La rencontre des rencontres

Discrète, on ne sait rien d’elle, mais aujourd’hui c’est son tour…. Je vous présente Bénédicte du blog Aufildeslivres !

Vous pouvez la retrouver :

  • sur instagram @auxfildeslivres
  • sur facebook @aufildeslivres
  • sur son blog https://aufildeslivresblogetchroniques.wordpress.com

Chère Bénédicte, pour ceux et celles qui ne le savent pas encore tu es une blogueuse passionnée, ton rythme de lecture est impressionnant, tu es aussi celle qui se cache derrière la page Facebook du Grand Prix des Blogueurs littéraires dans laquelle tu t’es investie avec ferveur.
Enfin, tu es celle qui sur son blog a fait couler l’encre de nombre d’auteurs et blogueurs, à travers tes fameuses « rencontres ». Le moment d’en savoir un peu plus sur toi a sonné !!!

Commençons par ta question préférée… Qui es-tu Bénédicte ? 🙂

Waouhhh, je réalise à quel point il est difficile de répondre à cette question ! 😉
Comment me définir ? Je suis une maman de 4 filles, une infirmière et une cavalière (j’ai une voiture sale avec de la paille, du foin et de la terre dans tous les recoins !).
Je suis une personne très entière, j’ai du mal à tempérer mes coups de cœur et mes déceptions. Je peux aussi parfois donner l’impression d’être froide et hautaine alors qu’en fait je suis cérébrale : j’analyse, je décortique, je suis dans mon monde et … je doute. Je doute tout le temps (sauf dans mon boulot ! Heureusement !) ! Je suis sans arrêt en train de me remettre en question, j’ai toujours peur de décevoir.
Je n’aime pas beaucoup parler de moi, les autres m’intéressent.
J’aime le chocolat, les vins blancs de la Loire, les sms de mes filles, les balades avec mon cheval.
Je n’aime pas la méchanceté, les jugements, le café, les araignées.

Depuis quand tiens-tu ton blog et pourquoi ?

J’ai commencé ce blog en février 2017, sur les conseils de Candice, ma fille qui tient le blog mybooksntea. Elle m’a un peu bousculée pour que je ne laisse pas mon cerveau se ramollir ! Elle m’a expliqué les rudiments de wordpress (bon j’avoue … un peu plus que les rudiments … c’est elle que j’appelle « au secours » quand il faut créer une nouvelle rubrique ! On fait du FaceTime le dimanche matin !;) ) et les bases d’Instagram ( je ne maitrise pas encore les stories !…comment on insère les petits trucs qui bougent ?!!!! ). Donc, ce blog me permettait de tenir à jour mes fiches de lecture et je me suis prise au jeu ! Et puis j’ai eu envie de connaitre les auteurs des livres que je lisais ; j’ai osé quelques mails, quelques coups de téléphone ; c’était une approche complémentaire à laquelle je tenais. Mathieu Menegaux a essuyé les plâtres avec beaucoup d’humour, j’ai su alors que je pouvais oser pour de vrai. Un an plus tard, je suis ravie du fonctionnement de mon blog et je suis toujours émerveillée lorsqu’un auteur accepte de répondre à mes questions. Voilà, l’aventure était lancée ! Je suis une geek ! … Ok, une MEGA geek ! 😉

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la « blogosphère »?

Je pensais la lecture solitaire. On lit, on voyage, on réfléchit ; on en parle parfois et puis on range dans une étagère, le cœur encore un peu palpitant, le sourire aux lèvres ou quelques traces de rimmel sur les joues.
La blogosphère m’a démontré le contraire : LIRE N’EST PAS SOLITAIRE ! Il y a plein de passionnés avec lesquels échanger, partager, communiquer ! Je suis scotchée de faire toutes ces merveilleuses rencontres. Il n’y a pas de concurrence, pas de jugement, juste le même amour passionné de la langue, des mots, un plaisir profond et véritable. C’est une richesse absolue !
La blogosphère, c’est aussi vivre de belles aventures comme le Grand Prix des Blogueurs Littéraire ou le salon « Sous les pavés, les livres » de la librairie Saint-Pierre de Senlis.  ☺

Quels sont les trois romans que tu as le plus aimés dans ta vie, et pourquoi ?

