Grand Frère

Grand frère est chauffeur Uber à Paris, Petit frère est parti en Syrie, pour une étrange mission humanitaire qui s’appelle Djihad. Leur maman, bretonne, est morte, leur père est chauffeur de taxi, ils sont venus se réfugier en France petits lorsque la situation en Syrie a mal tourné.
Aucune nouvelle de Petit frère depuis 3 ans. Grand frère et son père l’ont attendu des jours, puis des semaines, qui sont devenus des mois. Un soir, alors que Grand frère se perd dans les volutes de sa Marie-Jeanne, Petit frère sonne à la porte. Que faire de son retour ? L’aider à se cacher ? Lui pardonner, le dénoncer ?

Chai pas ce que j’avais dans la tête. J’ai cru que j’allais me poser comme une colombe au milieu de la mort.

Mon avis

Par les thèmes qu’il aborde autant que par son style, je dirais que ce roman manquait à notre paysage littéraire. Si tant est qu’il faille faire évoluer la littérature, ou plutôt l’adapter aux changements du monde, à ses nouveaux codes, alors je suis d’accord pour celle-ci.
Lorsque le langage de la rue peut se mettre au service de l’émotion, c’est gagné !
La narration alternée des deux frères offre deux regards complémentaires sur les affres de l’errance humaine. Entre déracinement, souffrance, absence de perspective, deuil maternel, il règne dans ce roman positif et bien construit une profonde envie de sauver les choses, les autres, soi-même.
Les sujets sont traités avec humour et finement explorés, prendre la narration d’un djihadiste n’était pas forcément évident et ces récits de Petit Frère à Raqqa ne sont ni documentaires ni imaginaires, ils résonnent d’une justesse déconcertante.
Le Paris vu des yeux d’un chauffeur VTC offre un pied à terre confortable et rassurant au lecteur, lui permet par la distance effectuée de tenter de comprendre ce qu’il se passe dans la tête de tous les gens qui comme Petit frère cherche désespérément une mission sur cette terre. À lire !!!

Extraits choisis

« Pendant des jours, j’ai pensé à Paris. Sur internet, je voyais tout le monde écrire « Je suis Paris ». Puis j’ai ouvert les yeux et la réalité, elle était devant moi. A mesure que je recevais des innocents à l’hôpital et que je constatais les conséquences des bombardements américains, des obus de Bachar et des attaques russes, j’y voyais plus clair? Le monde aurait dû écrire « Je suis Syrie ». Mais tout le monde s’en foutait parce qu’on était musulmans. Alors Paris, je me suis convaincu que c’était une statistique et qu’il fallait pas que ça m’empêche de vivre. »

« Comment différencier un barbu musulman à vélo dans hipster en Fixie ? Le problème est sérieux. L’autre jour, au café, y’a un gars du clan des bobos qui m’a dit que les hipsters se sont plaint des nombreux contrôles. La préfecture les a entendus. Les métèques, toutes religions confondues, il s’en plaignent depuis 50 ans, et personne ne les entend. Triste république. »

« La vie, c’est terrible quand on n’a pas assez de mots. »

Le signe astrologique du roman

Gémeaux

Un signe double pour ce roman à la double narration. Deux frères, deux visages. Les gémeaux ont cette versatilité, de qualité mutable, qui les rend insaisissables et difficiles à cerner. Charmant et communicatif, le gémeaux peut devenir distant et acerbe l’instant d’après. Ce sont des personnes curieuses, dirigées par Mercure, la planète de l’intellect. Les deux frères sont des personnes cérébrales, très peu dans l’effusion sentimentale et qui ont la bougeotte comme souvent les natifs du signe.
Le Gémeaux reste cependant un signe extrêmement positif, à l’image de ce roman, bourré d’humour et de bonne humeur. L’ombre du gémeaux est le manque de fiabilité, c’est l’illusionniste, qui agit souvent par ennui, en réaction à la bêtise ou à l’impression d’avoir été lésé, comme Petit frère, parti soit disant en ONG au Mali alors qu’il erre sur les terres syriennes.

