Chambre simple

« Son mal couvait-il déjà pendant nos vacances, nos nuits et nos batailles ? Je n’ai pas voulu y penser et le voilà allongé dans une chambre simple. »

La crise d’épilepsie de Julien aurait pu lui être fatale. Il se réveille dans cette chambre d’hôpital le cerveau endolori, les souvenirs embués. Heureusement il y a Roman, son amour, tout près de lui chaque jour, le temps de la guérison. Pour éviter toute nouvelle crise, Julien doit rester allongé, horizontal et immobile, observer impuissant les jours et sa vie défiler, Roman à ses côtés.
Il semblerait que ce nouveau décor ne soit pas celui de leur première idylle. Petit à petit, Julien reconstitue le puzzle de leur relation avant la crise. Quelle terrible décision avait-il prise ?
Dans ce roman aux multiples narrations, où l’histoire d’amour d’un couple tend à se rejouer, aides-soignants et malades, les témoins fixes de ces murs blancs et de ces néons blafards, assistent impuissants aux combats de ses habitants provisoires.

L’amour peut-il subsister face à la maladie et à l’urgence de vivre ?

« Pour ressusciter notre amour il faudrait lui faire respirer un air plus frais, marcher dans les rues, prendre un avion, retourner à Athènes seuls au monde dans la maison tout en étages de Dora, boire du vin blanc glacé sur la terrasse, couper des arbres en Auvergne jusqu’à l’épuisement ou trouver une crique et baiser face à la mer en plein soleil, se lire des livres à voix haute enfoncés dans les herbes plus grandes que nous, dormir sous le pollen, filmer ce qui est beau tout autour de nos visages, juste ça. Il nous faudrait un vent sarde, une euphorie des retrouvailles et des plis chauds dans nos cous. »

Mon avis

Ce roman sensible est extrêmement poignant par ses deux thématiques : une maladie chronique et la fin d’un amour entre deux hommes.

Il interroge le lecteur sur le rapport temps/maladie « Que peut-on avoir de si urgent à faire quand on est en bonne santé ? » ainsi que sur le rapport amour/temps/maladie : ne pas avoir le temps d’aimer sereinement : la maladie apporte l’urgence d’aimer, de ressentir, de désirer. Dans ce rapport au temps les personnages annexes sont comme des marqueurs fixes permettant de situer chronologiquement deux personnages désorientés.

Friande d’histoires d’amours impossibles, j’ai été servie avec ce beau roman à la plume mélodieuse. En revanche, lire à propos de l’épilepsie était pour moi tout à fait inédit. J’ignorais totalement que ses victimes étaient hospitalisées si longtemps, le rapport à la mort est omniprésent et m’a beaucoup troublée, très peu d’optimisme dans ce roman sur l’issue de cette maladie, dont le pronostic semble plus létal que ce que j’en connaissais. L’auteur parvient pourtant avec poésie à décrire la maladie et ses symptômes, en témoigne l’extrait ci-dessous :

« Le premier signe est un vacillement léger et euphorisant. Comme un shot d’alcool blanc avalé à jeûn ou une grosse taffe d’herbe au réveil. Tout monte a la tête en ondes chaudes qui tendent les unes vers les autres et se superposent. L’étourdissement est presque agréable, la nano-seconde de la perte de soi. Des poussées électriques dans le cerveau, des implosion acides, des feux d’artifice qui chatouillent l’intérieur de la boîte crânienne. C’est étonnant. Un peu effrayant. La première fois que ça arrive, la première fois que tu sens le volume de ton propre cerveau, c’est déstabilisant, excitant, redoutable. Tu découvres que tu es capable de faire exploser cette myriade d’orties, cette centrale brûlante, ce petit mot lieu-dit, ces montées en vagues de mimosas et de nitrites. »