La Plaisanterie de Milan Kundera. Pendant une période je ne lisais plus, les enfants, mon travail d’infirmière dans un service de néonatologie, la route … faisaient que je n’avais plus le goût – le temps – à la lecture. Et puis, un jour j’ai entendu parler de L’insoutenable légèreté de l’être de M. Kundera. J’ai eu envie de le lire … je n’ai pas été spécialement emballée, mais j’ai aimé l’auteur – j’ai aimé sa maîtrise de la langue, la beauté de ses mots, la gravité de ses écrits. J’ai donc acheté d’autres romans de lui. La plaisanterie a été le livre qui m’a transportée, qui m’a fait cogiter pendant des semaines et qui m’a remis le pied à l’étrier de la lecture ! Un très gros coup de cœur ! Du coup, j’ai poursuivi ma découverte de Kundera : Risibles amours, La Valse aux Adieux, La Lenteur, l’Identité, La vie est ailleurs …. J’ai adoré. La Plaisanterie reste néanmoins mon livre de cœur, celui qui rappelle que la vie peut dramatiquement basculer.

Boule de Suif de G. de Maupassant parce qu’il est court et intense. C’est un classique que je relis avec plaisir régulièrement. J’aime l’atmosphère décrite dans la diligence, la justesse des sentiments, les paroles de chacun, la mise en scène des jugements, l’égoïsme. Je trouve que cette nouvelle voyage aisément dans les époques et reste, malheureusement, encore très réaliste aujourd’hui !

Je te donnerais bien encore des titres de classiques pour les livres de ma vie : La Peau de Chagrin d’H. de Balzac, Le portrait de D.Grey d’O.Wilde, Orgueil et Préjugés de J. Austen, Les Hauts de Hurlevent d’E. Brönté, Un soupçon légitime de S. Zweig …. Mais bon, je vais essayer de trouver un roman plus récent ! Je dirais :

Rien de s’oppose à la Nuit de D. de Vigan parce que cet écrit m’a bouleversée ; parce qu’après sa lecture j’ai appris à regarder ma mère non plus uniquement comme une maman, mais aussi comme une femme, avec ses qualités et ses défauts.

Quels sont les prochains prévus sur la liste ?

Les Indifférents de Julien Dufresne-Lamy conseillé par toi ! Encore une de tes chroniques qui m’a fait envie !
– Des femmes qui dansent sous les bombes de Céline Lapertot, une auteure dont l’écriture m’a subjuguée avec son dernier roman Ne préfère pas le sang à l’eau.

Depuis peu tu as lancé une nouvelle rubrique sur ton blog, intitulée « Parfois j’écris». Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai hésité à créer cette rubrique, ça me paraissait un peu présomptueux, illégitime … et puis, je me suis dit « pourquoi pas » ! J’y publie les textes écrits au fil du temps, des nouvelles ; plus tard, je glisserai peut-être quelques poèmes. Ces sont les messages encourageants, reçus le plus souvent en privé, sur ma boîte mail, qui m’ont donné envie de poursuivre !

As-tu des autres projets ?

J’essaie d’écrire un roman. Je patine, mais je m’accroche.
Je tiens à finir cette histoire ! 😉

Quelque chose à ajouter ?

Je suis très touchée Agathe que tu me poses ces questions ! Je te remercie beaucoup !
Quant au mot de la fin, je citerais le message trouvé dans une papillote de noël que j’ai affiché sur mon frigo (t’as vu, j’ai des références ! 😉 ) : « Tu ne peux empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de ta tête, mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux. » Proverbe chinois.
A lire et relire quand tout part en cacahuète ! 😉

Merci Bénédicte pour cette interview et longue vie à ton blog et à tes écrits !

Manger l’autre

Dévorer l’insatiable !

