Le rire des déesses

« Les hommes se succèdent, tous différents. Les bruits de bête en bataille, eux, ne changent pas. Parfois, cela va très vite. Ils ne se déshabillent même pas. Parfois, cela prend du temps. Veena serre les points sur le matelas. Toute la nuit, et une partie de la journée, elle les attend. Entre deux hommes, elle reste un instant allongée, vague, éteinte, avant de se remettre debout. Elle ne pense pas à sa fille, sauf aux heures des repas, lorsqu’elle vient lui donner une assiette de lentilles. Mais la petite ne se plaint plus. Elle la sent plus proche qu’avant. Elle l’accompagne. Elle comprend le langage des chiens et des corps. Elle comprend aussi que chacun des visiteurs dévore une partie de sa mère, en arrache un morceau, puis un autre, et qu’un jour, il ne restera plus rien d’elle que la marque de ses ongles rageurs sur le matelas mince. »

Impossible de faire une chronique sur ce roman puissant et bouleversant comme le démontre cet extrait qui m’a émue aux larmes.
Ce roman raconte les femmes de la ruelle, ces prostituées d’un quartier en Inde. Comme Ananda Devi sait le faire à merveille, on entre dans un conte et puis on lit la folie des hommes, l’hypocrisie de la foi, la colère des Dieux.. et les rires des déesses. Très beau texte.

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