Les guerres intérieures, Valérie Tong Cuong

Ouverture du bal… Rentrée littéraire c’est parti!! Je vous ai choisi le nouveau roman de Valérie Tong Cuong, très beau coup de coeur, une fiction contemporaine que j’ai dévorée pendant mes vacances.

Jamais Pax Monnier n’a aussi bien réussi un casting, il arborait le voile dramatique et mystérieux des grands artistes. Il rêvait de tourner avec Peter Sveberg et miracle : il est bien pressenti pour le rôle.
Cet air lointain cache cependant un lourd secret. Il a négligé d’appeler la Police quelques heures plus tôt, lorsqu’il a entendu le cri d’agonie de son voisin du dessus. Il n’a pas réagi, il avait peur d’être en retard au casting, il s’est persuadé que ce n’était rien. Pourtant le jeune homme à l’étage baigne dans son sang, victime d’un accès de violence gratuit et impuni. Le succès de Pax, s’il a lieu, sera lié à la culpabilité d’une vie gâchée. Sa guerre intérieure.
Plus tard, il tombe amoureux d’Emi, 40 ans, chef d’entreprise. Elle a fait appel à ses talents de comédien pour former ses salariés. En effet, un de ses employés est mort lors d’une sortie de route, Emi en porte la culpabilité, elle ne croit pas à la thèse de l’accident, le salarié était malheureux, en mal de reconnaissance, sa mort est un fardeau, sa guerre à elle qu’elle ne verbalise pas.
Emi et Pax tombent amoureux. Est-ce parce qu’ils partagent les mêmes failles qu’ils sont attirés l’un envers l’autre? C’est un amour impossible, la culpabilité de Pax ressurgit, il doit prendre ses responsabilités. Mais y a t’il toujours un responsable ? « La vie est un risque », lui souffle Emi.
À affronter ses démons, à choisir entre la lâcheté et le mensonge, on risque parfois de tout perdre.

Je suis infiniment admirative du style de Valérie et des problématiques actuelles qu’elle aborde dans ses romans. L’humilité transpire entre les lignes, il n’y a pas un mot en trop, son écriture est au service du lecteur, limpide et exigeante. Je ne connais pas ses guerres intérieures, mais comme j’aime son âme que l’on perçoit à travers ses personnages ! Merci Valérie et bravo !

 

Extraits

Chaque fois qu’il lira dans le journal les récits spectaculaires de ce jeune couple, gagnant d’un fabuleux voyage, dont l’avion s’est crashé au milieu de l’Atlantique, de cet ex-millionaire du loto ruiné et dépendant des aides sociales ou de cet homme dont l’auto s’est encastrée dans un platane alors qu’il se rendait à son mariage, Pax se reverra, euphorique et candide, courant vers son propre abîme.

 

Elle est désorientée lorsqu’elle repense à Pax Monnier, à ce qu’elle a lu dans son regard, et plus encore par ce flottement sensoriel qui l’a happée, transportée, comme un léger galet roulé par la vague. Elle s’applique à l’ignorer mais tout la ramène à cet état paradoxal qu’elle désire autant qu’elle le redoute, un courant d’air léchant ses épaules, la chaleur  de l’ordinateur posé sur ses genoux ou le battant ouvert d’une fenêtre.

 

La lâcheté était peut-être le caractère le mieux partagé dans ce monde : chacun l’expérimentait tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, et s’empressait aussitôt de la dissimuler. Pax avait obéi à ce déterminisme universel. Il avait agi de manière discutable, il n’en était pas fier, mais au moins en avait-il conscience, au moins avait-il renoncé à se mentir.

7 commentaires sur « Les guerres intérieures, Valérie Tong Cuong »

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