Le signe astrologique du roman

Si ce roman était un signe du zodiaque, il serait bélier !
Julien et Roman, les deux protagonistes du roman, par leur énergie et leur impulsivité évoquent le premier signe de feu du zodiaque, le bélier, le feu jaillissant, Feu-Follet. Le bélier aime par dessus tout le bruit, l’excitation, le danger, le sexe. Ce roman est extrêmement électrique, on ressent de l’énergie magnétique partout entre les lignes, une certaine impatience aussi, le bélier ne tient pas en place, il étouffe, il veut tout voir, tout savoir, tout connaître, il veut brûler la vie, rien ne le déprime plus que de rester enfermé, malade, dans un hôpital, alors que le monde entier l’attend dehors. Le bélier n’est pas réputé non plus pour être le signe le plus fidèle du zodiaque, une curiosité candide dépasse souvent principes et idéaux.
Le bélier est représenté par Mars : planète brûlante associée à l’énergie, la virilité, l’impatience ou encore la sexualité masculine (les hommes viennent de mars et les femmes de Vénus dit-on…)
Les natifs ayant un Mars dominant ou un excès de feu dans leur thème ne sont parfois plus maîtres d’eux-mêmes, leurs nerfs lâchent et ils perdent totalement le contrôle, exactement comme peut l’illustrer une crise d’épilepsie, d’où le rapport établi très vite avec ce signe.
Mais au fond, le bélier est un romantique, est c’est bien le parfum d’amour et d’eau fraîche qui se dégage de ce petit bijou de roman, sincère et sensible.

L’auteur : Jérôme Lambert

Né à Nantes en 1975 Jérôme Lambert vit aujourd’hui à Paris où il travaille dans l’édition. Il a publié deux romans adulte La Mémoire neuve (2003) et Finn Prescott (2007) aux éditions de l’Olivier et a écrit une dizaine de romans et albums pour la jeunesse, principalement à L’École des loisirs.

Le jour d’avant

« Je voulais respirer un ciel sans charbon, un horizon sans terril. Je voulais que cessent les bruits du jour d’avant. »

Le jour d’avant, c’est la veille de la catastrophe minière de Liévin où 42 hommes sont morts.
Le jour d’après, et tous ceux qui ont suivi, Michel a cessé de vivre, ou alors il n’a vécu que dans les souvenirs de son frère et de son père défunts.

Quarante ans plus tard, un troisième deuil le frappe, celui de sa femme, celle pour qui la vie avait eu un semblant d’attrait, pour qui il voulait bien mettre ses démons de côté.

N’ayant plus rien à perdre, il reprend l’enquête là où il l’avait laissée, en 1974. Devenu parisien, il renoue avec sa région et le vocable d’antan. «Les gueules noires », « le grisou», « les galibots », « descendre au fond », ces mots sont ceux de générations entières nées et mortes autour des bassins miniers. Les accidents et la silicose qu’entraînaient le travail à la mine en faisaient tout autant la fierté de ses travailleurs.
La catastrophe n’a jamais été jugée, et si quelques hommes politiques en ont fait des discours, Michel prétend connaître le coupable, l’assassin de son frère.

Un procès va alors commencer, mais lequel au juste ? Celui des victimes ? Celui des responsables de la sécurité d’alors ? Celui de Michel qui semble réparer quelque chose ?

Avec une totale maîtrise des corons et de la Cour d’assise, Sorj Chalandon offre un roman riche, émouvant, documenté, haletant. Difficile de ne pas s’incliner devant ce livre talentueux, intéressant, psychologique et parfaitement rythmé. Je le remercie volontiers car des corons je ne connaissais que la chanson de Pierre Bachelet, et sans un roman aussi bien écrit j’aurais sans doute passé ma vie à ignorer l’histoire des bassins miniers du Pas-de-Calais. Un livre que je recommande à tous, et qui plaira aux hommes.

Le signe astrologique du roman

Bélier ! Un signe de feu assurément pour ce roman où le grisou frappe sans prévenir.

Le bélier symbolise l’action, par Mars, le dynamisme, la force, le courage ! Joseph, le frère du narrateur, viril, sûr de soi, drôle et bon vivant m’a immédiatement fait penser à ce signe. Car fier de sa région, de son métier, malgré la difficulté de la tâche, prompt à se lever à 4h30 du main et défier la nature.

