Les gratitudes, Delphine de Vigan

C’est la question du moment : As-tu aimé le dernier roman de Delphine de Vigan ?
Oui!!🙋🏻‍♀️
Non!!🙅🏻‍♀️

Qui veut débattre ?👩🏻‍⚖️👨🏻‍⚖️

Mon avis ?
Oui, j’ai aimé ce roman.
À partir du moment où l’on entre dans un livre pour en ressortir directement en tendres sanglots, ce serait être de mauvaise foi de dire que la magie n’a pas opéré. C’est un peu le père Noël de l’émotion : mais d’où viennent ces gouttes d’eau sous mes yeux ? Par quelle cheminée sont-elles arrivées je ne comprends pas !? C’est archi subtil, je n’ai rien vu venir et je me suis laissée emporter. Voilà.

Question aux sceptiques : qui d’autre que Delphine de Vigan peut réussir à vous captiver sur l’histoire d’une vieille mamie placée dans un EHPAD? (je mets au défi qui que ce soit d’y parvenir, vous avez 6 mois…) Moi-même la vieillesse n’était pas un sujet qui m’attirait, et pourtant j’ai pris un grand plaisir de lecture.

👩🏼‍✈️objection principale : « les personnels soignants ne sont pas aussi bienveillants et disponibles que l’orthophoniste du roman ». Certes. Mais c’est un roman, ce n’est pas un documentaire scandalisé sur la maltraitance des personnes âgées. Même s’il faut lutter contre, ce n’est pas le sujet, ici on parle vocation, transmission, grandeur d’âme. On parle de la vie qui s’éteint et qui se donne. C’est simple et c’est beau.

Je me suis laissée bercer par la musique, l’humour délicat, les lapsus très drôles de cette Michka. C’était un dosage parfait entre les personnages et leurs dialogues, sans forcer le trait, l’écriture sobre, sans fioriture, qui s’oublie pour mieux nous parler. Le format court répond parfaitement au sujet et à la lignée débutée par l’auteure: les loyautés, les gratitudes, quel sera le 3ème volet ?

Quand l’Albatros vole sous le soleil…

Parce que nos deux romans nous unissent à vie et que la musique les porte, voici notre chronique commune composée à quatre mains.

A:

J’aurais pu te rencontrer à un concert Nicolas.

J’aurais aperçu ton sourire et tes yeux briller dans la foule. 

J’aurais saisi l’instant de grâce que tu vivais, seul dans la syncope des lumières.

Mais la musique viendra plus tard, un fil rouge à nos romans jumeaux, enfantés du même sang et au même moment.

Car ce sont d’abord les mots qui m’ont menée à toi. 

Nos chroniques d’abord, puis ton sublime roman, une poésie de 250 pages, un bijou.

Je l’ai lu en dégustant chaque phrase, en la relisant deux fois.

 

N :

Je ne t’aurais pas parlé Agathe. Je n’aurais pas osé. Je me serais dit, elle est trop belle, elle sourit, elle rayonne. Moi la beauté m’intimide énormément. Quand je t’ai lue, c’est là que je t’ai rencontrée. Et pourtant, je te l’avoue, voyant le sujet, j’ai eu peur. Une femme enceinte qui raconte les tourments d’une rupture amicale, ça avait tout pour me faire fuir. 

J’ai ouvert ton livre par amitié, parce que c’était toi. Parce que c’était moi. Parce que c’était aussi con de te fuir parce que tu étais trop belle, que d’être intimidé par moi et mon gros fauteuil roulant. J’ai lu les premières pages et je me suis senti con. Avec mes gros préjugés que j’exècre chez les autres.

J’ai vu un dévoilement courageux, une sensibilité qui se déploie. Une audace aussi. Et une langue superbe. Je la connaissais déjà dans tes chroniques. Mais dans les articles, on se cache derrière les autres. Ce fameux « c’est pas moi, c’est eux », qu’opposent ceux qui hésite à déchainer leur âme. Et nos deux livres sont l’histoire d’une découverte de soi.

 

A:

Oui. Car le chemin vers la découverte de soi est parfois long et l’étincelle ne prévient pas.

« C’était l’anniversaire de Rimbaud », cette soirée du 20 octobre où le poète a pris son envol.

Patti Smith n’imaginait pas la renaissance qu’elle allait provoquer. 

En une dizaine de chansons, l’Albatros en toi s’était déployé.

