La petite fille sur la banquise

Son passage à La Grande Librairie avait suspendu le temps, les écrivains, la littérature. Ceux qui ont regardé l’émission ce soir-là n’oublieront jamais, sa voix, son témoignage, le silence des hommes autour d’elle, car hasard malencontreux ou non, il n’y avait que des hommes ce soir-là, sur le plateau, pour l’écouter.
Ayant été profondément touchée en plein coeur par son émotion et sa dignité, les larmes aux yeux pendant vingt minutes, j’ai attendu quelques semaines avant de pouvoir débuter son roman, sublime texte, d’un souffle magnifique, tendu, absolument littéraire.

Ce roman s’adresse à tout le monde. Adélaïde n’écrit pas pour elle-même, ou si elle le fait, c’est pour que l’on comprenne, que l’on ressente ce que vivent toutes les petites filles seules sur la banquise.

Ces petites filles qui, un jour particulièrement gai, ensoleillé, alors qu’elles viennent de gagner un poisson rouge à la kermesse de l’école, un homme, un prédateur rempli de haine, vient supprimer leur joie et voler leur enfance.
Ces petites filles dont le traumatisme va s’enfouir loin, très loin dans l’inconscient, et effectuer son immense travail de sape. Des méduses et leurs longs filaments venimeux emprisonnent leur vie, leur désir, leur plaisir. Elles surgissent sous forme de troubles psychotiques : crises, tétanie, anesthésie du bassin, boule dans la gorge, blocages sexuels, inadaptabilité pour le monde.

« C’est être toute seule perdue dans la forêt la nuit,
c’est une impression très physique
qui vient d’un coup n’importe quand »

Ces petites filles vont chercher des années, des dizaines d’années parfois, la maladie qui les ronge. Des centaines de thérapies, d’examens, pour comprendre, alors que la solution était là, le drame avait toujours été connu, tout le monde voulait passer outre; et cette phrase, insoutenable « C’était juste des doigts, ce n’était pas un vrai viol ».

Car au-delà de la violence physique, il y avait ce regard, ce regard qu’elle retrouvera aux assises, le regard de haine de son agresseur : dedans il y avait la mort, la mort d’elle-même, de son corps, de sa pureté, de sa féminité.

Les parents des petites filles portent plainte, et l’attente parfois n’aboutit à rien. Dans le cas d’Adélaïde, c’est enceinte de son premier enfant que la brigade des mineurs la rappelle. Ils ont retrouvé son agresseur. « Le plus beau cadeau » qu’on ne lui ait jamais fait, enfin la justice arrive, vêtue de sa longue robe et ses textes de loi pour s’occuper d’elle,  reconnaître ce qu’elle a subi, et punir son bourreau.

Le procès aura lieu, et alors se mêleront les voix de toutes celles qui ont subi, caché, menti, souffert. Toutes ces voix s’élèveront en une seule, en un cri, en un texte puissant et magistral. La voix pure et sincère de toutes les petites filles sur la banquise, qui ensemble ne sont enfin plus seules.

(Giovanni Costa dans le roman, l’agresseur, était un immigré italien, il a violé plus de 70 fillettes dans les années 80-90, notamment dans l’Ouest parisien. Il était un voleur/violeur. Il niera tout, insultera le juge et sera chassé du tribunal.)

Mon avis

Je recommande à tous de lire ce roman. Pour savoir, pour connaitre, pour faire attention aux mots que l’on emploie, pour ne pas dénigrer celles qui ont vécu l’horreur, ne plus en rire, et pour certaines, lire les mots qu’elles attendaient. Adélaïde confie qu’elle aurait aimé lire un roman qui parle de ce qu’elle a vécu : elle apporte ainsi à la littérature le témoignage romanesque qu’il manquait, avec des mots choisis, durs et poétiques, ceux de la reconstruction.