Interview de Mahir Guven

J’ai voulu en savoir plus sur Mahir, si la lecture laisse suggérer une auto-fiction, l’auteur nous apprend qu’il n’en est rien, plutôt un long travail de recherche documentaire et psychologique. Mahir en a des choses à dire, son flux est abondant mais jamais ennuyeux, je vous laisse le découvrir …

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Quel genre d’homme es-tu Mahir ?

Avant tout, je suis un être humain né d’une mère et d’un père, dans un lieu et à un moment de l’histoire que je n’ai pas choisi. Je suis donc obligé de conjuguer ma vie avec cela pour tenter de devenir à l’âge adulte, l’enfant rêveur et sensible que j’ai toujours été. Et ce qui est vrai pour moi est vrai pour les autres. En conséquence, j’essaie de les comprendre pour vivre en harmonie. Éviter le désordre est très important, car cela me rend profondément malheureux.

L’envie d’écrire ce roman, elle est arrivée quand? Et comment ?

L’écriture a toujours été là. Quelque part à côté de moi. Elle rentrait de temps à autre par une oreille pour se déployer par le biais de mes mains sur une feuille blanche ou sur un écran, sans aller plus loin. Il faut préciser que j’ai grandi dans une petite ville en périphérie de Nantes où personne n’est écrivain, encore moins artiste. Écrivain est un nom sur un livre ou encore celui d’une rue. Ce n’est pas grave en soi :), mais le chemin à parcourir pour s’autoriser à se lancer dans une démarche artistique est plus long.

Ma première production artistique a été une pièce de théâtre que j’ai écrite et montée quand j’avais 20 ans. Ensuite, je revenais à l’écriture par intermittence, sans réel projet… Quelques phrases, quelques pages, spontanées, sur ce que j’avais en tête. En décembre 2013, j’ai écrit en quinze jours, un premier roman « Il presse le pas », en travaillant du soir au matin, au rythme de deux à trois chapitres de cinq pages par jour. En le relisant, ce n’est pas que j’ai honte, mais disons que c’était le tout début…la copie est loin de m’enthousiasmer.

Les choses sont devenues plus sérieuses en commençant à travailler au journal le 1. J’ai été amené à rencontrer de nombreux auteurs, dont mes deux patrons, Eric Fottorino et Laurent Greilsamer. Finalement, des gens comme toi et moi : des humains, à ceci près qu’ils sont de gros bosseurs, et profondément enthousiastes. Il s’agit d’une remarque qui peut paraître anodine, mais cet environnement m’a conditionné, et m’a donné confiance en moi, plus vous rencontrez d’auteurs, plus vous vous dites inconsciemment  » Et pourquoi pas moi ? « 

De fil en aiguilles, et un peu par hasard, j’ai rencontré un éditeur suite à un petit texte publié sur Facebook (il est dispo sur le site du 1 : https://le1hebdo.fr/journal/numero/3/l-ailleurs-c-est-exister-pour-soi-751.html# ).

Cet éditeur, Philippe Rey, m’a en quelques sortes lancé avec une proposition très simple :  » Tu racontes bien les histoires. Tu es créatif. Tu as une plume. Pourquoi ne pas écrire un roman ? « . Voilà pour la démarche d’écriture du roman.

Ensuite, il y a ce roman en particulier. Je travaillais depuis deux ans sur des projets de roman. Avec quelques histoires en tête, je tentais d’en faire quelque chose, mais rien de  satisfaisant ne sortait. En février 2016, je visite l’exposition Scorcese à la Cinémathèque. Là, je bloque sur l’univers de Taxi Driver et son personnage Travis Bickle.

Il fallait lui compliquer la vie. Le rendre humain. Alors je lui ai collé un père chauffeur de taxi. Et puis, un colocataire avec un comportement un peu bizarre. Un informaticien très enragé contre la vie et la France. Finalement, ce colocataire est devenu un frère disparu.
J’avais commencé par faire des essais à la troisième personne. C’était mou du genou et je voulais un texte très psychologique, qui raconte l’humanité des personnes qui habitent l’histoire. Leurs doutes, leurs certitudes, leurs erreurs, leurs colères, je suis passionné par les tabous et les contradictions, ils racontent davantage d’une personne que ses paroles ou ses gestes. J’avais aussi à coeur que tant le fond que la forme soit une découverte, j’ai tenté de sublimer ce que l’on ne regarde pas par réflexe, de donner une humanité à des gens que l’on identifie comme des zombies. Or le zombie, c’est celui qui n’est pas humain, qui n’est là que pour te manger.

