Journal d’un amour perdu

Au détour d’une conversation en janvier dernier, lors d’un déjeuner organisé par Albin Michel, Eric-Emmanuel Schmitt avait pudiquement évoqué le décès de sa mère. Nous étions là pour discuter de Félix et la source invisible, dont la première phrase « Tu ne remarques pas que ta mère est morte? » avait été écrite spontanément pour ce conte.

Inconsciemment, l’auteur glissait sa mère partout, dans ses écrits, ses scénarios, en détournant les personnages. Félix, c’était déjà lui. Ce petit garçon dont la mère semble absente, dont l’esprit s’est éteint, envolé ailleurs. Un conte a priori léger, se résolvant par une initiation à l’animisme, ou comment retrouver son âme à travers les objets, les éléments, ou les origines.

Ce livre lui ne dissimule personne. C’est le journal romancé de l’auteur lorsqu’il a perdu sa mère, c’est le chagrin direct d’une peine qui n’en finit pas. Elle était son origine, sa raison de se dépasser. À qui allait-il conter ses petites victoires à présent ? Quel intérêt de se démener ? Pourquoi ne pas mourir pour que cesse enfin la douleur ? Il y a eu la culpabilité de réussir à travailler quand même, la colère contre le corps et ses besoins vitaux obstinés à le maintenir à flot. Qui dit mère dit père, et l’auteur raconte avec sincérité son enfance auprès de cet homme, opposé à lui en tout, et le rapport œdipien qu’il entretenait avec lui.

On entre dans l’intimité affective de l’auteur avec une émotion intense. C’est un texte sincère, une déclaration universelle, une envolée vers l’acceptation. C’est aussi une autre disparition, celle du petit garçon en lui, persuadé que sa maman triompherait de tout, même de la mort.

Superbe.

Le bal des folles de Victoria Mas

Impossible de passer à côté de ce livre-phénomène de la rentrée, le premier roman de Victoria Mas, fille de Jeanne.

Qui étaient-elles, ces femmes internées à la Salpêtrière au XIXème siècle ? Charcot et ses infirmières les surnommaient les folles, les aliénées. Souvent, il s’agissait de femmes traumatisées, violées, que l’on disait hystériques. Emancipées avant l’heure, féministes ou adultères, il fallait éviter de sortir du rang des épouses idéales. Répudiées par leur mari ou leur père, ces derniers les déposaient là, tels des débris encombrants, plus pour s’en débarrasser que les faire soigner. Ils ne revenaient jamais les chercher. 

À la Salpêtrière, leur quotidien rébarbatif ne faisait qu’aggraver les crises, aucune activité n’était permise, tout au plus un peu de tricot, pas de lecture, activité provoquant la mélancolie. En cas de problème, des internes compressaient leurs ovaires à deux doigts ou leur offraient un petit sniff d’éther. Une fois par an, un bal était organisé pour divertir les Bourgeois, la foule se pressait à l’entrée de l’hôpital comme s’il était devenu zoo, quant aux folles elles attendaient cette soirée toute l’année, unique moment de contact avec le monde extérieur. Chaque vendredi, le professeur Charcot les offrait en spectacle, une séance d’hypnose publique où les jeunes femmes, cheveux lâchés et poses lascives, reproduisaient dangereusement leur transe devant un public masculin, sous prétexte de faire avancer la science… Ah! tous ces hommes au taux hormonal immobile, Freud, Charcot et compagnie, cherchant la clé, le contrôle du mystère féminin ! 

Les folles fascinaient, envoûtaient, et nous lecteurs les observons déambuler avec effroi, de leur dortoir à leur bol de soupe du soir. On s’attache inévitablement à l’une d’entre elle, Eugénie, doté d’un don maléfique : le spiritisme. Depuis toute petite, elle voit les défunts, son grand-père notamment. Elle est aussi une jeune femme engagée aux idées un peu trop modernes pour sa famille conservatrice. Ni une ni deux, son père la dépose à La Salpêtrière. Elle rencontre Geneviève, infirmière dévouée du Professeur Charcot. Eugénie va alors faire basculer l’équilibre de l’hôpital. 