Un autre personnage du roman, l’avocat général, dont le discours m’a totalement subjuguée, (certainement un de mes passages préférés du roman),  m’a également fait penser à ce signe, impulsif, flamboyant, charismatique, le feu qui rayonne, qui envoie, qui assassine aussi, sans pitié…

Extraits

« Lorsqu’il remonte au jour, le mineur n’est qu’un survivant. Même s’il est décrassé, il rapporte le charbon en surface. Il lui en reste dans les cheveux, dans le nez, au coin des yeux, entre les dents. La mine a pris la place de l’air dans ses poumons. Le mineur n’est pas mort, non. Mais il sait que la mort l’attend. »

« Si on fait trop de sécurité, on ne fait pas de rendement. »

 

minier

Ce livre est un superbe hommage aux gueules noires…

Par amour

belier

Confession de l’auteur :

« Ma mère, Havraise, parlait peu de la guerre. Je devinais pourtant qu’elle avait vécu l’enfer. Un jour, j’ai saisi les raisons de ce silence. La ville n’avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Des enfants, par centaines, parce qu’on souhaitait les protéger, avaient été arrachés à leur famille et évacués, pour certains jusqu’en Algérie.
Alors j’ai voulu comprendre. Ce que j’ai découvert m’a éclairée sur ce qu’est le courage, l’abnégation, et sur l’amour qui n’évite ni les désastres, ni les chagrins, mais éclaire les routes lorsque tout s’effondre. L’amour se dessine comme le seul élément, la dernière richesse qu’aucun ennemi ne pourrait enlever à ceux qui luttent. Il est le terreau des plus belles récompenses et des plus grandes émotions. Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. C’est ce que nous révèlent les personnages de ce roman. »

Le signe astrologique de ce roman

Un signe de feu assurément car le roman est à feu et à sang : parmi les trois signes de feu (bélier, lion, sagittaire) le bélier représente le mieux ce roman: l’esprit de conquête, le feu qui jaillit, l’imprévisible, l’indomptable. Le bélier est régi par la planète Mars, la planète rouge, la planète de la guerre par excellence…
Le bélier est aussi le premier signe du zodiaque et cette position lui confère l’instinct de survie, sentiment qui ne quitte pas les personnages de ce roman…

Le roman

Par amour est le récit déchirant d’une famille havraise durant la seconde guerre mondiale.
Tout ayant été détruit, l’auteur a du faire un travail de fourmi et de recherches dans les rares archives pour romancer ce qu’ont dû vivre les familles de l’époque.
En effet, dans ce récit, deux soeurs, leurs maris et leurs enfants se relaient la narration pour nous raconter la vie qui fut la leur durant cette période au Havre, ville stratégique pour les frappes militaires anglaises et allemandes.

Tout commence par la mobilisation, et puis l’exode. On ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de faire un parallèle avec les migrants syriens d’aujourd’hui. L’extrait suivant m’a semblé être un beau message pour nous :

« Personne n’est préparé à tout quitter ainsi, à devoir inventer les moyens de survivre, quand, le jour d’avant, tout était si parfaitement ordonné, le linge sale dans son panier, le linge propre dans son armoire, la soupe sur la cuisinière, les draps repassés, la journée planifiée. Lorsque les premiers convois avaient sillonné la ville, nous avions murmuré : Pauvres gens, à nous cela n’arrivera jamais! »

Puis vient la capitulation du Maréchal, l’été 1940. Le sentiment d’échec, l’orgueil bafoué des hommes. La soumission du peuple :

« Il n’y avait plus d’endroit ou d’envers, de tort ou de raison, de bon ou de mauvais côté : tout cela venait de disparaître dans le fracas de la défaite. Désormais, il y aurait seulement la vie et la mort. »

Tout au long du roman, les bombes sifflent et les sirènes hurlent. La résistance s’installe.

« Les bombardements commençaient vers vingt-deux, vingt-trois heures, parfois, c’était plutôt à l’aube, il fallait courir jusqu’à la tranchée abri et là bas, papa nous faisait jouer aux petits chevaux pour que l’on oublie les tremblements et les explosions. »

Comment l’âme peut-elle supporter un pareil stress, un tel traumatisme, les rationnements, et surtout les séparations familiales? Car pour être protégés, nombre d’enfants étaient envoyés en Algérie pendant une à plusieurs années. Et toute communication était coupée. Comment faisaient les femmes pour ne pas mourir d’inquiétude, leur homme au front, les enfants sur un autre continent, dans la crainte perpétuelle d’apprendre la mort de l’un ou de l’autre?

