La vie intérieure

Ce livre est ma nouvelle Bible ! Il réveille ce Dieu présent en chacun de nous, celui qui accorde les êtres quelle que soit leur culture. Il est une homélie romancée de nos émotions et les citations littéraires qui le rythment en font un écrin de savoir et de plénitude.

A l’origine, Christophe André était diffusé dans une émission sur France-culture, l’Iconoclaste en a fait un livre de quarante chapitres et un CD.
Cultiver notre vie intérieure, c’est-à-dire prendre quelques secondes pour étudier nos affects et nos pensées, est sans doute inné. Pourtant, notre société hyperactive nous amène à considérer ces moments de méditation ou d’introspection comme une perte de temps.
Les quarante items sont classés eux-mêmes en trois groupes : ressentis, voies d’accès et expériences existentielles nous menant directement à visiter notre vie intérieure.
Elles sont des choses courantes de la vie, comme la maladie, l’échec, la fuite du temps. Ce sont des expériences qui nous forcent à nous arrêter, faire un bilan pour mieux repartir.
Christophe André nous donne des clés pour apprendre à faire le vide, sublimer toute sensation désagréable et décrypter nos émotions.
Concrètement ? Ne plus avoir peur d’être déçu, pardonner, écouter la musique sans rien faire d’autre, accepter, réfléchir au lieu de ruminer, marcher 10 minutes pour nettoyer l’âme, aller au petit coin sans son portable, écrire pour se découvrir, apprécier la nostalgie ou encore apprendre à être ivre sans boire d’alcool (celle-ci je la mettrais même dans la catégorie super-pouvoir).
Surtout, il décortique les ressentis pour mieux les aborder : la force de la tendresse, le danger de l’envie, le cercle vicieux de la jalousie, le sentiment de fraternité, la force de la honte ou la normalité du plaisir.

Il y a une grande qualité d’écrit, les phrases sont travaillées, le vocabulaire est riche et les citations parfaites ! Un livre à offrir à notre âme.

Si ce livre était un signe astrologique il serait …

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Sagittaire ! Ce signe de feu éveille l’esprit à la spiritualité. Le sagittaire est symbolisé par une flèche montante, l’âme est amenée à s’élever toujours plus haut et plus loin, l’humanité vise à se dépasser constamment. Le sagittaire est philosophe, perpétuellement en quête d’apprentissage et de découverte. C’est un signe qui parle plus qu’il n’agit, son accomplissement réside dans l’extase intérieure plutôt que les actes. C’est un signe positif, tourné vers les autres pour mieux se comprendre soi-même.

La planète Jupiter régit ce signe, Jupiter symbolise l’expansion, elle n’est pas une planète tellurique mais une planète géante faite de gaz. Après Mars dans le bélier qui symbolisait la conquête personnelle et primitive, Jupiter représente la conquête collective organisée, le développement des grandes civilisations, l’énergie de la justice, de la loi.
Dans ce roman, le signe du sagittaire met en place un cadre légal permettant le développement de l’individu dans la communauté. Il est aussi le signe de la joie légitime, le bon vivant dont tous les voyages quels qu’ils soient sont pour lui une expérience épanouissante.

Par curiosité j’ai esquissé le thème astral de Christophe André après avoir écrit cette chronique. Il est né le 12 juin 1956, il est donc gémeaux, le signe complémentaire du sagittaire, sa part d’ombre ; jusque là rien d’extraordinaire ni d’illogique, jusqu’à ce que je remarque deux planètes (Jupiter et Pluton) placées au même endroit, c’est-à-dire une « conjonction » planétaire. Que signifie-t-elle?
⇒ Jupiter conjoint Pluton est un aspect associant l’expansion avec les forces de transformation, ce qui donne des moyens importants psychologiquement pour guider et conseiller autrui, grâce à un bon sens psychologique, un fort pouvoir de conviction, et une excellente perception des forces et des faiblesses des autres. Cela montre aussi que cet aspect de conseil peut s’effectuer dans un domaine secret, caché, ou non reconnu officiellement.
Christophe André obéit complètement au pouvoir de cet aspect planétaire et aurait fait également un excellent astrologue !

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Une première expérience auditive

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M’étant toujours persuadée que j’étais 100% visuelle et 0% auditive (j’ai toujours été incapable de comprendre un cours sans prendre de notes en même temps, je suis très mal à l’aise au téléphone etc…) j’ai cependant découvert les textes de ce livre par le biais du CD. La voix mélodieuse de l’auteur et son timbre apaisant m’ont hypnotisée, les citations lues par une voix féminine m’ont totalement touchée. J’étais dans les conditions optimales, j’avais profité d’un long trajet en voiture seule (sans enfants à l’arrière) et sur autoroute désert pour l’écouter complètement.
Lorsque je suis revenue à la version papier pour les besoins de ma chronique, je parcourais les chapitres à toute vitesse, le texte m’a paru moins magnétique, moins prégnant. J’ai vite compris à quoi cela était dû : si l’on peut réguler la vitesse d’une lecture, sauter des lignes ou des paragraphes, on ne peut faire de même avec un CD, et cela nous oblige à prendre le temps, à caler notre rythme sur celui de l’orateur. Pour ce genre de textes c’est tout à fait souhaitable et nécessaire, une expérience que je renouvellerai !

