Débâcle

Débâcle. Nom féminin. Si la couverture de ce roman vous évoque sa troisième définition du Larousse (soûlerie, désordre, perdition, dévergondage, lubricité) la débâcle signifie avant tout le dégel, la décongélation, ou la rupture subite d’une couche de glace.

Mais pour comprendre tout cela, il vous faudra résoudre l’énigme d’Eva; si vous échouez, car tout le monde échoue dans ce roman, vous devrez obéir à ses amis, Laurens et Pim, et enlever tous vos vêtements.

A Bovenmeer, un peut village de Flandres où tout le monde se connaît, ils n’étaient que 3 bébés à naître en 1988. Fusionnels depuis l’enfance, le cruel été 2002 marquera la fin de leur amitié.

Trente ans plus tard, Eva habite Bruxelles, lorsqu’elle reçoit une invitation à une fête au village, organisée par l’un de ses anciens comparses.

C’est l’occasion pour elle de revenir sur les traces d’un passé qu’elle n’a pas digéré. Dans sa voiture, elle emporte un bloc de glace : le temps de la débâcle sera celui de sa propre histoire.

« À la maison, on avait cinq poules. De toute évidence, maman aussi était au courant du fait que les poules ne pondent qu’un œuf par jour, tôt le matin. Pourtant, plusieurs fois dans la journée, elle retournait voir s’il y avait eu de nouvelles pontes et revenait systématiquement avec un œuf de plus, un seul. Les douzaines qu’elle avait achetées en secret devait être camouflées quelque part dans le poulailler, près de la caisse de vin. »

Prenez une famille, deux parents, trois enfants, mettez-là à table. Ils ne disent rien. Et pourtant. Parmi eux, une boit en cachette dans le poulailler, un autre explique comment s’y prendre pour se pendre sans se rater, une autre a perdu sa culotte, l’un fugue sans arrêt pendant que la dernière passe ses journées à taper sur un clavier d’ordinateur débranché.

Mais n’allez pas croire que l’herbe est plus verte dans la famille d’à côté. A la boucherie et à la laiterie, chez les parents de Laurens et Pim, ce n’est guère mieux.

Est ce la faute du village, ces habitants de la terre et leurs enfants qui ne partent pas de l’été ? Ou est-ce la faute des traumatismes que l’on enfouit derrière des prénoms ou dans la fosse à purin, et qui finissent par vous rendre dingues ?

Débâcle est un roman belge coup de poing, sur l’emprise des siens, sur l’enfermement du milieu rural et leur malheur consanguin.

« Je sors de la grange au pas de charge. Le verrou de tout à l’heure, en travers de ma gorge, se bloque. J’aurai beau m’éloigner tant que je veux de ces garçons, tout le monde croira que ce sont eux qui m’ont laissé tomber. »

Mon avis

Un roman saisissant! Cruauté et violence de vie sont servies par une écriture légère, en inadéquation totale avec la teneur des propos, donnant à l’ensemble un caractère encore plus acide que prévu. La construction est parfaite, le rythme impeccable, les ingrédients du suspense et de la description fraîchement dosés. J’approuve ce succès belge et je vous le recommande !

Le signe astrologique du roman

Scorpion ! Car dans ce roman il est question de secrets, de jalousie, de vengeance. Lorsqu’un scorpion est malheureux il peut faire preuve de cruauté, cynisme, autodestruction, comme Pim après la mort de son frère. De plus la sexualité est omniprésente dans ce roman, Laurens et Pim n’ont rien d’autre en tête que cela, le signe du scorpion étant justement lié aux fesses, aux parties sexuelles et à l’anus. La couleur du scorpion est rouge foncé et noir, cela correspond parfaitement à l’ambiance du livre…

7 commentaires sur « Débâcle »

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