Elle pèse dix kilos à la naissance. Vorace, elle épuise sa mère sans que celle-ci ne parvienne jamais à la rassasier. Epouvantée par le monstre qu’elle a mis au monde, elle finira par s’enfuir.
Son père, par déni ou facilité, théorise ainsi l’appétit de sa fille : elle aurait avalé sa jumelle dans le ventre de sa mère. Pas d’autre solution : elles sont deux. Il décide alors de l’appeler mes chéries, cette explication faisant ainsi d’elle… un ogre.

Chaque jour, cette jeune adolescente avale en continue des montagnes de sucre et de graisse, le plaisir qu’elle éprouve à l’absorption de cette corne d’abondance dépasse la honte engendrée par l’expansion de son corps. Très vite, elle ne peut plus bouger de son lit ni passer les portes. Son père, l’unique personne de sa vie, continue à lui cuisiner des mets et plats savoureux, participant ainsi à la déchéance de ses princesses.

Elle horrifie le monde, son entourage et ses amis d’école, elle est rejetée, humiliée, elle renvoie l’homme à ses besoins primaires, elle représente l’absence de contrôle de soi, l’absence de volonté, la luxure dans ses extrêmes limites. Avec internet, qu’elle appelle l’Oeil, elle est cette bête de foire toujours jugée, ce corps inhumanisé partagé en masse sur la toile « Si j’étais comme elle je me suiciderais » lit-elle régulièrement.

Un jour son corps adipeux rencontre celui d’un homme. Ce bonheur intense, le plaisir de la chair, est supérieur à tout ce qu’elle a éprouvé jusque là, elle échange une luxure contre une autre, son corps inerte reçoit l’homme en continu comme elle le faisait avec la nourriture.

Quelle est l’issue possible pour elle et son corps affamé ?

Mon avis

Cette histoire n’est terrifiante qu’au niveau des messages qu’elle véhicule. La nourriture, ici allégorie de notre société de consommation, et la honte, celle d’une image stéréotypée véhiculée par les réseaux, se confrontent pour susciter chez le lecteur une sensation de trop-plein et de dégoût, mais aussi d’illumination. C’est un livre qui par la petite porte nous fait observer sans nous juger notre hypocrisie sur les apparences et le monde d’internet.
Le roman est au service d’une plume parfaitement maîtrisée, Ananda Devi excelle et nous envoûte, aucune longueur, ce roman se dévore littéralement à l’image de sa narratrice…

Le signe astrologique du roman

Taureau

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Vénus du Paléolithique

Totalement vénusienne est cette jeune femme obèse allongée dans ses draps de satin bleu et doré et qui ne peut rien se refuser !
Ce roman symbolise une facette du taureau, cet épicurien alangui et lascif, entêté dans son objectif qui est ici : manger et se développer.

Extrait choisi

Plus que le mal physique, je suis la représentation psychique de notre époque, j’en suis l’immoderé somatisé, la terreur et la spirale autodestructrice (oui, je ne crains pas une telle emphase, parce que la communication passe désormais par une amplification dénuée de sens, par un besoin d’outrance et de redondance — je suis dans l’air du temps, dans la même extension du vide). De nous, du monde dont je fais partie, ne reste que le plus délétère. Prisonniers de nos envies pléthoriques, nous nous sommes enfermés au point qu’il nous est devenu impossible de nous libérer sans éprouver une panique irrationnelle. Ne reste plus que l’assouvissement des envies du corps —gloutonnerie et pornographie, nos deux mamelles.

Les Argonautes

Je ne suis que très peu convaincue par cet essai auto-fictionnel, bien que les premières pages avaient aiguisé ma curiosité. Il m’a vite laissé sur le bas-côté de la route… Contrairement à ce que suggère la quatrième de couverture, vous pouvez le lire, je vous rassure, il ne remettra pas en cause votre vision de la maternité.
L’idée était bonne, raconter la transformation de deux corps, celui de l’auteure enceinte et celui de son compagnon transgenre, et philosopher autour en convoquant Susan Sontag et Roland Barthès.
Il aurait pu être un roman positif et solaire, je l’ai trouvé rageux et décourageant. Paradoxale et tourmentée, l’auteure le truffe de débats féministes à l’heure où il faudrait juste rassembler. « Queer », elle pousse le lecteur à débattre sur l' »hétéronormalité » afin de remettre en cause le genre et l’identité. Il est indéniable que ce sont des sujets tabous et nécessaires, seulement je ne sais pas si c’était la meilleure façon de s’y prendre. Je ne sais pas non plus si je suis capable de juger ce roman, je vous livre simplement mon ressenti.