Citations

Le plaisir est l’objet, le devoir et le but de tous les êtres raisonnables.
Voltaire

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force.
Cesare Pavese

Je compris vite que l’ivresse sans vin n’est autre que l’état lyrique. Gide

Sans cesse occupé de mon bonheur passé, je le rappelle et le rumine, pour ainsi dire, au point d’en jouir derechef quand je veux . Jean-Jacques Rousseau

Je ne suis pas une héroïne

« Un livre qui parle d’amour et d’identité française » résume Nicolas Fargues, évoquant son dernier roman.
« Un livre au pari risqué ! » me suis-je répétée durant la lecture.
Se mettre dans la peau d’une femme en évitant les poncifs était un défi audacieux et admirablement réussi. Au demeurant, un pari peut en cacher un autre, car l’auteur a décidé que sa narratrice serait noire.
Loin de vouloir faire de son roman un essai anti-raciste, Nicolas Fargues s’intéresse ici au multiculturalisme : omniprésent aujourd’hui, comment l’abordons-nous ? Sommes-nous si à l’aise derrière nos grands discours ? Comment cohabitons-nous ?

Géralde n’a pas grand chose à perdre en quittant Paris pour la Nouvelle Zélande afin de rejoindre Pierce qu’elle connait à peine. Elle est parisienne, trentenaire et collectionneuse d’échecs sentimentaux. En première partie de roman elle visite son passé sentimental, ses amies, sa mère. Idéologique, il y a beaucoup de nous dans Géralde. Tenant constamment ses amants en joue sur les sujets sensibles, (origines, politique, féminisme, cheveux) elle quitte l’autre à la moindre déception. Et ce n’est pas pour Pierce qu’elle fera exception dans la deuxième partie. Même à l’autre bout du monde, Géralde s’en va car rien ne répond à ses attentes. Sur la route du retour, elle croise Hadrien, prof de conférence. Plus âgé, plus subtil, elle ose en tomber amoureuse et ouvrir ainsi « la porte » qu’évoque Marguerite Duras dans « L’amant », la porte fermée, celle de notre coeur immense que si peu d’hommes méritent.

Ultra ancré dans notre époque, cette anti-héroïne avance et expérimente la vie entre deux Snaps et posts Instagram. Rire et réfléchir simultanément par ce roman était une expérience agréable et aboutie : c’est subtilement que ce livre emmène le lecteur à dépasser ses positions. J’admire l’acuité sociologique et féminine de l’auteur. Une très belle surprise !

Extrait choisi

Ces filles-là ne savent pas leur privilège, j’ai pensé. D’avoir la bonne couleur de peau, les bons cheveux, d’avoir passé le permis de conduire à vingt ans, appris à nager et à skier dans leur petite enfance aussi naturellement qu’on apprend à marcher. D’avoir eu leur premier rapport sexuel en toute tranquillité, sans s’être senties obligées de le dissimuler à la terre entière. D’avoir invité leur petit copain à dormir dans l’appartement familial en présence des parents et d’avoir eu par la suite des partenaires de lit aussi naturellement qu’on va faire ses courses ou qu’on prend le métro, sans que cela pose de problème à personne. De prendre la pilule chaque jour comme on avale un bonbon, de ne pas faire un drame d’un avortement si elles tombaient enceintes à un mauvais moment, avec les mots de consolation de maman en prime pour les désagréments subis. De bronzer seins à l’air sur les plages publiques en été. De n’avoir jamais ressenti la moindre honte pour rien. De n’avoir pas été emmenées, elles, de force à l’église chaque dimanche jusqu’à leurs dix-sept ans. D’avoir eu un papa présent et soucieux de leur bien-être. Des parents cool, modernes, tolérants, financièrement solvables et propriétaires de leur logement. D’être promises à devenir des héritières, propriétaires un jour à leur tour. De pouvoir divorcer er refaire leur vie sans que cela choque personne au sein de leur famille.

Le signe astrologique du roman

Lion. La chevelure de Géralde, ses « vanilles » qu’elle soigne et qu’elle oint d’huile, m’évoque les rayons du soleil symbole du signe.
Le Lion s’exhibe et brille. Ambitieux, solitaire et fier, il expose ses principes et son idéalisme, telle Géralde, que j’ai trouvée si entière, digne, soignée, droite. Signe de feu positif, le décor néo-zélandais grandiose et lumineux s’y accorde parfaitement.

Quoi de neuf cette semaine ? Eparse chez Ernest Lire, David Hockney Prix Anaïs Nin 2018, L’invention des corps chez BOLD

Un début de semaine riche en évènements !!

Eparse dans la nouvelle BOX d’Ernest

Nous avons commencé la semaine avec un très beau partenariat, celui d’Ernest, un media littéraire qui aime les blogueurs !

Pour ceux qui ne connaissent pas Ernest :

« Découvrez un véritable guide d’achat pour vos livres ainsi que notre box de livres ! Pour parcourir de nouveaux horizons littéraires, pour sortir des critiques convenues, découvrez le magazine Ernest. Chez Ernest Mag, toutes les littératures sont à l’honneur. »

Proposé par Amandine de  Livresse Littéraire ,nous avons validé le roman Eparse de Lisa Balavoine publié chez Lattès en janvier 2018. Eparse est un roman sociétal qui parle à plusieurs générations, aux femmes comme aux hommes, à lire et à offrir… On le voit partout sur la toile depuis sa sortie, il représente la communauté Bookstagram à merveille ! Vous pouvez retrouver ma chronique ici, et l’interview de Bénédicte ici .

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Si vous voulez vous procurer la Box, cliquez sur ce lien

 

Vie de David Hockney élu Prix Anaïs Nin 2018

FullSizeRender-3.jpgCrédit photo @juliopatti

Lundi 12 février, dans le grandiose Théâtre de l’Odéon, s’est tenue la soirée de remise du Prix Anaïs Nin 2018. C’était une soirée magnifique et festive, plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour remettre le Prix à la lauréate. Ce prix a été fondé en 2015 par Capucine Motte et Nelly Alard, il récompense une plume singulière et audacieuse, empreinte de poésie et mettant en valeur le monde anglo-saxon.

