Le presbytère

Roman glaçant… À quel point peut-on être hors du monde ?
Années 70, un jeune médecin installe sa jeune épouse dans un ancien presbytère et lui fait quatre enfants.
Pas de scolarisation, pas de télévision, le père veut leur donner la meilleure éducation qu’il soit, les initie à la musique, la mère organise des représentations théâtrales. Le couple accueille même charitablement Tanguy, un jeune homme en difficulté ayant subi des sévices plus jeune.
Pourtant, petit à petit, derrière la famille parfaite, l’ambiance anxiogène et les non-dits deviennent omniprésents.

L’auteur parvient avec brio à ne rien dévoiler, les portes des pièces de la maison se referment devant nous et l’on devine à demi mot ce qu’il s’y passe, jusqu’à la révélation finale. Là où Ariane Monnier excelle, c’est dans le sous-entendu, on ressent le silence pesant, et l’on est pris malgré nous dans cette lecture, attendant avec impatience la confirmation du pire.
Un roman bien mené, dénonçant la fausse bourgeoisie et l’atroce hypocrisie des gens biens.
Entre Chanson douce pour la construction du roman et le dernier Summer pour le thème et « le lac », cette eau qui remonte dans les yeux de Manon, la petite fille du roman. Un roman dérangeant, mais interpellant.

Le signe astrologique du roman

Gémaux, pour la double nature des personnages de ce roman. Le gémeaux peut être brillant et charmant puis tout à coup devenir morose ou acerbe l’instant d’après. Le gémeaux représente la dualité, la versatilité, la superficialité aussi, comme cette mère qui se met des oeillères énormes, et se change trente fois par jour. Le gémeaux est un être intelligent mais parfois hypocrite et impatient.

L’auteur

Ariane Monnier est docteure en anthropologie. Elle est l’auteur d’une thèse intitulée « La reconstitution des faits dans le procès d’assises : anthropologie d’une performance » soutenue en 2014.
Elle a publié un essai, « Les procès Colonna, Chaïb, Bissonnet. Anthropologie de trois affaires judiciaires » (Éditions du Bord de l’Eau, 2017).
« Le presbytère » (2017) est son premier roman.

Extrait

Chaque semaine Tanguy vient pour le cours de français. La porte est ouverte. Il entre, parmi d’autres visiteurs. Balthazar et Sonia aiment accueillir, ils ne veulent pas que leur maison soit fermée au monde, ils veulent en faire un lieu de fêtes, de musique, de spectacles.

Un jeune homme prometteur

« S’ils savaient écrire, les assassins feraient d’excellents écrivains. Ils ont de l’imagination à revendre et du temps à tuer. L’inverse n’est pas sûr. Il y a un précipice entre tirer à la ligne et à bout portant. Les jours du tueur sont comptés. L’écrivain prétend à l’immortalité. Je suis le trait d’union originel entre ces deux mondes. C’est par les meurtres que je suis entré en littérature, mais la littérature me les a inspirés. »

Le roman

Orphelin de naissance et quitté par Marie, le narrateur quitte son terroir, sa mémé et son grand frère bagarreur pour la capitale, afin d’exécuter sa vocation : écrire.
Il devient rapidement journaliste free-lance et rencontre le milieu littéraire qui le déçoit : ce sont tous des imposteurs. Il part à la recherche de sa mère, se fait virer du journal, tombe en dépression… jusqu’au jour où son grand-frère débarque. Il veut le débarrasser de ses démons, de Marie qui est revenue, l’aider dans son combat intérieur. Pourquoi veut-il l’aider ? D’où vient-il? Peu à peu le poète maudit entre en guerre avec ses origines, des Pyrénées à Bangkok avec Paris en toile de fond, le récit devient une quête identitaire flirtant avec les limites de la folie.

« Et après avoir visité le bout du monde, vous avez fait quoi?
– Je suis revenue. (…) Je te demande de prendre garde. Regarde dans quoi tu trempes ton coeur.»

Mon avis

D’un style très soigné, cruel et poétique, Gautier Battistella mélange avec subtilité fiction et auto-fiction. Quel est le faux du vrai? Quand tout paraît autobiographique, il renverse la situation et décide d’inventer la suite de son existence. La narrateur quand à lui manie son passé névrotique avec brio, et l’on finit par comprendre avant lui ce qui est en train de se passer… le lecteur se sent ainsi intelligent et valorisé. J’ai trouvé la troisième partie un peu trop longue et glauque mais le roman reste cependant excellent, un thriller psychologique littéraire brillant.