J’imagine que sa sortie aux Etats-Unis a été utile lorsque chez nous cet essai me parait désuet et stérile.
« Les argonautes » aurait pu tout aussi bien s’appeler #balancetesphraseschoc . Un petit «tu m’encules » Entre Winnicot et et Judith Butler, allez ça va passer crème et donner un air intello au bouquin. Ou cette punchline aussi, allez c’est cadeau je vous l’offre ( attention c’est fin, très fin ça se mange sans fin ) : « J’avais toujours présumé que donner naissance me ferait me sentir invincible et ample, comme le fist-fucking ». Niveau philosophie je vous avoue c’est un peu cliché mais je préfère Raphael Enthoven.
Attention à ce que je dis Maggie semble très susceptible. Maggie est une intellectuelle, Maggie n’a pas de leçon à recevoir, Maggie n’aime pas quand on parle du genre et pourtant elle est obsédée par cela. Les gens les plus réac me semblent souvent les plus intolérants. Car Maggie est comme tout le monde en fait : elle considérait les mères de haut, les nommait « les éleveuses » avant de découvrir les joies et la révolution intérieure qu’offre la maternité. J’ai donc pris son roman comme un mea culpa raté.
Le style n’est pas fluide, l’écriture pas terrible, les transitions mal faites… Heureusement il y a tous ces grands noms dans la marge , telle une thèse et sa bibliographie bien renseignée.
Un peu de tout donc dans cet essai très documenté que l’on dit « moderne » et « révolutionnaire »… à voir ce qu’il vous en restera à la fin de la lecture…
Je ne veux pas polémiquer, je suis décue, j’attends toujours de ce genre de roman qu’il fasse avancer les choses, et en fait il ne fait que dénoncer ou cliver. Dommage !

Les signe astrologique du roman

Vierge. Pourtant c’est un signe de terre très compatible avec le mien et que j’affectionne. Si je choisis ce signe, c’est par l’alternance incessante de paragraphes intellectuels et d’auto-fiction crue, qui se rapproche le plus de l’ambivalence « vierge folle/vierge sage » : la vierge paraît alors cet être léger et plaisant, alors qu’elle est constamment sous le contrôle et intellectualise tout, incapable parfois de ressentir, comme si sa rationalité la privait d’émotion, à l’inverse de son ombre, son signe zodiacal opposé : le poisson. Je qualifie souvent avec tendresse les personnes vierges de « publicité mensongère« : derrière les phrases chocs qu’elle utilise pour vous appâter, vous tomberez ensuite dans ses circonvolutions mentales et ainsi elle aura exercé son ensorcellement. Les personnes vierges ne sont pas vraiment ce qu’elles dégagent, mais pour autant ce qu’elles cachent est une longue réflexion. De longues conversations bourrées de parenthèses vous attendent…

On ne connaît jamais bien la vierge, c’est aussi l’impression que vous avez en refermant ce livre : vous n’avez pas vraiment compris où est-ce qu’il vous amenait. Il vous a vendu du rêve et vous vous êtes retrouvé empêtré de citations.

La vierge et le gémeaux partagent la même planète: Mercure. Planète de l’intellect. Si le gémeaux s’en sert pour tout synthétiser et résoudre les problèmes à la vitesse de l’éclair, la vierge va dénicher un problème où il n’y en avait à priori aucun. (Je ne sais pas moi-même ce qui est le mieux entre faire l’autruche ou déterrer des cadavres.)

Le côté positif du roman est son érudition et sa complexité : là aussi la vierge est cette personne acharnée au travail (trop souvent, on la compare à une fourmi qui ne saurait s’arrêter).

NB  : Je n’ai pas trouvé la date de naissance de l’auteure mais je serais ravie de la connaître si quelqu’un l’a !