Après délibération, le jury a élu le dernier roman de Catherine Cusset  (cliquez ici pour lire l’article de Livre Hebdo) qui était en compétition avec le très beau  Fugitive parce que reine de Violaine Huisman.

Ce Prix 2018 récompense ainsi Catherine Cusset pour l’ensemble de son oeuvre.

A propos de ce roman :

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Je peins ce que je veux, quand je veux, où je veux

Après l’histoire bouleversante de Thomas dans L’autre qu’on adorait , Catherine Cusset romance ici la vie du célèbre peintre David Hockney.

Naissance en 1937 à Bradford. Londres, New York puis la Californie, Los Angeles : SA ville, cette ville dont lumière et piscines ont fait la célébrité de ses toiles colorées.
On rencontre les personnages de sa vie, ses parents, ses professeurs et ses amants dont Peter, le seul qui lui ait causé un chagrin immense, représenté dans sa célèbre toile  Portrait d’un artiste, (en bas à droite sur la photo ci dessus).

On ne peut lire un tel roman sans aller enquêter et rechercher sur internet les oeuvres dont l’auteur décrit parfaitement la genèse. la toile de sa vie se déroule sous les événements qui ont inspiré ses plus grandes peintures.

Si je devais retenir une chose de ce roman c’est sans doute la ligne de conduite de David Hockney, celle qui l’a mené au succès dès ses 30 ans : travailler oui, mais peindre en se faisant plaisir, peindre ce qu’il aimait sans penser à ce qui se vendait. À contre-courant du mouvement abstrait il a su faire revivre le figuratif. David Hockney a surtout su mettre sur la toile sa liberté infinie de vivre et de penser.
Sa réussite ressemble à un conte de fée, celui du petit garçon d’un milieu modeste qui va vivre le rêve américain, mais c’est avant tout la vie d’un homme qui a su comprendre très tôt comment utiliser son incroyable don, ce personnage était créé pour interpréter le Prix Anaïs Nin! Bravo à la lauréate, en photo ci dessous entourée de Capucine Motte et de Nelly Alard les organisatrices.

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Crédit photo : @juliopatti

L’invention des corps inaugure la section littérature dans Bold magazine !

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J’ai l’immense honneur et joie d’inaugurer la rubrique Littérature de BOLD Magazine, média/mag culturel bimestriel basé au Luxembourg, gratuit et consultable sur le net.

Pour le premier mag de l’année, je reviens sur L’invention des corps de Pierre Ducrozet, Prix de Flore 2017, ce roman correspondant parfaitement selon moi à la cible du mag, mixte tendance masculine, moderne et résolument ancrée dans notre époque.

Pour les deux coups de coeur, j’ai nommé Les fantômes du vieux pays (The Nix) de Nathan Hill paru chez Gallimard à la rentrée dernière et Nos héros secondaires de SG Browne paru aux Editions Agullo. Ils s’inscrivent tous deux dans l’ère du temps et je l’espère plairont aux lecteurs ciblés par le mag !

Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce nouveau mag Ici  et mon article p.22, et les suivants deux fois par trimestre !

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Bold mag #50

 

Ma première fois aux 68 premières fois

Enfin, cette semaine de février se caractérise par un dernier évènement : Les 68 premières fois ont lancé leur sélection !!

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C’est la première fois que je participe à cette aventure et je m’en réjouis! Félicitations aux organisatrices !

 

 

 

Les Indifférents

Avant la chronique, quelques questions à l’auteur, Julien Dufresne-Lamy

photo (c) Melania Avanzato

J’ai découvert la plume de Julien à travers son roman de l’an passé « Deux cigarettes dans le noir » aussi intense que celui-ci.  Je vous recommande cet auteur si vous ne le connaissez pas encore. 

Bonjour Julien, et bravo pour ce roman drôlement bien monté ! Là tes yeux s’écarquillent et s’interrogent : peut-elle vraiment dire ça de mon nouveau-né?
Je m’explique : bien monté dans le sens où le montage de l’histoire, une bande d’adolescents dont le groupe va voler progressivement en éclats, est réalisé subtilement. Tout est suggéré dès le départ sans rien dévoiler, le roman alterne ainsi entre passé familial, présent du drame, dans une construction parfaite. Comment t’y es-tu pris? Fais-tu partie des adeptes du plan?

Mes yeux ne s’écarquillent jamais, c’est un don de naissance. L’idée de départ était d’ouvrir le livre par un drame, un accident terrible et vague, qui par la prolepse, se reconstitue au fur et à mesure de l’histoire, pour se révéler aux dernières pages. C’est une construction complexe, mais je n’ai pas écrit de plan. J’avais les images dans ma tête, chaque scène de la journée (le lever, le bus, la route, la plage, le commissariat) menant à l’accident tragique. Une fois que je les ai tous écrites, en résonance avec l’histoire principale, je les ai mises dans l’ordre, comme des pièces de puzzle. Comme un casse-tête chinois, surtout.

Cette bande d’adolescents, « Les Indifférents » comme on les surnomme, fait partie d’un milieu très bourgeois, un microcosme de notables du bassin d’Arcachon. Connaissais-tu ce milieu et ce lieu avant de les écrire ? Peux-tu nous raconter la genèse de ce roman ?

