées dans des corps différents et rendues à la liberté. Ce n’est que lorsque ses enfants et elle sont réunis qu’une mère connaît la paix.

Pour moi, et toutes les femmes seront d’accord avec cette vérité, les vêtements appartiennent à celles qui les désirent, et c’est pour cela que les femmes doivent sans cesse retourner dans les magasins, car elles savent que les vêtements ne sont réellement beaux qu’avant d’être achetés.

Résumé du roman

Kayo, la narratrice, nous emmène dans l’intimité d’un Japon honteux, qui n’a plus réussi à respecter ses principes bouddhistes à partir du moment où les américains ont apporté « le bonheurisme ». Elle a connu une époque où la croissance économique au Japon était forte et où les grands magasins affluaient. Elle a connu la liberté et a obtenu une carte de crédit sans qu’on lui explique comment s’en servir. La jeune femme au foyer noyée dans sa solitude s’est alors trouvée une occupation secrète: acheter des vêtements de luxe. Au point que cela devienne sa raison de vivre, sa drogue, au point d’en oublier son découvert grandissant, d’oublier les dettes, sa famille, son honneur. Son mari va découvrir son compte bancaire et découvrir son secret. Il tentera de l’aider, de comprendre, il la fait voyager dans les jardins japonais pour tenter de trouver des réponses au mal qui la ronge. Leur amour et leur attachement respectif sont très intéressants. Ce livre nous interroge non seulement sur la société et le poids des apparences, mais aussi sur la naissance d’une addiction et l’éternel vide de l’existence.

Mon avis

J’ai adoré ce roman, j’ai ressenti le même voyage intérieur qu’avec l’excellent « Geisha ». Vous l’aurez compris, le roman n’a rien à voir avec « une accroc au shopping » mais déborde de profondeur. Je le recommande vivement!

Le signe astrologique de ce roman

Balance!

Ce signe apprécie l’esthétisme  et a le goût du luxe et des jolies choses. La balance prend très soin de son apparence, ceci est lié à sa planète, Vénus. En se mariant très tôt avec un mari dont elle n’était pas follement amoureuse, ce signe m’a fortement fait penser à la narratrice : en effet la balance peut passer toute sa vie aux côtés d’une personne sans que celle ci soit réellement la bonne mais a trop besoin de son harmonie pour s’aventurer à le quitter et risquer le clash. La balance est aussi le signe le plus enclin à l’endettement, et parvient toujours à les régler d’ailleurs, tout comme Kayo. Enfin, la balance n’est pas un signe « meneur » contrairement au bélier par exemple. Il est donc tout naturel que Kayo se place en « suiveuse » avec son amie Tomoko dès le lycée, puis qu’elle reste toujours en retrait dans les groupes d’amies qu’elle se constitue par le biais de la scolarité de ses enfants. Elle est influençable, comme beaucoup qui ont ce signe, et attend beaucoup du jugement de ses amies à son égard.

L’auteur

Radhika Jha, née à New Delhi en 1970, est une romancière indienne. Elle perd sa mère à trois ans, grandit à Bombay, et atterrit dans un pensionnat himalayen avant d’obtenir une bourse pour aller poursuivre ses études aux Etats-Unis. Puis, elle découvre la France, la Suisse – comme stagiaire à l’Onu – et rentre à Bombay. Où elle travaille pour la Fondation Rajiv-Gandhi. Aujourd’hui, elle vit à Dehli où elle travaille comme attachée culturelle de l’ambassade de France en Inde.
Elle est l’un des jeunes espoirs de la littérature indienne d’aujourd’hui. Elle se situe exactement au confluent de la littérature indienne traditionnelle et de la culture occidentale, à une époque où l’Inde est en train d’intégrer, à sa façon et à son rythme, une certaine modernité.

2 commentaires sur « La beauté du diable »

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