À quoi ça sert de marcher quand les mots te font voler…

N :

Dans ta séparation d’avec elle, dans ton manque d’elle, j’ai vu l’écho de mon histoire d’amour, de cette amputation, quand un être vous manque vraiment. Quand il étend son ombre comme une arrière pensée sur chacun de nos actes. Tu m’as ému pour ça. Pour dire cette histoire d’amour qui ne finit jamais au fond en nous, quand on a aimé vraiment. Il y a des proches qui deviennent lointains, des amitiés qui s’étiolent, des gens que l’on perd dans un haussement d’épaules. Mais entre B. et B. c’est un truc de sang. Pas ces rapports idiots et obligatoires que la famille nous enfonce au burin dans le cœur, souvent de force. C’est l’histoire de deux femmes qui grandissent ensemble. Qui se révèlent, qui se découvrent. Avec une honnêteté désarmante à la fois crue et presque candide.

A:

Je t’imagine à cette soirée de concert, installé au-dessus la table de mixage, 

Tu laisses ton esprit vagabonder vers de tendres souvenirs :

L’enfance et le premier amour, y-a-t-il besoin d’autre chose pour vivre ?

Car ton grand amour est là, un peu plus bas. 

Il n’est pas nécessaire de la voir pour la deviner, la ressentir.

Les rendez-vous à distance sont tellement plus romantiques que les têtes à tête.

Le moment est venu de faire la paix,

Avec ce corps qui n’a jamais voulu écouter,

Avec la marginalité que tu as appris à sublimer

Avec cette femme qui n’est plus la tienne.

N :

Cette dépossession… Apprendre à vivre c’est apprendre à abandonner, à laisser sur la route ce qui n’est plus. Evidemment, il y a comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout. Tu vois on a souvent dû louer ton sourire, ton aisance, l’étincelle dans tes yeux qui pétillent. Ce qui m’a touché là c’est ta mélancolie. La même que la mienne. Cette manière de voir les gens, cette lucidité qui les démasque vite, qui les décrit et les cerne redoutablement bien. Les mariages qui tournent mal, les enfants qu’on a trop jeunes, le bordel incroyable et le surmenage des études de médecine, que j’ai découverts dans des tableaux de débauches, de déchainements trop longtemps contenus. Ces dépressions aussi de gens qui deviennent dentistes quand ils se rêvaient littéraires. Cette manière désenchantée et paradoxale de toujours croire à l’idéal et d’en être déçue, souvent, et même parfois de manière assez comique. Mais de ne jamais lâcher, de ne jamais renoncer, d’essayer de vivre un peu plus fort. Envers et contre tout. Je crois que toi, comme moi, on dessine des personnages qui se sont construits dans l’adversité. Des complexés aussi, qui s’écrabouillent et se mettent au service des autres jusqu’à s’oublier. Et renaitre dans l’écriture.

 

A:

Une renaissance, c’est ce que nous a permis notre premier roman…

Tu étais un minuscule bébé, né trop tôt pour marcher mais pas pour aimer.

Tu parles de tes parents dont l’amour fou m’a bouleversée.

Je pleure à ce passage où ton père te fait découvrir le cheval, le ski, le vélo,

et tu oubliais la corde, la rampe, et les bras forts qui te soutenaient;

Tu ne pensais qu’au vent sur tes joues, le vide sous tes pieds, et l’ivresse de la vitesse.

Ce soir-là au concert, c’est pareil.

C’est le moment de ressentir, de ne plus forcer ton sourire pour faire oublier les roues de ton fauteuil.

C’est le moment d’être charmant uniquement avec toi-même.

De libérer tes mouvements désordonnés, de les laisser s’exprimer.

N :

C’est ça. Ce livre, c’est Agathe qui rompt les liens. Les fardeaux. Les chagrins. Comme je l’ai fait en écrivant, en trouvant mon son. Ça oblige à se regarder en face. A se confronter aux miroirs. On pourra bien raconter ce qu’on voudra. Mais c’est ce qu’on a fait. Et Caroline Laurent, notre éditrice, le tenait devant nous avec son imperturbable sourire. Et nous qui nous cachions, nous qui n’osions pas, nous qui avions peur du regard et du jugement des autres, on s’est lancés comme deux inconscients qui découvraient leur force.

A :

…Qui découvraient leur force et qui assumaient enfin leur faiblesses.

Leur peine. Cet amour perdu.