En plus d’être passionnant et totalement addictif ce roman suscite la réflexion, sur la condition féminine notamment, également sur notre rapport à la folie, et à la différence. 

Qui sont les vrais folles ? Celles qui osent, celles qui les jugent, ou celles qui les lisent..?

Éric-Emmanuel et l’oeuvre prolifique : rencontre

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À l’occasion de la sortie de « Félix et la source invisible », les Éditions Albin Michel et Mickaël Palvin ont organisé mardi 15 janvier 2019 un déjeuner à La Rotonde réunissant l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt et quatre blogueuses, Carnet Parisien, Squirelito, Mademoiselle Lit et moi. Au menu : un homme d’une générosité et d’une sensibilité hors du commun, deux heures d’échanges passionnants.

Dans ce dernier roman, il est question de Félix, un petit garçon parisien de 12 ans, désemparé par la dépression soudaine de sa mère. Ils forment une famille monoparentale et sont d’origine africaine. Charles appelle un oncle sénégalais à la rescousse, mais le pronostic est sans appel : sa mère est morte, elle est dépossédée de son âme. Félix, courageux et responsable, entreprendra un long voyage pour redonner à sa mère le goût de vivre. Un roman d’une grande finesse que j’ai beaucoup apprécié, flirtant avec la spiritualité, et faisant partie du « cycle de l’invisible ». Débordant de questions à ce sujet, j’avais hâte de rencontrer l’auteur…

…Car ce qu’Eric-Emmanuel ne sait pas, c’est que notre histoire avait plutôt mal commencé. Je venais d’avoir 18 ans quand mon petit ami, avec qui je sortais depuis une semaine, m’a offert pour la Saint Valentin « Oscar et la Dame rose ». Ce livre emprunté à la bibliothèque l’avait tellement ému qu’il voulait absolument le relire. Pour lui, me l’offrir était le moyen le plus économique et sûr de nous faire plaisir simultanément. Aujourd’hui, j’y verrais comme une approche romantique, lire un livre ensemble, nos mots s’entrelaçant, mais à l’époque, l’affront de la non-exclusivité de ce cadeau piquait mon orgueil. Ce cadeau lui était destiné, pourquoi ne se l’offrait-il pas ? Pourquoi profitait-il de la première occasion de me gâter pour tout gâcher ? J’ai interprété son désir de partage pour de la mesquinerie. Hautaine, je lui ai rétorqué qu’il n’avait qu’à le relire tout de suite. Ravi, il est rentré chez lui le livre sous le bras. J’ai passé la soirée de Saint Valentin seule, sans pétales de rose jonchant mon studio, nourrissant une peine immense, traumatisée par la double absence du petit copain et de son cadeau. Inutile de préciser que par la suite, aveuglée par la rancune, le personnage d’Oscar ne m’a pas touchée comme il aurait dû. La piqûre de rappel à chacune des sorties d’un livre d’Eric-Emmanuel ne forçait pas l’achat. Comment sortir des méandres injustes de cette rencontre ratée ? Heureusement, Albin Michel est là. L’envoi de Félix et la source invisible puis le déjeuner organisé avec son auteur m’ont enfin permis, quatorze ans plus tard, de redécouvrir ce génie inclassable.

La première chose qu’il faut savoir sur Eric-Emmanuel Schmitt, c’est la fertilité de son oeuvre et de son inconscient. Il la qualifie « d’enfantement perpétuel ». Les personnages fleurissent sans discontinuer, il faut presque les freiner, les empêcher, son imagination déborde et la source est intarissable. 