«J’avais honte. Honte d’être une mauvaise mère, tout juste bonne à se laisser glisser malgré l’amour que j’éprouvais pour mes enfants, malgré leur émouvante métamorphose, malgré l’espoir qu’ils portaient vaillamment en eux. »

Et se dire que c’était il y a si peu de temps…

« Comment était-il possible que le monde soit assez fou pour plonger à nouveau dans le sang, après l’horreur que nous avions vécue, moins de vingt ans en arrière? »

Sans dévoiler le reste du livre, se succèdent par la suite nombre de péripéties qui nous tiennent en haleine durant tout le roman, des dissimulations, des mensonges, des déchirements, mêlés aux évènements historiques que l’on connaît, comme la déportation des Juifs, lancée à bas bruit, déjà assassinés quand le peuple se demandait à peine ce qu’il se passait avec eux.

« Non vraiment, cette rumeur était folle. Selon moi, les Juifs étaient les victimes d’une opération avant tout économique, la guerre coûtait cher, il fallait remplir les caisses et trouver des bras. »

Et puis la libération du Havre, après la destruction totale de celle-ci par l’armée anglaise. Comme un traitement pour le cancer, on tue toutes les cellules pour guérir. C’est le cas ici, pour gagner la guerre, les anglais ont du raser la ville pour être sûrs de tuer tous les allemands. (Et une autre hypothèse de l’auteur tout aussi intéressante à la fin du roman…)

Il n’y a pas eu de cris de joie, ou si peu. Nos gorges étaient trop serrées pour acclamer nos libérateurs, puisqu’ils étaient aussi nos assassins.

On se sent tellement petit, tellement honteux… et tellement heureux dans notre vie après la lecture de ce roman! Juste avoir ses proches près de soi, n’est ce pas l’essentiel? Le traumatisme de cette guerre est tellement immense, le sentiment de gâchis omniprésent. Combien d’enfants n’ont pas eu d’enfance, combien de femmes ont perdu leur mari, combien d’hommes ont perdu leur honneur…

Mon avis

J’ai été complètement conquise par la plume de l’auteur. Douce, progressive, juste, syntaxe parfaite…
Larmes aux yeux inévitables par moments, mais  le but de l’auteur n’est pas insister sur l’horreur.
Le travail de recherche derrière le récit est omniprésent : plus qu’un roman, un document ! À lire!!

Citations du roman

La vie est ainsi, m’avait confié papa. Le monde est une roue qui tourne vite, à peine es tu en haut, que te voilà déjà en bas.

Si tu n’attends pas les belles choses, comment veux tu qu’elles se produisent?

On tombe toujours plus vite que l’on se relève.

 Auteur

Valérie Tong Cuong est née en 1964. Elle a étudié la littérature et les sciences politiques, puis passé huit ans en entreprise avant de se consacrer à l’écriture et à la musique. Ses livres sont traduits dans dix-huit langues.

Les nouveaux amants

belier

Extraits choisis

« Un matin, bien malgré vous, peut-être pénétrerez-vous volontairement, le sourire aux lèvres, au coeur de votre malheur. L’immoralité sera alors à l’aise dans votre existence. Vous briguerez soudain, avec honte, tous les vices romantiques. Si cela vous arrive, disgracié autant que vénéré, brimé autant que comblé, vous vous réjouirez de votre douleur, le mal sera l’objet de votre désir et vous connaîtrez tant de joie dans votre peine que vous serez malade avec délice. »

« On ne peut qu’aimer follement une folle ».

Résumé

Les nouveaux amants raconte l’histoire d’un metteur en scène de théâtre, Oskar Humbert, marié à Anne, qui va rencontrer sur internet une certaine Roses, jeune femme de 25 ans métisse et aussi folle et passionnée que lui. Il va rédiger ainsi sa pièce de théâtre en fonction de son histoire adultère et virtuelle.