Je connaissais un peu les lieux, mais pas tellement, comme je n’ai pas fréquenté le milieu bourgeois du bassin. J’y suis allé en repérage à nouveau, avec une de mes meilleurs amis qui a vécu là-bas toute son adolescence. J’avais des noms de ville en tête, des sensations, des couleurs, les mêmes que celle de mon enfance à la Rochelle. Le reste, je l’ai deviné, je l’ai brodé. Les bourgeois ne sont pas si mystérieux que ça.

La narratrice, Justine, est une jeune femme, elle écrit à la première personne. Ce n’est pas la première fois que le personnage principal de ton roman est une femme, déjà l’an passé dans « Deux cigarettes dans le noir », tu choisissais ce vecteur. Cela m’interroge : changer de sexe offre-t-il plus de liberté d’écriture et d’imaginaire ?

J’essaie d’alterner de roman en roman depuis mon premier texte « Dans ma tête, je m’appelle Alice ». Tout est dit avec ce titre. Je ne fais pas de différence entre le personnage masculin et féminin. C’est un personnage avant tout, d’idées et de chair. Mais sous les traits d’une femme, j’aime ce besoin de monter une nouvelle pente, de m’oublier totalement. Dans mon prochain roman adulte, je donnerai voix à des personnages qui ne sont ni homme ni femme, ou qui sont les deux, ou qui sont autre chose. Encore une nouvelle pente à arpenter.

L’une des grandes thématiques de ce roman est le poids familial, que les parents sont à l’origine et responsables de nos actes. Te sens-tu toi aussi porteur de ce fardeau ?

La famille est un fardeau, toujours. Il y a ce déterminisme qui me fascine dans chaque clan, c’est une obsession dans mon écriture. J’essaie de jouer avec, même si dans la vie, je n’aime pas vraiment avoir de poids sur les épaules. Ni porter de sacs lourds.

Personnellement je t’ai senti très en confiance dans l’écriture et c’est très agréable à ressentir pour le lecteur. La confiance s’acquiert au fur et à mesure des livres ou pas forcément ?

C’est drôle parce que le mot « confiance » ne me vient jamais quand j’écris, alors que c’est tout à fait ça. C’est une fluidité qui se gagne, de livre en livre. Avec mon premier texte, je tricotais chaque phrase à la limite de la névrose, je sur-écrivais, cela ressemblait presque à de la poésie. Maintenant les phrases sont libres, elles font ce qu’elles veulent, même si je garde un faible pour les images qui frappent et les formules corsées.

J’ai vu que tu publiais un roman « Boom » chez Actes Sud junior en avril ? Quel travail ! Qui a été écrit avant quoi?!

Habituellement, à la fin d’un manuscrit, je me sens morose. L’histoire est finie, le rideau est lourd au sol, je vis cette fin comme une dépossession, comme un « et maintenant quoi écrire ? ». Il faut du temps pour répondre à cette question.
Mais pour Boom, cela a été fulgurant. J’ai envoyé le manuscrit terminé des Indifférents à mon éditeur un jeudi soir. En me couchant, j’avais l’idée de ce nouveau roman YA et même ce titre, Boom. Je l’ai écrit en un mois.

D’autre part le sujet de « Boom » a l’air très fort, penses-tu qu’il plairait plus à ma fille de 10 ans ou à moi ?

C’est un roman Young Adult, mais les étiquettes, il faut s’en méfier. Actes sud Junior publie des textes réalistes et ambitieux, parfois bien plus matures que certaines publications générales. Je ne change pas d’écriture quand j’écris. Tout le monde peut lire de tout, et heureusement. D’ailleurs, les Indifférents étaient à l’origine conçus à une publication Young Adult et j’ai changé d’avis en cours de route. Boom parle de la mort d’un adolescent durant un attentat, sauf que ce texte est plein de couleurs, de fêtes, de sarcasmes et de vie.

As-tu actuellement d’autres projets d’écriture ? As-tu le temps de lire aussi? Si oui quels sont les romans en cours ou à lire ?

Actuellement, je lis « Me voici » de Foer que je trouve brillant et mille livres m’attendent près du lit, Maggie Nelson, Ivan Jablonka, Tennessee Williams, et des romans graphiques aussi. Après les Indifférents et Boom, un autre roman sortira en octobre prochain chez Actes sud Junior. Mon premier roman jeunesse, pour 9-15 ans. Avec de la magie, du Japon et une famille d’expatriés français haute en couleurs. Je suis en plein peaufinage tout en débutant le prochain roman adulte, pour Belfond, rentrée d’automne 2019. Jonglage !

Merci Julien de répondre aux interrogations nées au fil de la lecture de ce très bon roman, je te souhaite toute la réussite que tu mérites.

Le roman

Les Indifférents. Ce sont ces adolescents qui restent entre eux, indifférents aux touristes et au reste du monde, unis par le sable. Les Indifférents naissent, se rencontrent et meurent sur la plage.

« Les adolescents sont incontrôlables et morts de faim. On les laissera faire. On les laissera jouer et tuer. L’adolescence est un passage obligé, une espèce de souveraineté. C’est la sombre période de l’indifférence. »

C’est justement au début de l’adolescence que Justine débarque avec sa mère au Cap-Ferret. Elles ont tout laissé derrière elles en Alsace, l’appartement et ce père qui les avait tant fait souffrir, pour tenter de reconstruire une nouvelle vie. Après un entretien téléphonique, sa mère est embauchée comme comptable de Paul Castillon, riche notable de la région du « Bassin ». Elles intègrent toutes deux la maison de famille et la mère devient une employée de plus dans la grande demeure.
Théo Castillon apprivoise rapidement Justine. Mais pour faire partie de sa bande, elle doit se soumettre tout un été à un bizutage difficile. Léonard et Théo la testent et elle réussit. A la fin de l’été, Justine fait partie des Indifférents.
De cet été, Justine gardera un souvenir idyllique, elle y apprend le gout de la liberté, la joie de faire partie d’un clan, la complicité éternelle d’une amitié.