Laissez-vous tenter par les promesses de ce jeune homme…

Je suis entrée en littérature par la porte de derrière, j’en sortirai par la porte principale.

Le signe astrologique du roman

Gémeaux… Pour la dualité entre le narrateur et son frère. Pour ces deux facettes opposées de leur personnalité. La cruauté, la méchanceté d’une part, la douceur ambitieuse, l’amour des mots de l’autre. Cette gémellité angoissante nous prend aux tripes durant tout le roman… en dire plus révèlerait la fin du roman, lisez le!

Faire du mal ne veut pas forcément dire être méchant. Je crois même que la plupart du temps on fait du mal sans le vouloir, pour le bonheur de quelqu’un d’autre.

Citations et extraits

Chaque nouveau soleil est un cadeau.

Faites-les parler d’elles, elles croiront qu’elles vous aiment. Maupassant.

Les corps sont maladroits la première fois. Ils font l’amour en rougissant. Ils miment des gestes qu’ils croient connaître, se trompent, tâtonnent, impatients. Marie riait. Quand elle a cessé et m’a regardé, surprise, avec ses grands yeux comme des lunes, j’ai su que j’avais touché au but. Des scènes d’amour, j’en avais lu des centaines, mais quand ça arrive pour de vrai, ça coupe le souffle. (…) Bien que son corps fût plus petit que le mien, il m’enveloppait.

Je n’étais pas triste, j’étais absent. Je négociais mes nuits au bar des Artistes, mais l’alcool n’enivre que ceux qui cherchent à disparaître : je voulais revenir.

Grande Section

gemeaux

Les confidences d’Hadia…

Avec Hadia, on s’est rencontrées sur Instagram. Elle s’est abonnée à mon compte car elle aimait les livres. Un jour, elle apprend que comme elle je suis dentiste. Nous sommes toutes deux agréablement surprises de notre rencontre virtuelle… Les dentiste férus de littérature ne courent pas les rues ! Depuis ce jour, la liste de nos points communs n’en finit pas de s’allonger. (Evidemment, elle est taureau comme moi). Je lui demande si elle a participé à la manif des dentistes, elle me dit qu’elle avait d’autres projets à finaliser. Elle finit par m’avouer qu’elle va publier un roman chez Lattès dans quelques mois. Un tourbillon de joie s’empare de moi tellement je suis contente pour elle. Je réalise alors qu’ Hadia Decharrière va être bien plus qu’une insta-rencontre…

« Hadia, je serai ta première lectrice, c’est génial, une dentiste écrivain ! Tu confirmes ce que j’ai toujours pensé : écrire permet de tout supporter.

_ Ecrire soigne tous les maux. Sans doute ce genre d’histoire te permet de confirmer des envies que tu aurais envie d’accomplir mais que tu réfrènes par soucis de réalisme… Je pense aujourd’hui que réellement, tout est possible dans la vie. Même les choses qui paraissent inatteignables.

_ Tu dois être tellement heureuse ! Tu es sur le projet depuis longtemps? Tu écrivais avant?

_ J’ai toujours écrit, mais sans jamais ressentir la volonté de publier. Qui étais je d’ailleurs pour oser imaginer que mes textes avaient de la valeur?

_ J’imagine que tu ne veux pas me révéler tout de suite de quoi parle ton roman?

_ Le livre qui va être publié vient d’un texte que j’ai écrit vite, un texte cathartique qu’il me fallait sortir.

_ Comment tu as sauté le pas pour entrer dans une maison d’édition?

_ Je ne l’aurais jamais fait sans une amie. En fait, je faisais lire mes textes à mes amies, et un jour, une d’entre elles, Priscilla, m’a dit qu’il fallait que je me fasse publier. On s’est démenées, et de fil en aiguille, j’ai fini par obtenir un rendez vous… Le contrat a été signé, tout s’est passé à toute vitesse. Je ne réalise pas… »

Et puis le livre a été imprimé, Hadia me l’a envoyé quelques jours avant le lancement. Je l’ai lu d’une traite. Son histoire m’a touchée, la tournure de ses phrases et la fluidité de l’écriture m’ont vraiment conquise. Le jour du lancement, je suis allée à Paris pour enfin la rencontrer.
Libraire Fontaine… Je la rencontre enfin, on s’embrasse avec émotion. Après plusieurs centaines de dédicaces, j’ai enfin pu lui poser toutes les questions qui étaient venues m’assaillir après la lecture…

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« Ta syntaxe est superbe. Combien de temps as-tu passé à travailler tes phrases? Et où as -tu trouvé tout ce temps?