Car malgré les mots bouleversants, il y a cette aura solaire qui entoure Adélaïde tout au long de ce récit. Sa lutte effrénée avec la mort, c’est la vie qui gagne. Cette petite fille, pleine de joie et d’amour, se jette d’abord dans la nourriture, la boulimie, vivre, vivre, manger, combler. Puis plus tard la jeune fille délurée et théâtrale qu’elle devient va expérimenter, rencontrer un homme, plein d’hommes, essayer d’apposer d’autres expériences sur la première, ne jamais renoncer, rencontrer un psychiatre, deux psychiatres, des thérapeutes, requalifier le mot attouchement par le mot viol, il y a une sourde obstination chez elle, cette force de combattre, de comprendre, démontrant que la vie et le désir triompheront toujours.

« Elle est vive et enjouée en compagnie, et dès qu’elle échappe aux regards, elle mange. Elle rit toujours, peut-être même plus qu’avant, c’est qu’elle a le coeur si lourd que quand la joie lui vient, elle s’y jette. »

Le plus difficile pour l’auteure, et elle y parient avec brio, c’est d’être crédible dans ses mots, de les poser au bon endroit, et avec justesse, car tellement de témoignages passent à travers le filet de la justice. Elle raconte avec recul et distance la chance qu’elle a eu, celle d’avoir eu une famille, du confort matériel, un mari aimant. D’avoir obtenu réparation par la justice, d’avoir connu d’excellents thérapeutes ayant permis de faire revivre la mémoire post-traumatique, d’avoir eu les moyens de pouvoir raconter son histoire par un roman.
Ce livre est la reconstruction par l’écriture, l’indispensable par l’indispensable.
Bravo !

Le signe astrologique du roman

Taureau. Il aurait pu être poissons par l’effet méduse, l’eau insidieuse, filtrante et mélancolique du poissons, mais le livre va bien au-delà, j’en retiens essentiellement sa Pulsion de vie, cette caractéristique du taureau, signe nourricier, épicurien, jouisseur de la vie, créateur, représentant de la terre fertile. L’esprit tenace, obstiné, et infiniment gai.

« Dans ma bouche, dans ma gorge, le feu d’artifice d’une pomme croquée à pleines dents, dans mes narines, le long de ma trachée, l’odeur des aiguilles de pin roulées au bout des doigts, dans mes paumes, la chaleur vibrante et moite d’une poignée de terre grasse. »

Autre fait important qui m’a poussée à classer ce roman en ce signe terrien et printanier est l’obstination des grands événements de la vie de l’auteure à survenir en mai. L’évènement traumatique de ses neuf ans, mais aussi la naissance d’un petit homme, son fils, qui viendra libérer ce joli mois de printemps.

Ma grande

« Il te fallait un tatoué ma grande qui t’aurait claqué la gueule rien que pour un regard en biais. Il t’aurait matée comme jamais. Sans ceinture. Avec la pupille. »

C’est l’histoire d’une violence conjugale… vécue par un homme. Une violence psychologique, impossible à dénoncer. Pas non plus une violence perverse, plutôt l’histoire d’une femme très chiante, insupportable, sotte, médiocre, que l’on a tous envie de claquer… ou de tuer.

Un mariage qui aura duré quinze ans, une maison avec piscine, une petite fille née très vite. Et un quotidien atroce. Une épouse-mégère folle de jalousie, qui pique des crises démesurées, capable de tout, supprimant petit à petit carte bleue, amis, famille du narrateur.  Lui, doux, diplomate, trop sans doute, il s’écrasera, malgré lui, il fera toujours en sorte de tempérer, pour leur fille, pour éviter les cris, les larmes, il restera pour cette petite qu’il ne peut pas abandonner à sa folle de mère, peut-être aussi parce qu’il a cru longtemps au schéma de ses rêves, parce qu’il ne voulait plus se rendre seul aux dîners de couple…

De la moindre petite fantaisie à sa plus grande passion, elle lui interdira tout, commandera le moindre de ses faits et gestes, même dans quel sens comment tondre le gazon. Elle lui interdira de pleurer son père défunt, de voir ses amis, aller à la piscine, écrire des poèmes. Car oui il écrivait avant, avant elle, avant qu’elle lui ôte la poésie de la vie. Et même après elle —car il y aura un après— parviendra-t-il à revivre à nouveau, lorsque l’on a été ainsi traqué, chaque seconde, jour et nuit, les poches fouillées, privé d’avis, de parole, de projets personnels ?