Notre nuit blanche est bleue. Le bleu du ciel éclairci par les rouleaux de vagues qui frappent la terre. Le bleu des flammes et des yeux de Théo qui me dévisagent sous la canopée. Toute la nuit on explore la forêt comme une chambre secrète. Léonard joue les éclaireurs, ses pas sont silencieux, on avance, façon lézard, et chut, on regarde droit devant. On cueille le cerfeuil et les mûres, on les croque à pleines dents, ça gicle, nos visages deviennent des confitures.

Puis la rentrée arrive, Daisy revient. La bande des indifférents est au complet. Trois années passent et leur complicité se renforce. Les limites sont les mêmes que celles de leur parents avant eux : il n’y en a pas. C’est un monde bourgeois où tout se fait et tout se tait, de grandes réceptions familiales s’organisent en même temps que de grandes orgies adolescentes sur la plage, Paul Castillon a la main mise sur tout le bassin, sur le rivage qu’il endigue, sur ses affaires obscures et sur le commissaire.
Un jour, Justine rencontre Milo, trop différent pour faire partie des Indifférents, et pourtant il rappelle à Justine le milieu modeste d’où elle vient. C’est le début de la rupture entre elle et les autres. Pourtant, si entrer dans le clan était difficile, en sortir n’en paraît que plus compliqué…

Dans ce microcosme étouffant parfumé au sel se rejoue l’histoire de ce qui a été écrit avant nous. Les liens se tissent adroitement entre tous les personnages et le Bassin apparaît alors comme un lieu de fascination dont on ne peut s’extraire, où l’on revient inéluctablement, répéter des schémas ancestraux.

« Dans toutes les histoires, les parents sont responsables. A l’origine des drames, leur passé, leurs histoires, leurs liaisons, leurs absences, leurs maladies, toujours incurables. »

Mon avis

Immense coup de coeur pour ce roman de Julien Dufresne-Lamy, aussi intense que le précédent ce qui confirme son talent. Une narration impeccable et un vocabulaire riche portent une histoire adroitement menée. Une fluidité et un rythme parfaits pour nous entraîner vers une fin inattendue.

J’ai aimé l’humour et la sincérité émanant de ces presque adultes, la fraîcheur de cet âge de la vie où tout se joue et tout s’apprend. J’ai aimé être emportée par leur énergie et l’histoire de chacun des personnages. Tout se tient et tout est intéressant dans ces trois cent pages, aucune longueur et un suspense bien dosé.

C’est un roman magistral sur l’adolescence et le poids familial, un livre subtil et violent dont on ressort les cheveux emmêlés par le vent et les secrets, le coeur brûlé par le soleil et le drame.

Le signe astrologique du roman

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Gémeaux ! Pour la dualité et l’ambivalence du caractère des personnages et de ce milieu parfois hypocrite, prétentieux et mondain. Le Gémeaux a cette capacité de changer de facette en un clin d’œil ; de charmant il peut devenir tout d’un coup morose ou acerbe, c’est un signe qui cache très bien son jeu, à l’instar de Théo ou de son père Paul.
C’est un signe de polarité positive et de qualité mutable qui réussit grâce à son réseau, dont il se sert pour parvenir à ses fins.
Ce signe malin est néanmoins extrêmement positif et travailleur, tout dans l’attitude de Paul faisait coïncider le personnage avec ce signe.
Les Indifférents eux aussi avec tous quelque chose de Gémeaux, notamment Daisy, par son humour, sa curiosité, ce groupe d’adolescents qui veut tout tester, tout voir, adorables arrogants.
Dans la roue du zodiaque, le gémeaux est défini par la maison III, celle qui incarne le début de l’expression personnelle et donc l’adolescence, mais elle est aussi celle des frères et soeurs, des clans, des voisins, de l’environnement immédiat : c’est ce qu’il ressort de l’ambiance du roman.

Une longue impatience

Bretagne, 1950. Ce soir, Louis ne rentre pas dîner. Pour Anne, sa mère, c’est le début d’une longue impatience. L’espoir de le revoir est mince, Anne connaît malheureusement la raison de sa fuite. Etienne, l’homme avec qui elle s’est remariée, ne le supportait plus, ce fils témoin de sa vie d’avant, jusqu’à le frapper pour le punir. « Parfois on se découvre le coeur moins grand que l’on croyait » lui explique Anne dans l’une de ses lettres.

Louis avait 10 ans environ lorsqu’Anne s’est retrouvée veuve, son mari marin emporté par la guerre et la mer. Puis Etienne est venu la chercher, lui le bon parti, elle cette « seconde main » cette femme d’un milieu pauvre. Malgré l’amour d’Etienne et des deux nouveaux enfants issus de leur mariage, comment le coeur d’une mère peut-il continuer de battre, coupé ainsi en deux ? Le regard sans cesse tourné vers les bateaux qui reviennent de l’océan, Anne attend son fils, et lui écrit des lettres. Dans ces lettres, le festin, la description exhaustive de l’orgie, celle des mets, des crustacés et douceurs qu’elle prévoit de placer sur la table le jour du retour du « fils prodigue » ou plutôt de l’enfant désaimé.