_ Oh pas si longtemps ! En fait ce sont les mots qui viennent à moi, j’écris d’un jet. Je ne relis quasiment jamais ce que je viens d’écrire. J’ai écrit quand j’avais un moment, au café par exemple, quand j’attends ma fille à son cours de théâtre. Je n’écris jamais les soirs, je suis trop fatiguée par le cabinet !

_ La couverture est superbe… Est-ce toi qui a choisi la gravure en bas?

_ Oui à la base je voulais un drapeau syrien et américain, mais bon… On a plutôt opté pour cette petite fille. Il y en avait deux à bicyclette, j’ai choisi celle qui regardait vers la gauche, vers son passé.

_ Comment ta maman a-t-elle accueilli le roman? Cela n’a pas remué trop de souvenirs chez elle?

_ Très bien, au contraire. Elle m’a dit quelque chose de très beau, qu’elle ne savait pas « que je savais faire ça… ».

_ Et toi, as-tu senti le pouvoir libérateur des mots, t’es-tu sentie mieux après avoir écrit ce texte?

_ Oui, surtout avec la deuxième partie, « Parenthèse américaine. » Personne ne m’avait jamais reparlé de cette période. Ecrire dessus m’a fait beaucoup de bien. J’ai retrouvé mon oncle sur facebook et c’est lui qui m’a appris tout ce que j’ai écrit dans le roman. Mes souvenirs étaient flous…

_ As-tu d’autres projets d’écriture en cours?

_ Bien sûr… d’ailleurs mon deuxième roman attend sagement, sur le bureau de mon éditrice… »

Le roman

Comment les choses que l’on avait si bien enfouies nous reviennent-elles? Pour la narratrice, la rentrée de sa fille en grande section fait apparaître des réminiscences de son enfance. Un crayon HB acheté pour la rentrée et ses souvenirs des années 80 ressurgissent. Que s’est-il passé cette année là pour qu’elle ait autant envie de pleurer?
Nous voilà à ses côtés, à voyager dans sa mémoire et visionner les clichés Kodac de son enfance, le clip de Thriller en fond.
Née à Koweït de parents syriens, elle déménage trois fois en cinq ans. Koweït, Cannes, Damas, puis San Diego, près de Los Angeles. Puis elle rentrera en France, à Paris, où elle grandira.

Au départ, son père est dans « les affaires », fait construire une villa à Cannes, et sa famille fait ainsi partie des privilégiés du Proche Orient installés sur la côte s’azur.

Les Syriens et les Libanais qui avaient les moyens s’y construisirent une vie en tout point semblable à la leur, les bombes en moins.

Malheureusement les affaires en famille tournent mal, et son père se voit contraint de les faire déménager et de retourner en Syrie. Ils restent alors deux ans en Syrie, la narratrice découvre la culture arabe, elle entend les appels du minaret comme une musique car elle n’est ni croyante ni pratiquante. La nourriture est abondante, odorante, et les femmes sont très habillées.

A Damas, les épouses sont comme des princesses, ça brille et ça scintille dans tous les sens, le minimalisme n’est en aucun cas de rigueur. Il faut du bleu sur les yeux, du rouge sur les lèvres, il n’est pas question de faire un choix, il faut laisser derrière soi un envoûtant sillage de musc et de gardénia.

A Damas, elle est heureuse, sa vie ne change pas trop de Cannes, « sa vie cathodique est riche » et l’école est française. Mais déjà il faut déménager. Son père projette de nouvelles affaires, croit au rêve américain et les emmène à San Diego. Ce sera la parenthèse américaine, celle qui emportera celui qui y croyait tant. Son père ne fera jamais affaire là bas puisqu’il y mourra.

Mon papa ne va pas mourir dans le pays qui l’a vu naitre, mais dans celui qui aurait dû être le témoin de son ascension.