Mon avis

En écrivant ces lignes, j’ai l’impression que l’histoire paraît absurde, qu’elle manque de crédibilité. Comment un homme peut-il supporter cela, si longtemps ? Est-ce seulement envisageable de tenir une minute, mais quinze ans?  Quel genre d’homme était-il ? Comment l’auteure a-t-elle réussi ce challenge incroyable ?

Tout se tient dans le roman, la possession se fait de manière insidieuse, le piège se referme progressivement, les traits de caractère sont bien dosés, l’espoir guette toujours, les années défilent et la situation s’enlise. On lit ce livre en apnée et c’est magique. Parfois, il dérange aussi, car il révèle des traits féminins qui nous appartiennent à toutes, bien que l’on refuse de se reconnaître dans le personnage de l’épouse. Qui d’entre nous n’a pas été sournoise, mesquine, jalouse à en crever ?

La fin du roman explore une piste très intéressante, le spectre de cette épouse toujours présente malgré sa disparition continue à envahir le narrateur, à l’empêcher d’avancer et de se reconstruire… Est-ce un manque ? Malgré tout y aurait-il eu un peu d’amour dans cette histoire..?

Un gros coup de coeur pour le sujet et la façon dont il a été traité, un roman que je recommande. Merci aux Editions Gallimard pour cette lecture !

Signe astrologique du roman

Taureau ! Comme les plus grands dictateurs de ce monde… (Hitler, Hussein…) Intransigeants, obsessionnels, obtus, têtus

Lorsque la colère du taureau est grande, ou que l’intelligence fait défaut au natif du signe, impossible de le calmer ou d’obtenir de lui un peu d’empathie ou de raison. Il est évident que la femme du roman est en souffrance quelque part, pour vouloir de son mari toute son estime et son temps personnel, ne pas supporter qu’il fasse autre chose sans elle, et sa colère se confond alors en jalousie, méchanceté, elle en devient rageuse et acariâtre.

Les tarés on croit qu’ils sont intelligents. Mais les tarés cons, ils sont pires.

Ariane

Double coup de coeur, pour l’histoire et la plume de ce roman ! Cette cruelle amitié adolescente des années 90, lue dans le cadre des 68 premières fois, est tout ce que j’attendais de l’aventure : une voix nouvelle, une sincérité inédite, un sujet qui me plaisait, un livre que je n’aurais peut-être pas découvert seule.

Ariane est cette jeune brune à la peau mate assise au premier rang dans une classe de Nivelles, en Belgique. Belle, brillante, populaire, et surtout très très riche. Peu prédisposée à devenir l’amie de la narratrice, elles noueront peu à peu une relation aussi fusionnelle que destructrice. Dès la première page, le drame est annoncé. Ariane est morte à vingt ans. La narratrice revient sur leur enfance respective, leur famille compliquée, l’une riche et excitée, l’autre pauvre et déprimée. Durant le roman elle retrace la naissance de leur amitié, qui aura duré deux ans, jusqu’à leur séparation compliquée. Ensemble elles se dévergondent, et rien ne leur paraît plus intense que lorsqu’elles sont ensemble.
Leur questionnement sur la sexualité et les garçons jalonnent le roman. Dans les années 90, pas d’Iphone ni de forum, on apprend tout dans le magazine Jeune & Jolie, ou le soir tard chez Difool. « Freestyle, no limit ». J’ai souri, j’ai vécu ça aussi. Mais ce roman n’est pas seulement générationnel, il est intemporel, ce sujet de l’autre, que l’on admire puis que l’on déteste, cette ambivalence permanente, la construction de soi passe par l’identification à l’autre. L’exclusivité des sentiments de cet âge là n’a pas d’équivalent. On aime comme on possède, et personne ne pourra entraver leur amitié sans des conséquences directes.

Mon avis

Ariane fait partie des livres que j’aurais voulu écrire, tant le sujet m’a parlé. La violence d’une amitié, cette fusion pulsionnelle flirtant avec le sentiment amoureux, tout se dire, surtout je t’aime, s’insulter, pleurer de joie de se connaître. Et puis l’inéluctable arrivée du garçon, l’intrusion dans un duo qui vient tout faire capoter. L’histoire a été écrite cent fois et pourtant nous la réécrivons. La prouesse de ce roman est de parvenir à décrire l’amitié adolescente sans tomber dans une prose maladroite ou s’apparentant à un journal intime. Non c’est sérieux. Car ce qu’il se joue à cet âge-là est pour moi la chose la plus sérieuse qui se joue dans toute une vie. L’adolescence fixe des images qui nous hantent, des chansons et des odeurs proustiennes.
C’est avec finesse et humour subtil que l’auteur décrypte ce qui se joue précisément. C’est acide et hyper réaliste, c’est une auto-fiction ultra réussie ! Bravo!