Mon avis

Ce roman à l’écriture très belle sème subtilement la révolte dans le coeur des femmes qui le liront. A quel point peut-on être ainsi soumise à un homme ? Au nom de quel confort peut-on s’enfermer dans une prison dorée? Anne pensait être sauvée par Etienne lorsqu’il lui a offert cette deuxième vie, ce foyer chaud et luxueux pour elle et son fils, ainsi que tout son amour car Etienne déborde de désir pour Anne, jusqu’à la vouloir pour lui tout seul. Mais que faire lorsque l’on a deux enfants en bas âge? Impossible de claquer la porte et retourner à la misère, surtout en 1950, pour retrouver un fils de seize ans parti à l’autre bout du monde.
J’avoue que le personnage d’Anne m’a un peu agacé, en tant que mère dans la même situation, je comprends mal comment on peut laisser se faire dominer et « admettre » l’attitude du beau-père. C’est un parti pris, mais nous sommes fortes, et malgré l’amour et la fascination envers l’homme, nos enfants devront toujours rester prioritaires.
L’histoire sonne juste cependant, mais j’ai eu envie de secouer Anne au fil des chapitres, surtout au moment de ces interminables lettres larmoyantes et plaintives envers un fils qui avait sûrement plus souffert qu’elle. Sa façon de se résigner au lieu de se battre, d’attendre son fils au lieu de le chercher (la fin du roman prouve à elle-même que ce n’était pas si compliqué de le retrouver!!) m’a un peu gênée dans cette lecture qui était toutefois d’une splendide écriture et fluidité. L’objet livre en lui-même, format, couverture et feuilles soyeuses et souples, l’ensemble forme un texte d’une grande qualité.

Extrait choisi

Pendant de longues semaines, après cet éprouvant Noël, Étienne n’a plus entendu ma voix. Les repas était prêts, la maison propre, les enfants semblaient s’accommoder d’une mère silencieuse qui les choyait, les embrassait, les caressait, les baignait, recousait l’oeil de l’ours en peluche ou la couverture de la poupée, qui leur confectionnait de nouveaux dessus-de-lit chauds et moelleux, des nouvelles robes de chambre, qui continuait à préparer des gratins et des tartes. Comme si toute ma vie n’était vouée qu’à cela, à ce soin infini pour ceux qui sont là, autour de moi, et qui ne sont pour rien dans ce qui arrive. De ce qui est consumé en moi, je ne peux rien leur dire.

Le signe astrologique du roman

Poissons, sans hésitation. Ce roman obéit avant tout à Neptune, le Dieu des mers, celui qui régit le signe du poissons, ce Dieu qui engloutit tout, le premier mari d’Anne, puis son fils. Anne est cette sirène du roman qui attend et qui regarde au loin, au-delà du large.
D’autre part, l’une des pulsions inhérentes à Neptune est celle de victime-martyr-sauveur. Neptune veut sauver le monde ou une personne, car il n’aime rien autant que le sacrifice de soi. C’est sans doute ce qui m’a agacé chez Anne. Je comprends mal ces personnalités qui se sacrifient au lieu d’agir et qui manquent d’esprit pratique, surtout quand il s’agit de faire des choses au nom de l’amour.

Mais attention tous les poissons ne sont pas forcément ou seulement « neptuniens », ils sont un des rares signes à être placés sous l’influence de deux planètes, la deuxième étant Jupiter. Et le coté Jupitérien, enthousiasme, abondance, exaltation, orgie, ressort complètement dans le festin imaginé par Anne dans lettres, une corne d’abondance sans fin ni limites.

Eparse

Je suis une fille particulièrement décousue.

  • Eparse, adj fém, synonymes: constellée, abondante, éparpillée, sporadique, flottante, égarée, diffuse.
  • Eparse, adj fém, antonymes : compacte, massive, réunie.
  • Eparse, adj fém, anagramme : Séparé.

Est-ce par la séparation que débute Eparse ? En est-elle le coeur ou le fil conducteur ? Mais de quelle séparation parle-t-on? De ses parents? De son mari, de son amant? Ou encore de ses enfants ?

Eparse, le premier roman de Lisa Balavoine, pourrait être la petite soeur du livre de Roland Barthès, « Fragments d’un discours amoureux ». Des fragments d’histoires amoureuses, mais aussi des fragments de vie qui la définissent et la constituent, un état des lieux à quarante ans, l’âge où l’on hésite : bilan ou projets ? Résignation ou réalisation ?

Lorsqu’on m’appelle mademoiselle c’est pour me vendre un truc. Je n’ai plus d’enfants avec un âge à un chiffre. L’idée de faire l’amour dans une bagnole ne m’excite plus.

Des morceaux d’elle, mais aussi des sensations fugaces, des paroles de chansons, des définitions de mots inventés, des citations d’auteurs au milieu de citations d’enfants, des abondances d’anaphores, des séries de listes et des listes d’aphorismes.

Eparse est la femme française contemporaine dans tous ses paradoxes : ambition, féminité, érotisme, mélancolie. Eparse est rock-romantique, poético-pornographique, délibérément décousue. Une mère imparfaite, issue d’un mère imparfaite.

