Suiza

BOUM ! Coup de coeur immense. Je vous recommande ce premier roman de Bénédicte Belpois.

Violence, beauté, amour, pureté, vous vous en souviendrez longtemps.

Tomàs est un paysan veuf, alcoolique, sale et cynique. Pour couronner le tout, il apprend au début du roman qu’il est très malade, ses jours semblent comptés. Jusqu’au jour où il rencontre Suiza, la nouvelle serveuse de son bar préféré. C’est animal, c’est bestial, il la prend, il la vole et l’emporte chez lui. C’est un kidnapping consentant, car Suiza est heureuse d’être chez Tomàs. Il voulait la posséder mais c’est elle qui le possède.

Orpheline, elle s’est enfuie de son foyer suisse (d’où son surnom) pour aller voir la mer. Elle s’est perdue en chemin, puisqu’elle est arrivée ici,  en pleine terre galicienne. À prime abord, elle est un peu simplette, elle ne parle pas la langue, elle observe les gens longuement, avec un air un peu niais. Mais elle est surtout débordante de sensualité. Sa chair blanche, ses seins lourds et son air ingénu provoquent chez les hommes des envies irréfrénables. Sa pureté angélique et sa générosité innée vont changer Tomàs. C’est la femme qu’il n’a jamais eue, elle lui redonne goût à la vie, et au travail. Suiza fait tout pour rester chez ce nouveau maître fou amoureux, elle fait de sa maison sale un nid douillet, s’adapte aux horaires de l’homme et à ses principes, jusqu’à devenir une vraie femme, avec des envies, des idées : voir la mer, se mettre à la peinture. Tomàs au travail lève le pied, pour passer le plus de temps possible avec elle, la gâter, à outrance, jamais il ne pourra s’en séparer. 

Comme c’est étrange, cet amour flamboyant malgré la maladie, la barrière de la langue et de la culture. Comme c’est beau aussi. Comme c’est éphémère.

Ne passez pas à côté de ce livre. Merci aux Editions Gallimard pour cette belle découverte.

J’ai regretté de ne pas avoir d’appareil photo. J’aurais voulu garder un souvenir à coller quelque part, même si je me doutais bien qu’elle n’oublierait jamais. Elle a touché le sable de la main avant d’y mettre les pieds, en bas des escaliers, et s’est retournée vers moi avec yeux interrogatifs, visiblement elle ne savait pas ce qu’était ce magma brûlant et blanc qui menaçait de se dérober sous ses pas. Elle est restée un moment à scruter la mer bleue éblouissante, la petite ville alanguie le long de la plage, la grande jetée du port, la colline qui arrêtait le regard.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s