De cette histoire avec elle, que tu prénommes « E », 

Tu en gardes le souvenir magistral du dépassement et de l’éblouissement.

Tu étais comme tous les autres amoureux du monde. Tu volais, l’Albatros existait déjà.

Tu en as oublié tes maux, tes limites, tu as pris des trains et effacé les frontières.

« Elle a été le mur du son que tu n’as pu franchir. »

 

N :

L’amour c’est ça. Celui que tu décris aussi. Je ne veux pas être scabreux mais cette amitié est une histoire d’amour absolu. Mystérieux, malheureux. Je crois que quand on aime, on est confronté à une énigme qui nous fascine. A l’inconnu. A l’étrange dans le regard de l’autre. A des tas de projections. Encore une fois c’est une affaire de reflets. La maternité, sans doute, incite à voir au monde des visages qui ne sont plus les nôtres. Découvrir tes enfants, c’est découvrir aussi l’homme de ta vie, c’est découvrir la réalité. C’est découvrir tout ce qui n’est pas toi. C’est aussi cesser de rechercher la résonnance et le repli sur soi. C’est accepter que le monde existe en dehors de nous. Tu décris l’enfance. Tu décris l’adolescence superbement. Mais surtout tu en décris la fin. La sortie. La prise de conscience et la perplexité qui vous envahit à l’âge adulte. La véritable nature de l’amour, son pouvoir ultime est d’atomiser toutes nos certitudes, tout ce qu’on croyait acquis, éternel, immuable. Quand on décrit l’amour, on décrit aussi la peur, la hantise et la fin des sortilèges. 

A:

Tu étais seul ce soir-là au concert, ce qui t’arrive rarement.

Cela t’a permis d’expérimenter la transcendance,

La possible communion de ton âme et de ton corps à travers la musique.

Comme ce jour avec l’Indienne, cette femme qui sans un mot a mis ses mains sur tes douleurs.

En fait, tu recherches le chant des sirènes et les prières des sorcières.

Tu t’agrippes à leurs longs cheveux gris et te hisses vers la vie.

Tu t’es perdu dans l’addiction des sensations, 

Et dans la communion des êtres, les mots sont venus te donner les réponses.

N :

Tes réponses à toi sont des moments de vie. Des phases. Là nous différons, je fais dans la métaphysique, tu fais dans les souvenirs. Les flashbacks. Moi aussi mais d’une autre façon. Mais toujours avec cet amour de la langue qui explose à chaque page. C’est pas les souvenirs d’une femme enceinte, c’est pas une rupture amicale, pas plus que l’histoire d’un handicapé qui raconte la séparation qui a changé sa vie. C’est de la littérature qui sauve. De l’art qui transcende. Qui permet de se lever le matin pour aller quérir un peu de beauté dans le regard des autres. Je crois que c’est ce qui nous relie toi et moi avant tout. Comme des compagnons, comme des semblables. Cette nécessité de l’écrire. Et la chance qui nous en a été donnée. Comme tu me l’as souvent dit, ça nous a unis comme un pacte de sang. Quelque chose d’important. Et pour tous les deux, il n’y avait rien de plus inespéré. Et de plus important que ces livres qui disent notre sensibilité, notre expérience de l’existence, notre violence, notre fièvre aussi.

 

A :

Oui je me retrouve dans cette nécessité fiévreuse. De vivre pour écrire.

Comme quand tu es rentré chez toi pour commencer ce livre.

Ce n’est pas un hasard si nous avons rencontré la même éditrice.

Aujourd’hui, nos romans nous lient à vie. Merci Nicolas d’être entré dans la mienne. 

Que l’Albatros continue son envol, bravo, infiniment.

N :

Merci de m’avoir donné ta main pour entreprendre ce vol ensemble. Notre rencontre est belle, précisément à ce moment de nos vies. N’arrête pas d’écrire et envoie les préjugés d’abrutis comme moi au diable. 

C’est beau quand on en revient.

Un monde nouveau de Anne Akrich

Un brin futuriste, caustique et audacieux, je finis à l’instant le 4ème roman d’Anne Akrich. Amateur de belle plume et d’humour grinçant ? Ne passez pas à côté de cette auteure. Si cette femme à la voix suave est d’apparence discrète et douce, méfiez-vous, car ses personnages incisifs vont vous décaper.