J’ai modifié les noms, parfois les métiers, j’ai emprunté des raccourcis, quelquefois rallongé, j’ai fait le ménage dans le paysage, mélangé les dates, créé des fausses conséquences à partir de causes réelles et vice versa. Mais je crois sincèrement qu’après tout cela, tous ces petits et grands accommodements, je vous raconte la vérité vraie, la vérité nue, plus vraie encore que lorsque je l’ai vécue.

Le signe astrologique du roman

Taureau. Pour l’érotisme qui se dégage de la plume et des premiers émois, car dans le zodiaque le taureau représente la période de la jeunesse. Taureau aussi pour son intégrité, sa sincérité, pour le jusqu’au boutisme des personnages, leur idéalisme, leur romantisme aussi. Taureau pour l’esprit vengeur et rancunier des deux amies, pour leur implacable façon de s’aimer. Taureau pour la soif d’absolu, taureau pour Ariane, qui aura préférer mourir franchement que vivre avec médiocrité.

Mourir à vingt ans.
Partir dans la pleine fleur de sa beauté, l’ovale du visage tonique, le front lisse, les seins fiers. Faire ses adieux à la scène à son zénith, déguerpir avant de se laisser choir dans le lent délabrement de la maturité, avant d’observer le réseau veineux de ses mains sortir de terre, avant d’extraire à la pince son premier puis son centième cheveu blanc.
(…)
Se suicider avant de s’acclimater. Se suicider pour ne pas s’acclimater.

Manger l’autre

Dévorer l’insatiable !

Elle pèse dix kilos à la naissance. Vorace, elle épuise sa mère sans que celle-ci ne parvienne jamais à la rassasier. Epouvantée par le monstre qu’elle a mis au monde, elle finira par s’enfuir.
Son père, par déni ou facilité, théorise ainsi l’appétit de sa fille : elle aurait avalé sa jumelle dans le ventre de sa mère. Pas d’autre solution : elles sont deux. Il décide alors de l’appeler mes chéries, cette explication faisant ainsi d’elle… un ogre.

Chaque jour, cette jeune adolescente avale en continue des montagnes de sucre et de graisse, le plaisir qu’elle éprouve à l’absorption de cette corne d’abondance dépasse la honte engendrée par l’expansion de son corps. Très vite, elle ne peut plus bouger de son lit ni passer les portes. Son père, l’unique personne de sa vie, continue à lui cuisiner des mets et plats savoureux, participant ainsi à la déchéance de ses princesses.

Elle horrifie le monde, son entourage et ses amis d’école, elle est rejetée, humiliée, elle renvoie l’homme à ses besoins primaires, elle représente l’absence de contrôle de soi, l’absence de volonté, la luxure dans ses extrêmes limites. Avec internet, qu’elle appelle l’Oeil, elle est cette bête de foire toujours jugée, ce corps inhumanisé partagé en masse sur la toile « Si j’étais comme elle je me suiciderais » lit-elle régulièrement.

Un jour son corps adipeux rencontre celui d’un homme. Ce bonheur intense, le plaisir de la chair, est supérieur à tout ce qu’elle a éprouvé jusque là, elle échange une luxure contre une autre, son corps inerte reçoit l’homme en continu comme elle le faisait avec la nourriture.

Quelle est l’issue possible pour elle et son corps affamé ?

