Tenir jusqu’à l’aube

Ouverture de bal avec la grande Carole Fives !

Fan de cette auteure, j’ouvre ce roman le coeur battant, je caresse sa couverture glacée et sublime. Puis je lis le résumé « Une jeune mère célibataire s’occupe de son fils de deux ans (…) pour échapper à l’étouffement, la mère s’autorise à fuguer certaines nuits. (…) Comme la chèvre de monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ?»

Mouvement de recul, d’effroi, ce roman réveille une horreur à peine enfouie, ceux qui me suivent le savent, j’ai été traumatisée par « La petite famille », traitant d’un sujet similaire, la détresse d’une jeune mère, à la fin plus ignoble que vos pires cauchemars. 

Ça commençait donc mal, surtout que le parallèle avec La chèvre de Monsieur Seguin me rappelait une autre déception, le livre de G. Delacourt sur une femme censée danser au bord de l’abîme avec son amant et qui finalement s’ennuie dans un camping.

J’ai alors opté pour le coup de fil à une amie. 

« Allô @Loupbouquin, ici Agathe the Book. Dis-moi, ça finit comment « Tenir jusqu’à l’aube » stp ?

— T’inquiète ma belle, tu peux le lire tranquille. Vraiment, c’est surtout la psychologie de la mère qui est explorée, pas d’horreurs, fais moi confiance. » 

Voilà l’amitié Bookstagram, des gens qui vous connaissent, vous rassurent, pas besoin de reprendre l’antécédent de vos névroses livresques.

J’ai donc lu ce roman, sereinement, les yeux ouverts sur ce thème très sensible. Il pointe la solitude, la détresse sournoise, les difficultés sociales et financières de notre époque où les mères ne se serrent plus les coudes toutes ensemble, leurs petits dans les pattes pendant qu’elles essorent les draps. Non ce n’était pas forcément plus facile avant, mais aujourd’hui, à part crier sa solitude sur les forums, à qui s’adresser quand on est seule, où se rendre à part ce square du bout de la rue qu’on ne peut plus voir en peinture ? Pourquoi est-ce encore aujourd’hui les pères qui se désabonnent de l’engagement parental comme on résilie une ligne téléphonique ? Bien sûr qu’il était primordial de parler de ce sujet, et surtout avec la talentueuse plume de Carole Fives, moderne et aiguisée, jamais plombante. Je vous le recommande.

5 commentaires sur « Tenir jusqu’à l’aube »

  1. Moi aussi j’ai été déçue par le roman de Grégoire Delacourt où l’amante noie son désespoir dans un camping. Il m’est un peu resté en travers de la gorge.
    Du coup j’ai eu un peu peur de la comparaison. Mais finalement tu le vends bien !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s