Le nouveau narrateur passionné version 2.0 d’Alexandre Jardin a désormais à sa portée de grand romantique les réseaux sociaux et le smartphone! Il va donc se servir de Skype, de Twitter, et prendre des selfies…

Avis

Le résumé s’arrête ici car il n’y a rien à dire de l’histoire. Les seuls rebondissements de ce soap opéra sont qu’Oskar et Roses se quittent une page sur deux. Leurs conjoints respectifs souffrent, sa femme est prête à tout pour le récupérer… L’histoire aurait pu au moins rester virtuelle, ce qui aurait fait un exercice de style original dans notre société accroc aux réseaux, mais l’auteur n’a pas pu s’empêcher de faire frotter son narrateur à la jolie métisse et lui faire réaliser ses fantasmes d’homme mûr : fellation avec mots crus dans les coulisses, triolisme, le tout dénué d’érotisme.
En bref, Alexandre Jardin a complètement régressé sur ce roman, pourtant son dernier roman Juste une fois, m’avait plutôt plu, l’histoire était construite, les personnages et les lieux aussi. La crise de la cinquantaine, loin de lui assurer une sagesse et un angle philosophique original de notre société, a ôté toute humilité et délicatesse à notre romantique national! Dommage de gâcher une si jolie plume et un vocabulaire si vaste.

Le signe astrologique de ce roman

Bélier, mais surtout pour les mauvais côtés de ce signe qui regorge pourtant de qualités !
Le narrateur, Oskar, metteur en scène, a une personnalité très assurée, idéaliste avec un ego puissant. Il est impulsif, égoïste, et menteur.
C’est marrant, Bélier est aussi le signe de l’auteur, mais je n’ai pas fait exprès…
Auteur

Alexandre Jardin, né le 14 avril 1965 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain, cinéaste et pamphlétaire français.
Ses oeuvres principales sont Bille en tête, Fanfan, Le Zèbre ou encore le roman des Jardin.
En tant qu’écrivain, ses principaux thèmes sont l’amour à la Feydeau et la pédagogie. Il aborde la peur de la monotonie et le regain de la première flamme amoureuse. Des enfants émerveillés sont souvent mis en scène.

Un Homme dangereux

belier

L’auteur

Emilie Frèche, écrivain engagé dans la lutte contre l’antisémitisme, intervient régulièrement sur les plateaux télévisés, notamment pour l’affaire Ilan Halimi, dans laquelle elle a contribué au scénario pour l’adaptation cinématographique.
Emilie Frèche dit qu’elle écrit pour se « libérer ». En quelque sorte, elle exhorte sa colère, sa rancune. l’écriture est pour elle un exutoire.

L’histoire 
Ici, l’héroïne, juive comme l’auteur, et dont le couple bat de l’aile, tombe sous le charme d’un écrivain de mauvaise vie, malgré les mises en garde de son entourage. Cet homme n’aime vraisemblablement ni les femmes ni les juifs et se révèle impuissant et pingre.
J’ai fait une petite enquête sur internet car je ne connais pas les cancans du milieu littéraire, et il paraîtrait qu’Emilie Frèche se serait ainsi vengée de Patrick Besson vraisemblablement antisémite.
Au delà de l’aspect vengeance qui a suscité une mauvaise critique, celle du très désagréable Baptiste Liger (qui ferait mieux d’essayer d’écrire un roman que de soutenir les antisémites) ce roman nous amène sur des terrains politiques, mais aussi conjuguaux, et sur celui de l’écriture.

Le signe astrologique du roman

Cet homme intelligent et « dangereux » rassemble tous les éléments caractéristiques du bélier : impossible de l’ignorer, il est doté d’une personnalité assurée, idéaliste et dirigée par un ego puissant. La subtilité n’y joue aucun rôle. D’une nature indépendante, comme le personnage du roman, il peut se montrer manipulateur et assez menteur. Enfin, le bélier n’a pas de scrupules à mettre en danger la sécurité d’autrui.

Extraits choisis

« Je pouvais rire, boire, manger, sourire puisque la voix de Benoît était encore dans mon oreille,  et le plus extraordinaire dans tout cela, c’est qu’Adam ne se doutait de rien. Mais alors de rien du tout! Comment le pauvre, aurait-il pu se douter de quoi que ce soit? Une femme heureuse se sent si peu coupable. »

« Maintenant que tu as vraiment quitté ton mari, on va pouvoir parler. je veux que tu deviennes ma femme. je t’aime, je veux vivre avec toi, mais avant, il faut que tu les laisses à leur père, je te dis ça pour leur bien. Ils partiront vivre pour Israël, ce sera beaucoup plus simple, et tu iras leur rendre visite pendant les vacances. »