« J’écris des histoires par milliers dans ma tête, qui n’attendent qu’à être couchées sur le papier. Je n’ai jamais l’angoisse de la page blanche. Je peux écrire partout, même s’il y a du bruit ou des petits enfants qui jouent. La plupart du temps, je me retiens. D’ailleurs je ne dis jamais je vais écrire, je dis je vais m’asseoir. »

L’écrivain écrit d’un jet, « comme un artiste », puis il se corrige, il polit les mots par mille gestes, « tel un artisan ». Féru de spiritualité, son dernier roman explore  l’animisme, la faculté de donner une âme aux objets ou aux éléments naturels. 

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Soudain, à ce moment du déjeuner, le nuage de mots « Imagination, empathie, sensibilité, humanisme, spiritualité » passe devant mes yeux et un voyant s’allume : c’est l’exacte définition d’un caractère neptunien : Eric-Emmanuel Schmitt doit forcément être Poissons. Je profite de l’intervention du serveur pour regarder son thème astral sur Google. Le mois de mars s’affiche, bingo… puis le numéro 28. Non, 28 mars, bélier. Perdu, à 5 jours près. Les autres données ne sont pas meilleures, Lune en bélier, Ascendant capricorne. Aïe. Je n’aime pas du tout quand l’astrologie me résiste et que je donne raison aux milliards de sceptiques présents sur terre. Je clique sur son thème et le décrypte à la dérobée en mangeant une olive. Soudain, mon coeur s’accélère, j’ai ma réponse, cet homme généreux, jovial et intuitif se décrivant lui-même comme un caméléon, a une Neptune angulaire à son Milieu du Ciel, ce qui la classe directement dans la case des planètes dominantes. Alleluïa ! Je savoure cette victoire humblement dans ma tête et mon échappée ésotérique se poursuit à table par une discussion sur l’invisible.

Selon Eric-Emmanuel Schmitt, il y a deux animismes : 

  • L’animisme spontané, que l’on expérimente enfant, par exemple en se heurtant à une chaise,  l’enfant en colère tape/insulte la chaise. De cet aspect puéril découle plus tard :
  • L’animisme civilisé : c’est lorsque la vision du monde double le visible, par exemple lorsqu’on cherche une âme derrière un arbre, ou que l’on décide que les morts ne sont pas morts.

« Cette volonté de comprendre l’animisme est venue de l’envie de développer mon empathie, d’élargir ma vision du monde. J’ai beaucoup lu sur le sujet, et une fois que j’ai réussi à accepter l’irrationnel, j’ai compris que la vie est beaucoup plus belle avec l’imagination. »

Dans le roman, le personnage de Papa Loum, le sorcier africain, illustre cet aspect spirituel : il travaille dans la fonction symbolique, à l’aide de grigris, il guérit l’âme. Il explique que l’on pourrait très bien se passer de potions et d’objets, mais que l’on a besoin de se fixer dessus dans un premier temps.

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Félix et la source invisible, c’est la quête d’un absolu et d’une nécessité de dépossession : aussi bien au niveau matériel, (le bar de la maman de Félix qu’elle ne peut racheter) et physique (l’enfant qu’est Félix doit se résoudre à partager sa mère). Quand à prime abord, le roman ressemble à un récit d’enfance, il délivre in fine un message écologique, glissant de la France à l’Afrique. Il souligne le contraste frappant entre le pays dit riche (Paris) pourtant dénué de nature et d’humanité, et le Sénégal, pays dit pauvre et apportant tellement plus aux personnages du roman. Le passage ci-dessous est celui qui m’a sans doute le plus émue, je vous laisse sur ces mots magnifiques et je vous enjoins à le lire à haute voix. Beauté !

Paris est mangé par le néant. Les arbres ont pris la couleur du bitume, le bitume a pris la couleur des pierres, les pierres ont pris la couleur de l’ennui. La terre a été trop décrottée, trop remuée, trop aseptisée, trop javellisée, elle est devenue stérile, elle étouffe sous les pavés et l’asphalte. Dans les fentes des trottoirs, il n’y a plus d’espace pour que l’humus respire, pas un joint de mousse, seulement de la crasse. Le vent ne circule plus, il a été arrêté par les murs ; au Sénégal, il enfle, il siffle, il râle ; ici, on l’a fichu en prison. Comment subsister dans cette atmosphère policée, privée de canicule, d’oiseaux sauvages, de félins assoiffés, d’insectes opiniâtres, de frayeur devant les esprits de la nuit? Sans vénération et terreur du soleil? Sans attente de la pluie? Sans craindre le village contigu ? Où est le guépard? Où est la fournaise? Où se tapissent les démons? Où surgissent les génies ? 