Que reste-t-il de l’enfance quand on a été arrachée à tout? A son pays d’origine, à ses frères et soeurs, à son père? Que reste t-il quand on a connu les trahisons familiales, la maladie paternelle, la dépression maternelle?

Il reste tout. Tout à reconstruire, tout à aimer. La narratrice se met à nager comme une folle, et après quelques années de pause, c’est la natation qui la fera replonger dans ses souvenirs…

Les années qui suivirent sa mort j’ai nagé comme une star. Puis le 19 mai 2014, comme un exquis cadeau d’anniversaire, Molitor renaquit, et les premières photos du bassin qui circulaient sur internet constituèrent un parfait prologue à ma future immersion dans le passé.

Elle ne veut surtout pas que sa fille connaisse la même Grande Section qu’elle. Elle veut la protéger des excès, des voyages, elle veut pour elle une enfance stable, pleine d’amour et de tendresse. Elle ne veut pas qu’elle grandisse trop vite, veut la porter jusqu’à la crampe, profiter de chaque instant avec elle.

Désormais, j’aime les entre deux, ces moments qui me parurent stériles et inutiles jusqu’à présent, ces instants ennuyeux qui ne le sont pas, et que j’apprendrai à considérer comme les fondamentaux de ma vie. Je n’ai pas hâte qu’elle fasse ses nuits, je veux profiter de chaque seconde du silence qui règne quand elle m’appelle pour soulager sa faim, ce silence qui n’arrive jamais en ville, plus de voiture, plus de voisin, il est 3h du matin et je n’ai pas de frisson, je fais ce qui me plaît, je suis seule avec elle; et quand son papa nous rejoint, nous sommes si bien que le monde entier peut crever, j’en ai rien à faire, j’ai tout ce dont j’ai besoin.

Mon avis

Un premier roman a quelque de chose de commun au premier amour. Une émotion particulière, quelque part entre le frémissement et la sensation d’absolu.

Ce livre touchant à la plume impeccable nous parle du déracinement des êtres et des cicatrices que l’on maquille, de la tristesse que l’on cache et qui nous rattrape toujours. Ce roman est un voyage, le pèlerinage d’une enfance volée, une déclaration d’amour au père trop vite parti.

Les questions soulevées par le roman

La narratrice apprend à 36 ans que son père avant de mourir avait projeté de monter une clinique dentaire avec son beau-frère. Celle qui a choisi dentaire deux semaines avant le bac, alors que son dossier pour la prépa HEC était prêt, n’avait jamais pu expliquer ce choix et tombe des nues en apprenant les projets de son père à l’époque. D’où sa question pertinente :

La vie est-elle une succession de choix conscients, où sommes-nous contraints par nos souvenirs inconscients à privilégier certaines décisions, certaines rencontres?

En effet, lorsque l’on croit tout contrôler, tout diriger, l’inné ou l’enfance ont déjà presque tout déterminé…

Hadia parle également de l’émigration, du Proche-Orient qui a changé, de tout ce qu’on déracine quand on déménage loin de ses origines et de l’espoir qui l’accompagne :

Normalement, quand on change de pays, on est accompagné de l’espoir d’y trouver un futur meilleur. Que l’on y soit contraint ou qu’on l’ait envisagé en toute liberté, vivre ailleurs ouvre de nouveaux horizons et donne naissance à des possibilités inédites.

Le signe astrologique du roman

Gémeaux… Comme le père de la narratrice. Ayant également un papa gémeaux, j’ai immédiatement saisi le portrait de celui du roman. Un être positif, débordant d’idées et d’énergie, et surtout malin. Doué pour les affaires. Le genre d’homme qui n’a pas forcément besoin de faire d’études, qui comprend vite et qui a un bon flair. Qui aime les belles choses, qui aime le luxe, qui assume sa famille, qui part tôt au travail sans se plaindre, parce que ça marche, parce que le Gémeaux est un très bon travailleur. Un gémeaux vit avant tout pour son épanouissement professionnel.
De plus, quand on arrive vers 40 ans, notre ascendant prend le dessus sur notre signe solaire. Ce qu’Hadia ne sait peut-être pas, c’est qu’elle est ascendant gémeaux…

Mais tu aurais dû le savoir papa, les affaires en famille ne sont jamais bonnes, tu t’es laissé embarquer dans leur business, tu as accepté d’en prendre la tête. Tu as permis à mes oncles de gagner un fric insensé, de rouler en Rolls… Tu as fait le job, mais toi, tu ne partages pas leur mode de vie, et ton indépendance est devenue trop encombrante. Pas de bol mon papa chéri, tes tontons t’ont flingué.