C’est l’histoire de #InFutureWeBelieve, start-up française dont tous les termes sont en Anglais, parce que c’est moderne, parce que c’est le monde de l’entreprise d’aujourd’hui. Pandore est au centre du roman, elle est « Hapiness manager », elle s’assure que tous les employés (pardon « les collaborateurs »), se portent bien. Elles s’entretient avec eux quelques instants, les évalue et propose des solutions à leurs éventuelles difficultés.

Qui sont ces 13 collaborateurs ? Treize individualités en quête de sens et perdues dans leurs contradictions. Ils travaillent tous dans ce minuscule open-space parisien, et sont des écolos vegan contrariés rêvant de sauver et parcourir le monde. À l’instar de Farid, ingénieur informatique, dont la passion secrète est de débusquer les profils accro à Netflix et leur envoyer des courriers plein d’empathie pour les sortir de leur solitude extrême.
Ce livre est construit comme un réseau social : les personnages sont connectés entre eux à travers le roman, comme si en cliquant sur un chapitre vous accédiez au profil d’une personne de l’entreprise. Ce livre est une sorte de Linkedin papier.

Où nous conduira ce monde nouveau ? Cette génération qui veut tout plaquer pour renouer avec le vrai ? Une chose est sûre c’est que ce roman nous interroge et nous secoue, nous renvoie à nos portraits de petites solitudes déshumanisées, ultra-connectées et en quête de sens. Ce roman satirique est le reflet d’un courant de pensée dont Pandore en est la clé. Une fin parfaite.

« On croit avoir fait le tour de la bêtise humaine. Et pourtant, on est toujours surpris. Un jour, nous serons tous aspirés par les images et les écrans du monde. Un jour, les simulacres l’emporteront sur les modèles, les créatures auront dévoré leurs créateurs. »

Amour Propre

Quand Sylvie Le Bihan m’a proposé de m’envoyer son magnifique roman à la prose grandiose (autant rompre le suspense d’emblée), elle craignait que le sujet me rebute, qu’en tant que mère neuve et enceinte je m’insurge devant Giulia la narratrice, elle qui remet en question la maternité et « regrette avoir eu des enfants ».

Mais qui de mieux qu’une mère pour en comprendre une autre ? 

Giulia, c’est une mère abandonnée qui abandonne. Pas au même âge, pas dans les mêmes circonstances, cependant avec le même fil conducteur : Curzio Malaparte. De lui, on connaît surtout l’architecture de sa maison à Capri, source de mille inspirations et excuses de voyage. De lui toujours, sa mère a laissé et annoté le roman « La peau » avant d’abandonner Giulia lorsqu’elle avait huit mois.

C’est dans ces moments-là, ceux où je me sens happée par le vide, qu’une mère me manque, ne serait-ce que pour lui en vouloir de m’avoir ôté l’enfance qui m’aurait construite autrement. En partant, elle a fait de moi une mendiante, une pouilleuse et ma faim d’amour, trop visible derrière mon masque de femme libre, faisait fuir les hommes, tous les hommes, même ceux que je ne voulais pas vraiment.

Alors à son tour, un jour de septembre, Giulia craque soudainement, ses fils à peine majeurs ont pris une décision qui l’a anéantie, reflet de l’inutilité de toutes ces années passées auprès d’eux à les éduquer et leur offrir la meilleure vie possible. Elle attendait secrètement qu’ils quittent enfin le nid pour se retrouver elle-même. C’est pourtant ce qu’elle va faire, en fuyant Paris pour découvrir Capri. Giulia est professeure d’italien et un ami universitaire lui propose de séjourner dans la fameuse Casa Malaparte pour rédiger un livre sur l’auteur défunt. 

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Elle va enquêter sur Curzio et se rapprocher au plus près des souvenirs de celle qui lui a tant manquée, en nous offrant une réflexion sincère et moderne sur ce que pensent les mères depuis toujours. La dualité permanente entre la mère et la femme est au coeur du récit et traitée avec justesse sans aucun mauvais cliché. Jamais je n’ai lu de mère aussi aimante que cette héroïne. Je n’y vois aucun malaise, c’est juste la peur de mal les aimer qui prédomine à travers ses pensées, et non pas une démonstration d’égoïsme.

Quant au style et à la narration, l’humour inimitable de Sylvie parfois ressurgit, comme ce passage hilarant et tellement réaliste au parc avec trois enfants en bas âge, mais c’est surtout une écriture envoûtante et extrêmement aboutie qui défile à travers les pages. C’est un voyage introspectif et coloré, dont la destination est la quête de l’apaisement. À lire !

