La vie parfaite

Il y a trois jours, au début de ce récit :
« Mais maman tu pleures déjà ? Tu n’en es qu’à la page 44 !
— Oui c’est un peu triste..» ai-je reniflé en étalant mon mascara sous l’oeil.
Aujourd’hui, 15h, page 390 :
« Mais maman, tu ne vas plus avoir de larmes ! Tiens, bois un verre d’eau… Dis ça parle de quoi ton livre ?»

De quoi ça parle ? D’un tourbillon de vie, d’existences décousues et de combats. ça sent chaud l’Italie, ça raconte des jolies brunes trop maquillées, des caïds lâches et violents, des pâtes trop cuites dans des immeubles sans hommes.
Oui ici c’est l’Italie mais pas n’importe laquelle. L’Italie pauvre, un quartier excentré, des femmes seules, qui hurlent toute la journée sur leur marmaille et les voisins, à travers des cloisons en papier.

Adele en est issue, elle a dix-sept ans, et elle va accoucher sous X.
Elle va abandonner sa petite fille à la naissance, parce que Manuel, le père, est en prison, parce qu’elle ne veut pas reproduire le schéma de sa mère, parce qu’elle veut une vie heureuse pour sa petite fille.

Pas très loin, au centre de Bologne, Dora et Fabio essaient désespérément d’avoir un enfant. Cinq ans qu’ils tentent tout, ils se sont décidés à préparer les papiers pour l’adoption. Ils subissent les visites des assistantes sociales et leurs questions humiliantes, Fabio lutte contre un irrésistible désir de fuite et Dora contre son démon intérieur, sa haine des parturientes, ces femmes qui tombent enceinte en éternuant, oui elle les déteste.

Zeno est le poète du roman, il a dix huit ans, est fou amoureux d’Adele, dont il est voisin et est aussi l’ancien ami de Manu. Il est le meilleur élève de Dora. Il vit seul avec sa mère, et trouve en la littérature ce qui lui manque et l’obsède.

Comme si la vie n’allait pas où l’on voulait, elle impose ses règles à ceux qui n’en veulent pas.
Ce roman poignant relie les êtres et leurs manques avec une plume féroce, juste et ultra-contemporaine. Le rêve et l’espoir sont partout, dans cette jeunesse violentée. A lire…

Le signe astrologique du roman

Capricorne. Pour ces personnages durs et entiers, à l’image de Rosaria, la mère d’Adele, son endurance, son acharnement à se lever, travailler, malgré la fatigue, malgré l’accouchement de sa fille. Y croire, avancer, persévérer, ce sont les qualités de ce signe d’hiver tenace et franc. Le capricorne n’est pas là pour rigoler. Rien d’édulcoré dans les rapports amicaux et familiaux, quelque chose de brut et d’ambitieux tapisse le décor du roman.

Extrait choisi

Adele avait appris que les soucis des hommes sont mille fois plus sérieux que ceux des femmes. Que les femmes devaient garder leurs problèmes pour elles, alors que les hommes pouvaient les engueuler à la cantonade, les jeter à la figure des autres. Elle le laisserait se défouler. Supporterait les insultes, les silences. Il ne fallait pas qu’il la quitte. Il fallait qu’il lui demande de s’asseoir là, près de lui, qu’ils la prenne dans ses bras. Ses grands bras, aux veines saillantes. Ses cheveux noirs, follement bouclés, qui dégringolaient sur son dos nu et bronzé.

L’auteure

Silvia Avallone est née en 1984. Elle est une écrivaine et poétesse italienne contemporaine. « D’acier », son premier roman, paraît en 2010 et remporte le prix Campiello Opera Prima.

15 commentaires sur « La vie parfaite »

      1. Capricorne est mon signe 🙂 et c’est vrai aussi pour le poids responsabilités
        Je vais voir les autres livres classés Capricorne sur ton blog 🙂

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s