Enfin, une petite anecdote, pour écrire, j’ai théorisé une règle. Il faut se situer dans un triangle à trois sommets : la confiance, la conscience, l’élan.

La confiance, c’est la capacité à croire que l’on peut y arriver. Par exemple, dans une randonnée quand où vous écrit  » 2 h – 6 km « , vous pouvez visualiser. Sans indication, plus difficile d’avoir confiance en soi.

La conscience, c’est la capacité à comprendre ce que l’on fait. Écrire un roman, ce n’est pas écrire un journal intime. D’autres personnes que soi vont le lire, et vont devoir le comprendre. Il faut donc faire à un effort de transmission, de comprendre que ce que vous écrivez va provoquer des réactions chez le lecteur, et donc être conscient si possible de chaque mot écrit.

Il reste l’élan. C’est le plus mystérieux. Il n’y a rien de rationnel dans le fait d’écrire. Il faut se laisser porter. Vous détestez votre mec, votre mère, votre femme, pire vous rêvez de les tuer. Dites-les. Vous voulez raconter la vie d’une fleur, la drague chez les termites. Foncez. Faites en sort de rendre ce que vous racontez digne d’intérêt. L’élan se provoque aussi, les idées viennent pendant les moments de vide et d’ennui. L’ennui ! Il est votre meilleur ami. Dans un monde, où tout va vite, où notre cerveau en surchauffe peine à trouver de l’oxygène, la fainéantise est un rémède, un guide, un médicament pour la créativité.

Avec ce trio magique, confiance, conscience, élan, vous réussissez à expliquer beaucoup de choses. Certains avec un élan monstre parviennent à mener à bout un projet. Ce genre de livre que vous le lisez, vous les trouvez un peu maladroits, mais il y a quelque chose.

Enfin, il y a ces livres où vous vous dites « Cet écrivain s’est un peu éteint… », souvent c’est l’élan qui fait défaut. Le grain de folie. L’éclair au front.

As-tu connu Grand Frère, ou Petit frère ? Le travail de recherche et de documentation sur le milieu des djihadistes était-il difficile ?

Pour Grand frère, j’ai construit ce personnage à partir d’éléments psychologiques de personnes que j’ai connues et que je connais. Le rapport à la drogue, à la mère, au frère, aux femmes, au travail, à la vie, disons que c’est un mélange de plein de petits éléments de personnes différentes. Par exemple, un garçon avec qui je jouais au foot, on va l’appeler Momo : peu d’études, ne travaille pas, il vit de petits larcins mais n’en parle jamais. Avec le temps, il se livrait un peu, et j’ai découvert une capacité à verbaliser des paradoxes sur la vie et le monde hors du commun. Lui, par exemple, m’a inspiré pour Grand frère, mais ce n’est pas le seul. Il y a eu beaucoup de discussions avec des chauffeurs alors que j’étais passager de Uber.

Pour Petit frère, c’est inspiré d’un cas réel. J’ai lu une brève dans le journal sur une disparition. Dès lors, je me suis posé la question : Pourquoi un jeune homme plutôt brillant disparaît ?

Sur le djihadisme, je me suis beaucoup documenté. Dans les journaux, des bouquins, et des blogs tenus par des familles des personnes parties, mais aussi par des personnes sur place en Syrie. Et il y a de quoi lire. Je me suis rendu compte à quel point ils étaient en phase avec la société française par le besoin d’écrire et de raconter leur vie, mais aussi par les remarques sur la vie en Syrie (problème de chauffage…où on ne trouve pas de chocolats…) Il y a une profonde naïveté voire même une certaine bêtise parfois.