Mon avis

Cette histoire n’est terrifiante qu’au niveau des messages qu’elle véhicule. La nourriture, ici allégorie de notre société de consommation, et la honte, celle d’une image stéréotypée véhiculée par les réseaux, se confrontent pour susciter chez le lecteur une sensation de trop-plein et de dégoût, mais aussi d’illumination. C’est un livre qui par la petite porte nous fait observer sans nous juger notre hypocrisie sur les apparences et le monde d’internet.
Le roman est au service d’une plume parfaitement maîtrisée, Ananda Devi excelle et nous envoûte, aucune longueur, ce roman se dévore littéralement à l’image de sa narratrice…

Le signe astrologique du roman

Taureau

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Vénus du Paléolithique

Totalement vénusienne est cette jeune femme obèse allongée dans ses draps de satin bleu et doré et qui ne peut rien se refuser !
Ce roman symbolise une facette du taureau, cet épicurien alangui et lascif, entêté dans son objectif qui est ici : manger et se développer.

Extrait choisi

Plus que le mal physique, je suis la représentation psychique de notre époque, j’en suis l’immoderé somatisé, la terreur et la spirale autodestructrice (oui, je ne crains pas une telle emphase, parce que la communication passe désormais par une amplification dénuée de sens, par un besoin d’outrance et de redondance — je suis dans l’air du temps, dans la même extension du vide). De nous, du monde dont je fais partie, ne reste que le plus délétère. Prisonniers de nos envies pléthoriques, nous nous sommes enfermés au point qu’il nous est devenu impossible de nous libérer sans éprouver une panique irrationnelle. Ne reste plus que l’assouvissement des envies du corps —gloutonnerie et pornographie, nos deux mamelles.

La beauté des jours

 

Jeanne a quarante-cinq ans, est mariée avec Rémy, ils ont deux filles. Jeanne est un femme d’habitudes, elle aime les abeilles, le chat, regarder les trains passer, et la beauté des jours.
Elle est soudainement fascinée par une artiste serbe, Marina Abramovic, dont l’oeuvre est d’étudier et repousser les frontières du potentiel physique et mental à travers ses performances. Jeanne cherche alors à modifier le cours de ses journées par des petites choses, jusqu’à ce qu’elle décide de suivre un homme dans le rue.
Cette rencontre va bouleverser ses certitudes et son quotidien, sans révolte, juste en éveillant en elle l’amour infini de la vie.

Mon avis

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Claudie Gallay est cette alchimiste qui transforme des petits riens en or afin de nous interroger sur le quotidien. Dans ses romans, il ne se passe jamais grand-chose, souvent ils sont un ensemble de perceptions, de tableaux de la vie ordinaire, brute, réaliste.
De Claudie Gallay je connais les Déferlantes et Seule Venise, et ce nouveau roman n’a pas leur puissance. L’écriture m’a parue plus pauvre, le style encore plus dépouillé que ses précédents livres. Il est probable que ce soit volontaire, afin de retranscrire l’ambiance à la campagne et les « expressions des gens de terre » comme elles les appelle, mais personnellement j’ai été un peu lassée, la magie n’a pas opérée cette fois-ci pour moi, peut-être l’ambiance trop « campagne », la mère, le père, les vaches, « la M’mé »… le niveau des dialogues tombait parfois très bas, comme lorsque Jeanne glisse à sa nièce Zoé :
« Tu fais chier Zoé ! »
Moue d’étonnement chez moi…

Il n’en reste pas moins que c’est un très beau roman autour du sens de la vie, de la force de l’Art, mais je le déconseille à tous ceux qui aiment les rebondissements, pour info, il y en a deux, à partir de la page 320;)

Toutefois ce n’était pas les rebondissements que je cherchais mais malgré l’écriture à fleur de peau, ce roman me laisse une impression de déjà vu, un mélange d’Amelie Poulain dans l’Amour est dans le pré.

Extraits

Entre la naissance et la mort, le temps de vie est dérisoire, mais le dérisoire n’empêche pas d’être heureux.

La fin des choses est toujours contenue dans leur début.

Le signe astrologique du roman

Taureau.

Un signe fixe et de terre pour ce roman qui sent le foin et la réalité de la campagne, la traite des vaches, l’aube, les habitudes, le train de 18h01.
Le taureau est également un signe de polarité négative, tourné parfois vers la mélancolie et la contemplation. Jeanne est ainsi, un brin romantique malgré son emploi à la Poste, tournée vers l’Art comme ce signe vénusien, elle contient une certaine rêverie sans toutefois aller au bout de ses lubies.