Médée Chérie, Yasmine Chami

Commencer la rentrée littéraire en BEAUTÉ !

« J’ai donné les clefs de ma vie à cet homme rencontré trente ans plus tôt, il me les a rendues, mais je ne sais plus m’en servir. »

Médée s’est enfermée dans une chambre d’hôtel, elle voudrait disparaître. Quelques heures auparavant, après trente ans d’amour fou, elle s’est fait quitter par son mari à l’aéroport. « Attends-moi ici, je reviens » lui a-t-il dit avant de partir définitivement.

Ce sont ses enfants devenus adultes qui viendront la recueillir et la soutenir.

Dans la douleur et la stupéfaction, Médée revient sur son histoire d’amour, sa vie de femme et d’artiste. Car Médée est sculpteur. Depuis toujours, elle modèle le marbre et s’écorche les doigts en représentant la tension des corps. Au début de son mariage, elle s’était aménagée une pièce dans les combles de la maison, pouvant ainsi répondre à ses devoirs d’épouse et de mère. Lorsque ses deux premières filles sont nées, elle a mis sa carrière de côté, mais pour Adam, le petit dernier, elle a réussi à concilier les deux, et c’est Adam aujourd’hui qui chaque jour la soutient et vient lui déposer une boule de pâte à modeler près de sa chambre d’hôtel.

Au fil des réflexions et des rencontres d’aéroport, Médée va progressivement retrouver l’espoir de vivre, grâce, encore et toujours au pouvoir réparateur de l’Art.

Plus q’une histoire, ce roman est une poésie, une ode à la vie. Les mots, les phrases et le rythme sont d’une beauté à couper le souffle. 

Très intéressant aussi, l’angle maternel choisi : souvent les artistes n’ont pas d’enfant ou alors on n’en parle pas, toute leur force créatrice est dévolue à leur oeuvre. Ici, Médée est mère de famille, et comme toutes les femmes elle cherche à concilier son travail et ses devoirs d’épouse. Mais à trop vouloir se mettre de côté, à se cacher presque pour exprimer son art sur les temps impartis, il semblerait que cela ait pesé encore davantage sur les siens. 

« Au fond, ce qui occupait Médée, tandis que son corps se défaisait dans la nuit qui cognait, c’était la certitude d’avoir consenti à sa propre défaite. »

6 commentaires sur « Médée Chérie, Yasmine Chami »

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