Note à l’auteure :

Chère Sylvie, j’ai regardé cette journée défiler devant des légos et le toboggan du square, les mots sur ton livre se bousculaient dans ma tête et j’attendais fébrilement d’être à ce soir, enfants couchés, pour célébrer la sortie de ce très beau roman. Etre mère OUI, mais pas quand les romans sortent un mercredi !

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Il était une fois… la sortie de mon premier roman.

Il sort aujourd’hui, s’intitule Sous le soleil de mes cheveux blonds, et il est publié chez Stock, collection Arpège, dirigée par la merveilleuse Caroline Laurent, que je ne remercierai jamais assez.

Écrire a longtemps été un rêve, une ambition, un objectif que je remettais à plus tard. Et puis un jour, ça a été maintenant. Mélangez une douleur, une grossesse et une période de vie un peu chaotique, vous obtiendrez un premier roman, celui que l’on qualifie de « nécessaire ». Une petite phrase énoncée par une amie a ainsi donné le ton à 300 pages.

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De quoi ça parle ?

Je vous épargnerai la classification en roman de fiction / non-fiction qui m’a toujours agacée, c’est un roman, tout ce qui est vrai est faux et l’inverse l’est aussi. Réalité augmentée, imagination troublée, inconscient débordant, évidemment on écrit sur ce que l’on connaît, avec une liberté absolue.

On peut donc le décrire comme un roman d’apprentissage, retraçant la vie de deux amies adolescentes devenues femmes. Elles ne se voient plus, l’une a quitté l’autre, un jour, sans explication. À la faveur d’une grossesse, la blonde revient hanter la brune dans ses rêves, et une sorte d’enquête sur le passé commence pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Ce roman part ainsi de la douleur d’une absence pour explorer toute la palette des émotions que l’on expérimente à l’approche de l’âge adulte.

J’avais à coeur d’explorer ce thème, essentiel et fondateur que représente la jeunesse, c’est pour moi une tranche de vie déterminante. L’arrogance des certitudes, l’éveil de la féminité, ses premières découvertes et désillusions, conditionneront à jamais notre future vie de femme et de mère. Soirées de fête, métamorphoses, traumatismes, on oublie souvent la jeune fille un peu folle que l’on a été. Le point de vue narratif de cette époque est ainsi étudiée par le prisme d’une amitié inachevée, fusionnelle et destructrice. Petit à petit, les chemins divergent et les êtres se séparent.

Quelle répercussion ont les absents sur nos vies ? Comment se délivrer de ces fantômes vivants ? À quelle douleur originelle nous renvoient-ils ?

C’est un livre-délivrance, générationnel, qui mélange les rapports de coupable/victime, de bien et de mal, en essayant d’explorer toute l’ambivalence des personnalités. J’espère qu’il trouvera en vous quelques résonances et vous fera rire un peu aussi…

Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de Stock!  S’il vous intéresse, je vous recommande fortement de passer par votre libraire préféré plutôt que par A……

La genèse de la publication

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le parcours du combattant menant à la publication, c’est bien légitime et j’en ai longtemps fait partie… J’étais loin de devenir écrivain, perdue dans ma province bourguignonne, personne dans ma famille n’avait de relations avec le monde de l’édition… Il y a un an j’étais encore dentiste, métier hautement apoétique.

Heureusement, les réseaux sociaux sont là et il suffit de bien s’en servir. J’ai tout fait, tout découvert par Instagram. Je m’y suis inscrite pour renouer avec le monde des lettres que j’avais longtemps délaissé, faute de temps, faute d’études à finir et de vie à construire. Il y a trois ans donc, fin 2015, je me suis inscrite sur Instagram, pour découvrir la littérature contemporaine. Quels étaient les auteurs du moment, quelles maisons d’édition pour quel style… J’ai recommencé à lire, avec frénésie, boulimie, de plus en plus et j’ai décidé d’en parler. Au début je faisais la timide, je n’osais pas, puis petit à petit j’ai assumé, j’ai rédigé des chroniques, plus ou moins maladroites, une plume se travaille et je n’avais pas écrit depuis si longtemps, j’ai publié mes avis, le coeur battant. Quelle joie de partager mes coups de coeur avec des lecteurs et lectrices de France et de Navarre ! Je retrouvais soudain un sens à l’existence. Quand les premiers retours ont eu lieu « J’ai acheté ce livre car Agathe m’a donné envie », « Avant je ne lisais pas, mais depuis que je te suis je n’arrête pas » je me suis gonflée de fierté, j’avais trouvé une mission, peu originale mais sincère, partager ma passion, prescrire des moments de pur bonheur personnel : la lecture. Merveilleux refuge. Sans parler des milliers d’amis virtuels et passionnés que j’ai rencontrés, avec qui j’ai noué des liens très forts, et d’autres que je continue de découvrir chaque jour. Parmi des lecteurs, des auteurs, des libraires. Instagram est devenu incontournable et avoir vécu l’évolution du phénomène est assez passionnant et fascinant.

