Leurs enfants après eux

J’adore ça moi, les romans sur l’adolescence. Ce seul mot-clé peut suffire à l’achat. L’obsession des filles, le goût des premières fois, celui du tabac amer dans la bouche et du mauvais alcool, cette tachycardie incessante, celle des possibles.

Et en plus quand le roman prend racine en Lorraine, ma région à moi, il y a de fortes chances que je me sente touchée.

Quatre parties pour quatre étés. On suit Anthony et d’autres jeunes du début à la fin de leur adolescence. Issu d’un milieu modeste et d’un père alcoolique, il convoite Stephanie, la moto de son père et du shit. Beaucoup de shit. Car l’été est assommant et ne passe pas assez vite. Anthony et son cousin volent un canoë, Hacine vole la moto du père d’Anthony. Les bretelles des soutiens gorges dépassent et les garçons jouent aux caïds. On se cherche, on s’apprivoise, on veut faire comme les grands avant soi, apprendre le sexe et gagner de l’argent. Dans la région, ils se connaissent tous. Trois étés suivront, Anthony grandira, les filles s’échangeront, ses parents se sépareront. Leurs enfants après eux. Ainsi va la vie.

Mon avis

C’est le livre d’une époque et d’une région, sur la répétition des schémas familiaux. Les évènements se superposent pour imager des souvenirs cathartiques. Ce roman est le polaroïd d’une adolescence figée pour l’éternité. C’est une lecture qui demande du temps, qui représente un travail colossal. L’écriture est contemporaine et soignée, ce livre vous absorbe dans son monde et ses personnages pour en faire une oeuvre sociologique et complètement addictive.

Extrait choisi

« Un jour, ces gamines aérodynamiques, leurs seins pointus, leurs jambes sorties du moule trois secondes plus tôt, seraient au lit avec des garçons. Elles ouvriraient leurs cuisses et prendraient dans leur bouche des sexes roses. L’imminence de cet événement les laissait ahuris, inconsolables. L’innocence finirait noyée de sueur et ils auraient aimé, une fois encore, détenir le privilège d’abolir un peu de cette blancheur. Les lignes à peine tendues des jeunes filles les tourmentaient si fort, et leur ventres plats, leur peau comme de la peinture automobile, eux qui avaient tout gagné pour se rendre compte que le commencement seul comptait. »

Le signe astrologique du roman

Bélier

Le premier signe du zodiaque pour évoquer ce roman sur l’adolescence, emprunt de fraicheur et de fougue. Un signe de feu aussi pour cet incendie intérieur vécu par tous les personnages, leur candeur et leur spontanéité.

Le bélier représente l’impulsivité, l’envie, la curiosité, l’égoïsme, l’impatience. Le bélier veut découvrir la vie, la brûler, tout expérimenter. Tous ces personnages qui évoluent ensemble en donnant l’impression d’être pétris de solitude m’ont évoqué ce signe cardinal à la polarité positive.

9 commentaires sur « Leurs enfants après eux »

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