L’auteure

Maggie Nelson, née en 1973 à San Francisco, est une romancière, poète, essayiste, universitaire, américaine, qui traite, entre autres, des thèmes comme le féminisme, la violence sexuelle, l’identité sexuelle, le genre, la violence dans les média, l’histoire de l’art et la philosophie.

Ses œuvres les plus connues sont Bluets et The Argonauts.

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Retour à Buenos Aires

A cent ans on lui en donnait quatre-vingt. Il avait respiré l’air de trois siècles. Je ne l’avais connu que sur le tard.

Et si vous passiez un mois sur un bateau avec un vieil oncle défunt? Comment ça vous ne trouvez pas cette proposition alléchante ?
Vous avez pourtant du temps à perdre, vous n’êtes qu’un ordinaire bibliothécaire à la vie bien solitaire lorsque la dernière personne de votre famille, votre oncle, un aviateur centenaire, décède.
Dans ses derniers voeux, il souhaite que vous traversiez l’Atlantique, Le Havre – Buenos Aires, afin de disperser ses cendres auprès de son premier amour.
Une urne et vous, 24 jours, entourés de quelques matelots à prime abord aussi peu sociables que vous. Vous vous installez dans votre cabine avec l’aviateur, vous vous disputez un peu la place (où place-t-on une urne dans une cabine de bateau ?) et puis vous partez à la découverte de l’horizon et de vous-même.
Entre quelques séances de médiation forcée et de conversations unilatérales avec votre urne, vous parviendrez peut-être à vous faire des amis et une partie de ping pong endiablée. Vous relirez la correspondance passionnée qu’a entretenue l’aviateur et cette femme qui l’a quitté très brusquement par courrier alors qu’il allait la rejoindre à Buenos Aires. Votre traversée sera donc le moyen de revivre la vie et les tumultes de votre respectable ainé. A l’arrivée bien sûr, une surprise vous attend. Il ne faudra pas oublier d’y laisser l’urne, toute cabossée par le voyage…

Mon avis

Ce roman dès les premières pages m’a agréablement conquise. L’écriture de l’auteur est très belle, lumineuse, d’une fluidité remarquable. Un humour pudique, très fin, se dessine entre les lignes, beaucoup d’humanité aussi. Je m’attendais à un peu plus de rebondissements dans cette « odyssée », de ceux qui permettent d’aller plus en avant dans la lecture, le narrateur est en fait une sorte d’anti-Ulysse. Les scènes répétitives des repas et couchers sont un peu lassantes, mais elles permettent certainement de mieux s’imprégner de l’attente subie au quotidien par le personnage. J’aurais aimé en découvrir un peu plus sur Buenos Aires, nommée capitale du Livre en 2011. Enfin, j’ai adoré la relation épistolaire entre l’aviateur et sa promise, la qualité de ces lettres jouent beaucoup dans celle du roman.

Cher Amour,

La mer est grise et triste et son spectacle m’offre le miroir d’un monde qui sans toi est sinistre. A peine le bateau venait-il de se séparer du continent et de m’arracher à toi, que déjà la traversée s’annonçait interminable. Le sillage de notre navire est le fil d’un cerf-volant qui se déroule et se perd dans le vent, et me rappelle à chaque instant que la distance qui nous sépare s’accroît implacablement.

Le signe astrologique du roman

Cancer, pour ce roman plongé dans l’eau, le cancer y trouve toujours un grand réconfort.
Le narrateur, être solitaire, discret, timide et lunaire, m’a souvent fait penser à ce signe. Le cancer est un signe féminin, symbolisant la maternité qui selon moi sied plus aux femmes qu’aux hommes de ce signe : il apporte une certaine douceur, nonchalance, une capacité d’écouté qui chez un homme ne sont pas toujours des qualités recherchées.
En plus du personnage, le roman a lui aussi cette tranquillité, cette absence de rythme caractéristique. La finalité, rassembler une famille, un amour, est également dans cet esprit : le foyer a une importance vitale pour le cancer. L’image du paquebot elle aussi, la navigation à la voile est le loisir préféré des cancer.

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