Puis Bookstagram s’est professionnalisé, les maisons d’édition se sont rendues compte de l’impact des blogueurs, petits mais nombreux, un jour j’ai reçu mon premier « Service-presse », la joie intense, le champagne à flots à la maison, je recevais un livre avant les autres ! Je n’étais pas peu fière… Mes proches m’ont toujours encouragée, mon amoureux le premier, même si personne ne savait où ça allait mener.

Un soir, en novembre 2017, une conversation-débat s’est engagée sur la transparence des prix littéraires, Sylvia Rozelier, auteure, a lancé l’idée, Créez votre prix, les blogueurs, Olivia de Lamberterie l’a appuyée. Je n’ai pas dormi de la nuit, j’avais trouvé une deuxième mission de vie : valoriser la communauté et la rassembler autour d’un Prix officiel. J’ai rédigé un règlement intérieur, simple et transparent, l’idée c’était de réunir sans cliver, donc pas de jury, pas de sélection, juste nommer deux titres de l’année, le nombre faisant la force, les votes se recouperaient. Avec une poignée de blogueuses motivées, dont mes chères @livresselitteraire, @loupbbouquin @aufildeslivres… nous avons réuni les troupes, organisé des votes et une première cérémonie. La première édition restera un des plus beaux souvenirs de ma vie. Comme l’a écrit Nicolas Houguet alias L’albatros, (qui sort également son premier roman dans quinze jours chez Stock), c’était une naissance. De voir tous ces sourires entre auteurs et blogueurs, heureux de se rencontrer a donné un second souffle à ma vie de blogueuse. Le Grand Prix des Blogueurs littéraires était né et se portait comme un charme. La deuxième édition le 1er février dernier a été tout aussi magique.

Parallèlement à tout ça, un peu avant la création du prix, en mars 2017, j’ai commencé à écrire un roman. Je l’ai fini fin 2017. Je l’ai envoyé à une dizaine de maisons d’édition, à l’aveugle, sans mentionner mon nom de blogueuse ni mes quelques connaissances, j’ai horreur de forcer le destin. Je n’ai eu aucune réponse positive mais la déception n’était pas très grande, j’étais déjà heureuse d’être allée au bout de ce projet, le point final m’ayant apporté énormément de satisfaction personnelle.

Comme tout vient à point à qui sait attendre, quelques mois plus tard, en avril 2018, j’ai lu le livre qui a changé ma vie. Il s’agit des Garçons de l’été de Rebecca Lighieri, envoyé par les adorables Julie Galabert et Laetitia Legay de chez Folio. Coup de coeur immense, je rédige une chronique assez « incarnée » qui me vaut un SMS de Caroline Laurent, jeune et talentueuse éditrice nouvellement nommée chez Stock. Je l’avais rencontrée grâce au Prix des blogueurs, car le hasard étant bien fait, son magnifique roman Et soudain la liberté coécrit avec Evelyne Pysier avait fini médaille d’argent de notre Prix, les blogueurs l’ayant adoré et plébiscité en masse.

Dans son SMS, quelques mots, elle a aimé ma chronique, comme elle aime les autres, et se demande s’il n’y aurait pas un livre prêt à naître… Dans la foulée je lui ai envoyé mon roman en PDF, et deux semaines plus tard elle m’annonçait qu’elle voulait me publier chez Stock. C’est là que le conte de fées a débuté. À partir de ce moment, je répéterai souvent qu’un livre publié est avant tout une rencontre entre l’auteur et son éditeur. Et à ceux qui veulent y parvenir : ne cessez jamais d’y croire.

Vos retours, vos chroniques …. Merci !!!!

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