Un beau roman, à lire, bien évidemment!

Les indociles

gemeaux

Auteur 

Murielle Magellan

Résumé

Olympe Delbord est une galerie reconnue, séductrice et libre. Passionnée d’art et extrêmement douée, elle s’est constituée très tôt un réseau d’artistes et de professionnels qui l’admirent et la redoutent. Olympe n’a pas d’homme dans sa vie, ou plutôt beaucoup d’hommes. Elle les séduit, les manipule, et les jette. Elle a eu une enfance difficile, les sentiments ne sont plus pour elle.

Jusqu’au jour où elle tombe sur Paul… Paul est un être simple, pur, marié, des enfants, une vie réglée, un salaire raisonnable. Paul est fidèle et droit. Et tout cela déstabilise Olympe dangereusement…

Parallèlement, elle découvre par le biais d’une stagiaire gitane un peintre méconnu, Claude Solal, déjà âgé, extrêmement talentueux mais aigri.

Se succèdent dans ce roman ses entretiens avec Paul, qu’elle se résigne à prendre en ami, et Solal, qu’elle doit convaincre de peindre pour une future exposition.

Et si Olympe ne réussissait pas, cette fois ci, à garder le contrôle sur tout? Sur ses sentiments, et sur la créativité des autres?

Mon avis

Quelle tristesse de finir ce roman et de quitter ses personnages!! On adore Olympe, cette femme intelligente, riche, belle, et surtout libre, inclassable, et indocile! On aime son milieu artistique, sa répartie, son insolence, sa chambre, ses cigarettes, son parcours, son Paris! On adore comme elle nous parle de ses œuvres d’art et des humeurs des artistes… et surtout on adore comme l’amour la surprend et l’étourdit alors qu’elle le prend pour de l’amitié… On aime quand Paul lui demande « ça vous arrive souvent, d’être sur le point de vous évanouir? » On aime cette ambivalence de la femme ambitieuse séduite par un homme « ordinaire », et la perte de contrôle qui en découle.

Le signe astrologique de ce roman

En refermant ce roman je me suis dit qu’il était un de mes préférés de la rentrée littéraire 2016. Je ne pensais pas si bien dire quand j’ai réalisé que son héroïne avait tout du Gémeaux, qui est aussi un de mes signes préférés…

Gémeaux pour l’ambiance du roman, « donjuanesque » qui est légère sans l’être, pour cette héroïne libre, charismatique, qui préfère les oeuvres et la beauté des choses matérielles aux hommes, pour ses phrases courtes et efficaces, et pour son réseau qu’elle s’est construite très jeune. Gémeaux aussi pour sa façon de séduire, et de coucher avec les hommes, ou les femmes d’ailleurs, et pour ses mots crus.

Les gémeaux sont des travailleurs, ne dépriment pas beaucoup car en cas de coup dur ils se donnent corps et âme dans le travail. Ce ne sont pas des romantiques mais ils savent plaire.

L’extrait ci dessous correspond décrit parfaitement ce signe astrologique :

Extraits choisis

« Olympe a trente-sept ans et elle n’a jamais vraiment écouté une phrase jusqu’au bout. On n’est pas l’une des galeristes les plus en vue de paris, à trente-sept ans, sans avoir un fond d’impolitesse, un mépris de la lenteur, une persistante hâte. »

« Ils sont assommés par cet échange qui les ramène à ce qu’ils sont : des indociles. Des marcheurs de côté. Des êtres qui échappent à la définition. Ils ne se sont jamais pliés à une seule loi, une seule façon d’aller au monde. Ils sont conventionnels, puis ils ne le sont plus. Réactionnaires puis profondément ancrés dans leur époque. (…) Les indociles n’ont pas d’âge, ni de classe sociale. Ils sont instruits ou ne le sont pas, et dans ce dernier cas, ils sont ébaubis quand ils découvrent, au détour d’un texte, d’un article de presse, que d’autres ont si bien exprimé ces choses qu’ils se sentaient seuls à penser. (…) Les indociles éclatent parfois de rire quand on ne s’y attend pas. Parce qu’ils ont honte de leur propre gravité, de leur sérieux ridicule. »