 

Bakhita

« Ma mère a beaucoup d’enfants. Ma mère est très belle. Ma mère regarde le matin, toujours, je veux dire, le matin elle regarde le soleil quand il vient. Et je me souviens de ça. »

Enlevée à 7 ans pour devenir esclave, Bakhita a connu tellement de traumatismes qu’elle en a oublié son propre nom. Pourtant elle se souvient de sa mère, cette femme très belle de qui elle a été arrachée dans son village du Soudan. Elle se souvient de sa jumelle aussi, et puis de sa grande soeur, enlevée aussi alors qu’elle venait d’avoir un bébé.

Bakhita est en fait cette femme arrachée de toutes les personnes qu’elle aimait. Depuis sa mère à la soeur du couvent de Venise, en passant par Binah sa soeur esclave, ou Alice, la petite fille de sa dernière maîtresse qu’elle a élevée, Bakhita n’a pu garder ni revoir aucune personne chère à son coeur. Pas étonnant qu’elle ait alors élu la seule personne qu’on ne lui prendrait pas : Dieu.

« Tu n’as rien pour moi Augusto ? A moi tu ne rapportes rien ? Aucun nègre ? »
« Regardez ce que je vous ai ramené du marché !
—Choukrane Baba! Elles sont noires, tellement noires !! »
Ces dialogues surréalistes ont à peine plus d’un siècle. Bakhita a été achetée pour un riche marchand musulman, puis pour un autre, puis encore un autre. Battue à mort, cognée, violée, scarifiée, humiliée, elle a survécu à la misère, à la soif, à la faim intense, à l’inhumanité. Jusqu’à ce qu’un consul italien l’achète pour la sauver, l’aider à retrouver son village et sa mère. Mais à quatorze ans, Bakhita ne se souvient plus de rien. Elle débarque alors en Italie avec le consul qui l’offre à un couple d’amis dont la maitresse n’est pas à l’aise avec la maternité, mais qui a senti que Bakhita pouvait l’aider à s’occuper d’un enfant. Elle devient ainsi la nourrice, presque la mamma de la petite Alice dont elle finira par devoir se détacher aussi. En Italie, elle devient presque libre si ce n’est que tous la fuient pour sa couleur de peau. Après l’esclavage, elle fait l’expérience du racisme. Qui est cette femme noire pleine de cicatrices si ce n’est la réincarnation de Satan ?

Portée par un intense besoin de donner et de faire le bien autour d’elle, Bakhita suit sa mission de vie, parvient à se libérer de sa vie d’esclave et atterrit à Venise, dans un institut de soeurs. Elle découvre alors cet homme sur la croix, et sa mère, la Vierge Marie.
Par sa résilience et son pardon envers ses anciens bourreaux, elle sera nommée sainte puis canonisée par le Pape. Elle n’aura de cesse que d’aimer et s’occuper des enfants, ces êtres neufs découvrant la vie et qui n’en ont pas encore été déçus.
Pourtant, sa tristesse, le manque de sa mère et le regard de ses bourreaux la hanteront et la poursuivront toute sa vie dans ses pires cauchemars.

Ce roman offre et répond ainsi à deux questions fondamentales :

-Comment autant d’hommes sur terre peuvent-ils être à ce point monstrueux ?
-Comment peut-on survivre mentalement à pareils traumatismes, abandons, solitudes ?

Il semblerait qu’à part croire en l’existence de Satan et de Dieu, on ne puisse invoquer d’autres raisons. Bakhita n’avait pas le choix, seul des forces divines ont pu l’aider à survivre.