Enfin, l’élément qui m’a profondément perturbé était l’attentat des frères Kouachi contre Charlie Hebdo. Ces deux jeunes avaient grandi avec une mère démissionnaire (prostituée) puis à la DHASS, donc dans un milieu très loin de l’islamisme politique pour finalement ce suicider en décimant une rédaction…En quelque sorte, ils avaient raté leur vie, mais avait décidé de réussir leur mort. Je n’ai jamais pu me résoudre à ce que des enfants de la DHASS de la cinquième économie mondiale puisse se foutre en l’air ainsi, et foutre en l’air des gens qui se contentaient de froisser les autres avec des coups de crayon. Pourquoi des français tuaient d’autres français ? Qu’est-ce que la génération de nos parents a fait de travers pour en arriver là ? Dieu était-il une revendication ou un faire valoir pour laisser exprimer une rage, un mal-être ?

Grand et Petit Frère cherchent avant tout une raison d’être et de vivre dans ton roman. Chercher sa place, est-ce forcément un problème d’origines ?

Qui n’a jamais traversé un grand moment de doute dans sa vie ? Avec le sentiment que tout était absurde. Et en réalité, ça l’est. Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Il n’y aucune logique, nous sommes là, et vivons, courons après nos rêves, nos désirs. Ces deux-là, Grand frère et Petit frère, sont comme tout le monde, ils doutent.

Mon sentiment est que l’on vit dans une société où chacun tente de devenir celui qu’il rêverait d’être. Réaliser son potentiel est devenu un paradis à atteindre. La mode de l’entreprenariat en est un exemple. Je ne suis pas sûr que cette caractéristique de la réalisation de soi ait été aussi exacerbée et répandue par le passé.

Dans le même temps, la société demande constamment à ce que vous vous définissiez.

Je prends mon exemple : Es-tu écrivain ou directeur d’un journal ? Es-tu plutôt turc, kurde ou français ? Nantais ou parisien ? Même si, elle n’est jamais directement posée, elle reste essentielle, préfères-tu les hommes ou les femmes ? De gauche ou de droite ? Es-tu musulman ? Pour ou contre Macron ? Fillon ? Mélenchon ? Féministe ?…

En réalité, on s’en fiche. Mais le fait que la question soit posée traduit une volonté de classer. On en arrive très vite à vouloir se définir pour rentrer dans une case. Une fois que vous êtes dedans, il est très dur de s’autoriser à en sortir. Or, avec la volonté de se réaliser, l’époque nous pousse à sortir de nos cases, cela crée de grands complexes psychologiques : merveilleux pour un romancier. J’ai beau faire le constat de tout ça, et m’en plaindre, je fonctionne de la même manière, et c’est très dur de s’y soustraire.

Quant aux origines ethniques ou culturelles, en France, on ne peut plus cacher que nous avons un problème avec cette question. Hier, cela été avec les Italiens, les Polonais, les Bretons, les Corses. Aujourd’hui, quand on est d’origine allemande, chinoise, maghrébine ou que l’on a la peau noire, on doit constamment donner des gages de bon comportement. C’est très dur à comprendre quand on ne fait pas partie de ces minorités, mais cela ne facilite pas à se sentir Français comme tout le monde. Par exemple, peu de gens se plaindraient si des Français d’origine américaine fêtaient Thanksgiving dans la rue. En revanche, tous les ans, même si beaucoup de gens vont assister à la fête du nouvel an chinois dans mon arrondissement, cela fait quand même grincer des dents…

Personnellement, je me suis interrogé très longtemps. Je suis né apatride en France, donc sans nationalité. Mes parents étaient réfugiés en France. À dix ou douze ans, j’ai obtenu la nationalité turque, puis la française à treize. Avant, j’étais quoi ? Un être humain, habité multiples cultures : celle de Saint-Sébastien sur Loire, la ville où j’ai grandi, du quartier de Bonne Garde, de la résidence du val joli, de la famille Guven, d’une mère turque, d’un père kurde, de la région de Nantes, du sud Bretagne, de la France…

Grand frère est un homme qui accepte de rentrer dans le système avec sagesse et mélancolie, tandis que Petit frère, idéaliste et rebelle, cherche plutôt à sauver le monde. De quel frère te sens-tu le plus proche ?

