Rosa dolorosa

Je confirme la reco de la @librairiesaintpierre et de @biblioo.philia , Rosa Dolorosa est un excellent roman de cette rentrée littéraire !

L’histoire débute dans le vieux Nice, Rosa et son fils Lino déambulent entre leur restaurant et leur projet d’hôtel. Lino a travaillé les plans, il veut un immense aquarium de méduses à l’entrée du bâtiment. Rosa est si fière de son fils. Leur relation est exclusive et leur complicité inégalable, ils travaillent ensemble, sortent même en boîte après le travail, au Tangerina tenu par Marc, avec qui sort secrètement Rosa depuis un an. Elle n’ose pas en parler à son fils de peur de lui faire de la peine.
Un jour, la Police vient chercher Lino. L’enfant à qui il donne des cours de plongée est mort dans la nuit et Lino est le suspect nº1. Rosa n’en croit pas ses oreilles, elle va tout faire pour se battre contre cette erreur judiciaire. Le roman devient alors impossible à lâcher. Rosa est prête à tout pour défendre son fils. Jusqu’où son amour peut-il aller ?
Ce livre n’est pas seulement l’amour maternel raconté en polar, c’est une ambiance et un style parfaitement maîtrisés, la narration est d’une grande fluidité, sans doute le résultat d’un travail de 10 ans, comme le mentionne la quatrième de couverture.

Voici un livre envoûtant et cinématographique dont vous sortirez complètement… médusés.

Merci @lamartiniere.litterature et @severin_cassan pour l’envoi de ce roman.

Fille de Camille Laurens

« Pas trop déçus ? Une fille c’est bien aussi. C’est moins malade, ça fait ses nuits plus vite. Et puis… Vous en referez. »
Je fais partie de celles qui ont entendu trois fois ce genre de discours.
Mais pourquoi, au juste, une fille c’est bien « aussi » ?


Dans son nouveau roman, remarquable et intelligent, Camille Laurens s’intéresse de près à la question, à travers la lignée des filles de sa propre famille. Et elle commence par elle.
Comment se construit-on quand on a été acceptée par défaut, ou comme pis-aller ?
Par son sexe, et ce dès la naissance, elle a déçu son propre père. Sa mère aussi a été décevante, dans son « incapacité » à fabriquer des garçons. Inutile d’ajouter que ce père médecin aurait bien eu besoin d’un petit rappel de SVT sur les gamètes.


Puis la petite fille grandit, on lui interdit de fréquenter des garçons avant le mariage évidemment. Mais il faudrait quand même qu’elle se marie avant 25 ans. Un jour, c’est à son tour de devenir maman, avec le lot de pensées inconscientes qu’on lui a transmises. Alors, fille ou garçon ?


L’auteure revient sur une période (les années 60) où le patriarcat régnait en maître, les femmes s’émancipaient à peine, on parlait encore de dot, on votait timidement et la pilule arrivait enfin.
Ou en sommes-nous aujourd’hui ? Parvenons-nous, de génération en génération, à obtenir le respect et la même légitimité que nos homologues masculins ?

Ce livre est beau, poignant et politique, il résonne comme une mise en garde, un rappel sur nos combats, envers les femmes qui oublient parfois ceux des anciennes. Il fait partie des événements littéraires de la rentrée et il est réellement à la hauteur du bruit généré, je vous le recommande.
Camille Laurens ne perd jamais de vue la sincérité de ses émotions, tout est subtilement décortiqué pour vous faire réfléchir sur votre identité et celle des autres.
A lire, immense coup de cœur.

Extraits

 » Il y en a une qui est prête au pire combat pour avoir le meilleur rôle. C’est un peu la base de toutes les histoires de filles, d’ailleurs, quand on y pense, sans parler des histoires de sœur. Il y a toujours une sorcière dans le lot, ou une sœur qui vomit des serpents. « 

 » La différence Maman, entre les hommes et les femmes, tu vois, c’est que les hommes ont peur pour leur honneur, tandis que les femmes, c’est pour leur vie. Le ridicule ne tue pas, la violence, si. »