Je suis éparse, nous sommes éparses, vous êtes éparses. A conjuguer à tous les temps, pourvu que l’on s’y retrouve dedans. Des thèmes intemporels dont la revisite ne nous lasse pas. Car nous trouvons l’essence même de ce qui nous constitue : notre enfance, nos madeleines de Proust, nos traumatismes, nos premiers baisers. Une mère envers qui nous avons tout essayé. Nous nous retrouvons dans les ruptures, ou les non-ruptures, nous nous retrouvons en train d’accoucher, nous nous retrouvons quelques années plus tard à être mère seulement une semaine sur deux. Amante l’autre semaine. Ecartelée, déchirée entre nos personnalités, nos choix et nos non-choix, « un rythme bancal fait de vides et de pleins ». Jamais seule, ou alors beaucoup trop. Nous nous retrouvons dans le diagnostic du psy « vous vous attachez aux personnes qui ne sont pas disponibles pour vous », vous l’avez compris, nous nous retrouvons partout.
Un objectif commun nous rassemble dans ce premier roman, aimer vraiment, ne jamais faire semblant.

Je porte du vernis rouge presque tous les jours. Je porte le deuil d’une amie qui ne l’est plus. Je porte le même parfum depuis plus de 15 ans. Je porte du 38 quand tout va bien.

Mon avis

J’aime ce genre de roman reflet d’une époque, un livre document, générationnel donc presque déjà démodé car emprunt de nostalgie. Je l’imagine entre les mains de nos petits enfants devenus adultes : Voyons-voir ce qu’elle écrivait/lisait mamie? avant de lever un sourcil et comprendre qu’ils ne sont pas les premiers à apprendre la vie.
J’affectionne ces instantanés de réalisme pur, cette écriture qui sème de la poésie dans les moments bruts. J’aime ces romans qui se prêtent à cet exercice de l’intime et non de l’imaginaire, j’aime par-dessus tout les auteurs qui mettent le doigt sur les détails a la fois insignifiants et significatifs du quotidien.
A ceux qui diront qu’Eparse n’est pas construit, je répondrai qu’ils se trompent. Si le début du roman laisse penser qu’il va être question d’une succession de pensées, c’est l’histoire d’une vie de femme qui se joue devant nous, et l’amour dénominateur commun nous pousse en avant dans le roman, pour comprendre sa vie, ou peut-être la nôtre.

Le signe astrologique du roman

Cancer pour ce roman introspectif et lunaire. L’émotionnel dirige tout et ressort partout derrière une attitude choisie et a priori contrôlée. Le roman étant grandement autobiographique, je suis allée regarder le signe de Lisa Balavoine. Elle n’est ni cancer ni signe d’eau mais sagittaire; cependant je n’ai aucun doute sur la présence d’une dominante lunaire ou d’élément Eau s’exprimant dans son thème astral : le signe solaire étant ce que l’on dégage consciemment, non notre inconscient qui nous pousse à écrire par exemple.
En plus de l’émotivité camouflée, le cancer se distingue par une certaine vulnérabilité, une ambition certaine, un esprit de protection, il symbolise la maternité aussi (le cancer rejoint la maison IV, celle du foyer). Enfin l’amour est au centre des préoccupations du cancer, et il a une tendance à s’alourdir des relations anciennes et du poids du passé dont il refuse de se débarrasser.

Longtemps, j’ai cru que l’amour de mes enfants pouvait m’emplir tout entière. Je n’avais pas encore compris qu’en les étouffant de la sorte, c’est en réalité moi-même que j’asphyxiais.

L’auteure

Lisa Balavoine est née en 1974, elle est professeur-documentaliste, vit et travaille à Amiens.
« Eparse » est son premier roman, paru en janvier 2018 aux éditions J.C Lattès.

Extrait choisi

J’ai essayé le silence. J’ai essayé la distance. J’ai essayé la compassion. J’ai essayé le chantage. J’ai essayé la douceur. J’ai essayé la violence. J’ai essayé les menaces. J’ai essayé les groupes de paroles. J’ai essayé la psychanalyse. J’ai essayé les antidépresseurs. J’ai essayé l’abstinence. J’ai essayé les coups de pression. J’ai essayé les pétages de plomb. J’ai essayé de la diversion. J’ai essayé de la discussion. J’ai essayé les intermédiaires. J’ai essayé la famille. J’ai essayé la bienveillance. J’ai essayé la compréhension. J’ai essayé les retrouvailles. J’ai essayé les séparations. J’ai essayé l’amour. J’ai essayé la haine. J’ai essayé de comprendre ma mère. Sans résultat.

Soirée de remise de Prix 2017

Vendredi 26 janvier 2018, Librairie L’instant à Paris, s’est tenue la première édition du Grand Prix des Blogueurs Littéraires ! Environ quatre-vingt personnes étaient présentes autour d’un cocktail servi par François-Xavier Ferrol, gérant du restaurant Pirouette Paris Ier, pour couronner Bakhita, sublime roman 2017 de Véronique Olmi publié chez Albin Michel. 80 personnes, Auteurs, éditeurs et blogueurs confondus étaient présents, dans une ambiance festive et décontractée, et se sont laissés photographier toute la soirée par Albin Durand que je remercie infiniment pour sa prestation de qualité.

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Parmi les invités : David Foenkinos et Olivia de Lamberterie en guest star et marraine bienveillante, Eric Metzger qui écrit aussi bien qu’il nous fait rire dans Quotidien, François-Henri Désérable et son acolyte Clément Bénech, l’incroyable Sylvia Rozelier à l’origine de l’idée de ce Prix, la drôlissime Sylvie Le Bihan, les belles et inspirantes Charlotte Pons, Clarisse Gorockoff et Hadia Decharrière, ainsi que les talentueux Mahir GuvenJean-Baptiste AndreaSébastien Spitzer et Mathieu Ménégaux, venus avec un aplomb inégalables.

Au terme de mon discours dont je préfère oublier les hoquets et tremblements, Véronique Olmi s’est vue remettre un trophée de la part de notre communauté, ainsi qu’un encadrement de la photo de couverture du roman, provenant des archives du musée Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône… ma ville! (les hasards sont souvent bons..)