Mon avis sur ce roman

Tellement fière qu’il ait obtenu le Prix de Blogueurs ! C’est un roman impossible à lâcher, extrêmement violent dans son premier tiers, émouvant aux larmes dans les deux tiers restants, je l’ai fini en larmes, pas le choix. Cette puissance d’âme, cette leçon d’humilité se sont inscrits durablement en moi, j’ai compris l’obsession de l’auteur à retrouver la trace de Bakhita, à faire des recherches, retourner en Italie, interroger les soeurs, partir à la trace de la sainte.
Le style est sobre et simple, percutant, phrases courtes, présent. C’est un roman qui révolte et qui apaise à la fois, c’est un roman que l’on devrait faire lire à tous, qui résonne encore hélas aujourd’hui, par le racisme encore existant. C’est aussi une superbe ode à la beauté africaine, à sa souffrance, sa culture, ses mystères.
La perte et le souvenir permanent de sa mère est le sujet du livre qui m’a le plus ébranlée, la maternité y est superbement décrite.

« Sa mère avait tant d’enfants. C’est comme ça que toujours elle s’est souvenue d’elle, avec des enfants tenant ses mains, ses jambes, gonflant son ventre, suçant ses seins, endormis dans son dos. Mère de tous les petits, mère aimante et universelle, miroir de toutes les femmes qui ont donné la vie, elle est jeune et fertile toujours, elle reste aimante et puissante, elle est l’amour sans condition, l’amour absolu et martyr. La mater dolorosa. »

Le signe astrologique du roman

Capricorne… Ce signe au nom de tropique,  pur et endurant n’est autre que celui de Jésus.

Le diamant brut, qui passe après les autres, qui aime les enfants et songe à l’ordre du monde. Obstinée, Bakhita l’est, le jour où elle décide de sa liberté et de se consacrer à Dieu, rien ne peut la faire reculer. Le Capricorne est un signe de terre, et c’est la terre qui résonne dans tout ce roman, la terre aride, dure, sèche. Le déracinement de la terre. Le capricorne est un signe qui résiste à tout, un signe extrêmement seul aussi, un signe d’une grande sagesse.

L’auteur

Véronique Olmi, née à Nice en 1962 est comédienne, écrivain et dramaturge.

Elle est la petite-fille de Philippe Olmi, ministre de l’Agriculture, député des Alpes-Maritimes et maire de Villefranche-sur-Mer durant vingt ans.

Après avoir suivi des études d’art dramatique chez Jean-Laurent Cochet, Véronique Olmi a été assistante à la mise en scène pour Gabriel Garran et Jean-Louis Bourdon de 1990 à 1993.

Pour aller plus loin

  • En bonus, photos de la diapositive originelle de la couverture du roman, résidant aux archives du musée Nicéphore Niepce de Chalon sur Saône (autrement dit chez moi… hasard merveilleux pour ce roman lauréat du Prix que je créé!) L’auteur de la photo s’appelle J.AUDEMA .

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  • Le roman de Joséphine Bakhita:

Comme Véronique Olmi le raconte parfaitement dans son roman, Bakhita a été interrogée par les soeurs pour raconter son histoire et la diffuser. L’Italie était fière d’avoir émancipé cette ancienne esclave et tenait à ce que l’histoire soit connue.

Je me suis empressée de me procurer le petit roman de Joséphine Bakhita pour continuer à vivre un peu avec la Sainte. Soyons francs, par son humilité, ce petit recueil de souvenirs ne suscite pas le dixième d’émotions du livre de Véronique Olmi! Autrement dit il était nécessaire pour vraiment comprendre et ressentir le destin merveilleux de cette femme de passer par un grand roman, et j’ai pris conscience de l’immense travail d’imaginaire et de documentation de Véronique Olmi sur l’esclavage, le Soudan, l’institut des soeurs de Venise pour retranscrire à merveille la vraie vie de celle qui connut le pire et l’illumination. Bravo pour ce chef d’oeuvre !

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