Napoli mon amour

Comme j’ai savouré ce roman !
Amoresano pourrait être n’importe quel trentenaire sans emploi à écumer les bars de Naples, mais il a décidé de le faire avec beaucoup de poésie. La nuit, quand il ne boit pas des bières à 1€ avec Russo, son acolyte préféré, il écrit des nouvelles. Il adorerait passer sa vie entière à écrire mais en attendant il loge chez ses parents et passe des entretiens d’embauche décevants.
Un jour, il rencontre une fille qui lui donne un faux prénom mais un vrai numéro. Il dépense ses dernières économies pour lui plaire, et une histoire d’amour commence… mais comment peut-il y croire, lui dont l’existence est ponctuée par l’échec ?
« J’aurais vraiment aimé qu’il neige sur Naples, pour remuer un peu les choses, les voir sous une lumière différente, mais il n’y avait pas de neige et cela m’agaçait. C’était comme une énième beauté qui m’était refusé par des facteurs extérieurs, plus forts que moi. Je me sentais mis à l’écart : stupide et vulgaire particule d’un tout qui ne me considérait pas, qui ne m’écoutait pas, j’étais agacé en particulier par l’idée d’une beauté qui existait et que je ne pouvais pas toucher ; agité, je me consolais comme je pouvais en imaginant la ville immaculée, la blancheur saupoudrée sur les immeubles, sur les voitures, sur la route, et les chiens qui se promèneraient surpris en flairant la neige, les enfants qui courraient, tomberaient, se relèveraient et moi debout, noyé dans le blanc, les vêtements mouillés, les yeux presque fermés à cause de la luminosité.
Je regardais et me réjouissais. Je parvenais aussi imaginer les problèmes, les encombrements que cela provoquerait dans une ville non préparée et déjà chaotique en soi, mais malgré tout j’étais pour la neige. Pour ses vertus apaisantes et enveloppantes. Tout ce blanc sur la culpabilité, jusqu’à l’ensevelir profondément. Ce serait une excuse parfaite, une de plus, pour continuer à ne rien faire. »

Un texte sublime et mélancolique, aux scènes visuelles, aux dialogues très réussis, sur la beauté des choses et l’inaptitude à l’existence. Un roman dont la puissance monte crescendo, saupoudré d’humour doux-amer.
Je vous le recommande…