Pas l’un, plus que l’autre, je porte sur eux un amour équivalent, en quelque sorte, ce sont deux enfants que j’ai créés. À titre personnel, j’ai un caractère complètement différent. Je suis prudent et déterminé. Je finis toujours ce que je commence, je n’aime pas à arrêter les choses en cours de route, et suis un maniaque des choses bien faites, ce qui est autant une qualité qu’un handicap. Et dernière chose, j’ai dû mal à choisir, mais quand je choisis, comme les cons, je fonce.

Quel est pour toi le message principal de ce roman ?

Je ne crois pas à la littérature de message. Je pense que le rôle de la littérature est de poser des questions, et de pousser le lecteur à s’en poser. En ce sens, après les retours de lecture, je suis heureux de constater que chacun y trouve son compte, de la jeune femme de 35 ans issue de quartiers populaires, à la personne fortunée qui ne connaît pas la banlieue, à un académicien de 88 ans, Dominique Fernandez.

Tu es également rédacteur en chef pour America; à ceux qui connaissent mal ou peu ce continent et sa littérature, que peux tu en dire ?

Pour America, je ne suis pas rédacteur en chef, mais directeur exécutif. En gros, l’éditeur. J’ai mis le projet sur pied d’un point de vue managérial, et je participe au comité de rédaction. Pour moi, la littérature américaine est, comme pour les lecteurs, une découverte.

Ce que je peux en dire, c’est que les américains ont le sens du récit, et des grandes épopées. Ils ont moins de tabous artistiques et la frontière entre littérature distinguée et populaire existe moins, ce qui autorise à voguer vers des genres sous-considérés chez nous, comme la science-fiction par exemple. La littérature américaine est tellement riche, que j’ai beaucoup de mal à en donner une définition.

As-tu déjà des idées pour un futur roman ?

C’est quoi être une femme dans un monde d’hommes ? Je suis incapable de le savoir, mais suis révolté par le nombre d’agression, de viols, de manière générale, et ce bien avant, l’affaire Weinstein. Il suffit de constater le pourcentage d’incarcérations pour agression sexuelle (10 %), pour se faire un avis sur cette question essentielle.

J’ai grandi dans une famille avec trois femmes, et j’étais le seul garçon, la misogynie m’insupporte. Ma mère ne supportait pas qu’un homme la rabaisse. Elle a même appris la mécanique, pour montrer qu’elle savait faire comme tout le monde…

Alors c’est quoi être un homme dans un monde de femmes ? Ça, je suis capable de l’imaginer ;).

Ton lieu et heure préférés pour écrire ?

Le matin, une demi-heure à une heure après le réveil, de préférence avec un peu de sport ou d’étirement avant. Le cerveau est frais, la journée n’a pas encore laissé de trace dans la tête, pas de stress, tout par l’art de la plume et de la feuille blanche.

Je me suis aménagé un petit bureau chez moi où je peux travailler au calme. Le silence m’est essentiel pour écrire. Tous les jours, j’écris au moins cinq minutes dans un cahier au format 20 x 30 cm.

J’écris avant tout pour faire plaisir au lecteur, et aussi à ma pomme. Chaque élément, personnage, chapitre, style, est une sorte de défi. J’aime que le lecteur soit surpris, qu’il se pose des questions, même qu’il soit parfois dérangé ou choqué. L’écriture, je dirais plutôt la création artistique, est une sorte de drogue. Me plonger dans un personnage, c’est aussi mettre le quotidien de côté. Penser, parler comme lui, et le raconter au lecteur.

Je laisse couler quelques lignes à quelques pages. Selon l’humeur et ce que j’ai en tête. Aujourd’hui, 31 décembre 2017, sans préméditation, j’ai brossé un rapide bilan de ces 365 derniers jours. Quelles ont été les évènements de l’année ? Cela été très court. Il y en a eu trop. Un magazine lancé, un livre publié, une finale du prix Médicis…J’en ai tiré une seule et unique conclusion : rien a changé autour de moi, mon regard sur le monde et la vie a évolué. J’ai juste grandi. Depuis mon enfance, ce sentiment de passer une étape, que ce soit à mon arrivée au collège, mon premier vrai baiser, où le premier jour à l’université, m’a à chaque fois empli d’une joie profonde et puissante.

 

5 commentaires sur « Grand Frère »

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