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Notre lauréate, dans une interview qu’elle a donné au journal Valgirardin XVème a justement déclaré :

Je trouve cela bien de donner au livre des moments hors de tout ce qui est institutionnel, attendu, rituel. Là, tout d’un coup, une très belle surprise surgit, avec cette spontanéité, ce travail, cette énergie très joyeuse et très communicative.

La suite de la soirée s’est déroulée dans la même ambiance, rencontre, échanges et dédicaces entre blogueurs et auteurs adulés.

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Clément Bénech, Estellereads, unlivreparsemaine, François-Henri Désérable

Notre équipe s’est fait une joie d’accueillir, badger et orienter chacun et chacune. Je dois énormément à mon équipe de blogueuses, qui depuis la création du Prix a su innover, réfléchir, diffuser, partager… Parmi elles, je nomme Amandine de Livresse Littéraire, mon associée principale, trésorière du Prix, que je remercie énormément pour son aide au quotidien depuis le début. Il y a aussi Bénédicte d’aufildeslivres qui a géré l’actualité de la page Facebook du Prix avec une énergie incroyable, Charlotte de Loupbouquin ,  Céline de mes échappées Livresques, mais aussi Sarah, Alex de Bricabook et puis Carobookine et Julie Vasa dont le discours surprise à mon endroit m’a profondément touchée. Merci les filles !

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Sylvie Le Bihan, entourée de Céline, Caroline, et Sarah

Comme l’a parfaitement expliqué Solène (Larousse Bouquine) dans son article sur la soirée du Prix, les blogueurs étaient encore mal perçus dans le milieu littéraire. Trop libres, trop sincères, peu formés… et pourtant, cette soirée a permis à tous de constater à quel point ce Prix et cette union manquaient dans le paysage littéraire actuel, immergé constamment dans le bain des réseaux sociaux.

J’ai eu l’immense chance de vivre cela : une rencontre nécessaire et libératrice, une communion sincère et enthousiaste de lecteurs passionnés, ravis d’échanger avec leurs auteurs préférés ; des auteurs détendus, invités pour célébrer et non pour débattre, se défendre, ou encore se faire connaître.

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Nicolas Houguet, blogueur présent ce soir-là, a publié sur Facebook un superbe billet dans lequel il y a ce passage si émouvant :

Je me tiens un peu à l’écart de la foule qui ressemblait à celle d’une fosse de concert tant elle était nombreuse dans la librairie. D’un coup, je vois une forêt de téléphones portables s’élever. On se livre à des discours allègres sous des ovations enthousiastes. Tout ça, c’est de la joie.

Quand Véronique Olmi brandit le trophée qu’elle a gagné pour Bakhita, ouvre le beau cadre qui reproduit la photo de sa couverture avec l’allégresse d’une enfant un matin de Noël, un frisson d’intensité et d’émotion parcoure l’assistance. Et je l’éprouve aussi

Ce soir-là, j’ai vu des gens prendre conscience de leur voix et de leur nombre.
C’était comme assister au début d’un beau mouvement.

C’était une naissance.

Oui Nicolas, c’était sans doute cela que je cherchais, enfanter ce Prix c’était pour moi un aboutissement utile, une reconnaissance envers les réseaux à qui je dois tant de lectures enrichissantes, tant de rencontres éblouissantes. Bookstagram est une bulle d’air immense, une communauté qui certains jours, sauve, par sa disponibilité et sa bienveillance.

Tout cela s’est ressenti, le simple bonheur d’être ensemble, l’excitation de se découvrir, entre membres de l’équipe du Prix, mais aussi entre blogueurs, sans parler de la fierté immense de passer une soirée avec les auteurs comme s’ils étaient nos amis, comme si on les connaissait depuis toujours.

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Jean-Baptiste Andréa et Sandrine Babu, libraire

Jean-Baptiste Andréa, auteur de Ma Reine publiée chez L’iconoclaste , a su percevoir ce qui avait plu, a compris d’où venait la magie de la soirée. Il m’a envoyé ce mail au lendemain du Prix qui m’a tellement émue que je me suis promis, en tant que Présidente du Prix, d’en faire ma ligne de conduite pour les années à venir, afin d’en garder l’esprit intact.

Chère Agathe,
Merci encore pour la soirée d’hier. Tu as réussi l’exploit de monter en un court laps de temps un événement très réussi. J’ai la réputation d’être assez réfractaire à toute forme d’organisation formelle, tables rondes, exégèse, etc… et la soirée d’hier était à cet égard une vraie bouffée de fraîcheur. Décontractée, joyeuse, des amis réunis autour des livres plutôt que pour écouter des logorrhées.
J’espère que tu sauras préserver, dans les prochaines éditions, cette fraîcheur. Que tu résisteras à la pression de l’institutionnalisation, « d’essayer de faire mieux ». Car tu ne pourras pas faire mieux, c’était parfait comme ça.
Amitiés, 
Jean-Baptiste Andréa

Dans quel état pouvais-je être, autrement que comblée par cette première édition ? Merci à tous , et vivement l’année prochaine !!

Avant de finir en images je vous joins quelques posts Instagram dont la beauté des mots résonnera en moi longtemps tellement ils m’ont fait plaisir !

Le mot d’Hadia

Le mot d’Aurélie

Le mot d’Amandine

Le mot de Mademoiselle do Lit

Et enfin, quelques photos de cette sublime soirée…

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Crédit Photo : ALBIN DURAND @_albin_