La jongleuse, de Jessica Knossow

Chère Jessica Knossow,


je n’arrive pas à savoir si je dois vous remercier, tellement je suis bouleversée par votre roman. Quand j’ai reçu votre livre et que j’ai parcouru la 4ème de couverture, je l’ai immédiatement placé au dessus de la pile non sans une certaine appréhension : parler de ce sujet, l’épuisement maternel, et la jonglerie infernale des femmes, est un exercice périlleux en littérature. Il y a tant d’articles, de témoignages à ce sujet, il fallait une bonne dose de vocabulaire, de poésie (et d’expérience) pour contourner les poncifs de la maternité, et dépeindre avec un talent inouï la schizoïde de notre époque, la mère, la carriériste, l’épouse… et la femme ! On l’oublierait presque, mais pourtant, sans femme, il n’y a ni mère, ni employée, ni épouse, ni amie. Il n’y a plus qu’un fantôme.

Ophélie est cette femme accomplie, médecin, épouse. À la naissance de son troisième enfant, elle se sent dépassée. Le vide qu’elle cherchait peut-être à combler l’engloutit. En pensant guérir ses propres failles elle n’a fait que les agrandir. Entre un bébé qui ne fait pas ses nuits, un mari qui rentre tard, ses articles à rédiger, elle n’y arrive plus. Tristesse, épuisement, colère, dépression.
Lorsque Ophélie voit les vacances d’été approcher, l’angoisse s’empare d’elle. Elle n’envisage que trois solutions: tomber malade, rester travailler, ou partir.
Se sentir dépossédée et dépassée est un état d’impuissance difficile à gérer pour une mère, et encore moins à l’expliquer. Comment font les autres ? Pourquoi est ce si difficile ? Quelle spirale infernale mène à cet état de détresse familiale ?

Vous êtes la première, chère Jessica, à retranscrire aussi parfaitement le piège des mères qui ne veulent renoncer à rien. Le choix des mots, le rythme et la fluidité du roman sont la formule idéale pour traiter ce sujet. Ce livre parlera aux mères épuisées oui, mais il est surtout à lire d’urgence par tous les pères. La jongleuse est un roman moderne et magnifique.
Chère Jessica, oui j’ai été Ophélie et sans doute le suis-je un peu encore. Merci pour vos mots qui pansent la fatigue et autorisent les larmes.

Bien à vous, Agathe.

2 commentaires sur « La jongleuse, de Jessica Knossow »

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