Sale Gosse, quelques questions à Mathieu Palain

« Quand je suis arrivée à la PJJ, je voulais changer le monde. Aujourd’hui, j’essaie de ne pas l’abîmer. »

Les délinquants ne sont pas forcément des truands, la majorité sont des gosses, des « sales gosses ». C’est le premier message que fait passer Mathieu Palain dans ce roman. Journaliste de formation, il est allé sur le terrain de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) avec quelques préjugés sur la délinquance. « Sale Gosse, c’est l’histoire banale d’un gamin français de quinze ans qui pète les plombs en 2019. C’est une histoire française, pas celle des ghettos de Chicago ».

C’est donc l’histoire de Wilfried, né sans père et d’une mère toxicomane, recueilli à huit mois par une famille d’accueil, et viré de son club de foot prometteur pour mauvais comportement envers un adversaire. Comme si, inéluctablement, le destin implacable venait lui mettre des bâtons dans les roues.
Pour Wilfried, c’est progressivement la descente aux enfers. Il n’a plus de club et trop d’orgueil pour rester chez sa famille d’accueil. Il est hors de question qu’il retourne chez sa mère biologique, il opte pour la fugue et la violence. Comme une renaissance, il arriva à la PJJ, ce même centre qui l’avait placé à ses huit mois pour le protéger de sa mère et de son beau-père violent. Ce retour à la case départ est l’occasion de trouver un deuxième chemin. Nina, une éducatrice, décide de s’impliquer dans la vie de Wilfried. « Même si tu ne me fais pas confiance, je te promets que l’on va s’en sortir. » Quelle est l’implication affective et psychologique de ces éducateurs ? Est-il seulement possible d’oublier ces enfants lorsqu’ils rentrent chez eux le soir ?

L’auteur ne s’en cache pas, quatre grands films l’ont accompagné durant l’écriture. « La Haine », film choc et tellement réaliste sur l’ambiance de la banlieue, « Polisse » pour l’esprit d’équipe de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, « Will Hunting » pour la prise en charge psychologique de Wilfried, ou encore « Remember the Titans », sur le thème du foot et de la ségrégation raciale.

Ce livre raconte la colère de la jeunesse, cette révolte intérieure et sourde face qui gronde quand les idéaux sont inatteignables et les origines beaucoup trop floues. Il connecte des enfants plein d’espoir, émancipés trop jeunes, à des adultes prêts à sacrifier beaucoup pour les sauver.
Un très beau premier roman, dont le réalisme opère comme un uppercut.

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Quelques questions à Mathieu Palain

Sale Gosse est votre premier roman. L’envie d’écrire s’est-elle imposée avec ce sujet ou existait-elle déjà avant ?

Avant d’écrire Sale Gosse j’étais journaliste à XXI, une revue de grand reportage. L’écriture était déjà là au quotidien mais c’était une écriture différente, liée à l’actualité ou à des sujets d’enquête qui exigeaient que je me plonge dans des mondes que je ne connaissais pas. Sale Gosse est né d’une de ces enquêtes. Cela faisait un moment que je cherchais à intégrer un service de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, j’ai fait une demande d’immersion on m’a accordé un mois de reportage avec les éducateurs d’Auxerre, je me suis mis dans un coin, j’ai essayé de ne pas faire de bruit et on m’ont laissé prendre des notes. Après six mois sur le terrain, le roman s’est imposé à moi.

Pensez-vous que l’écriture a le pouvoir de faire bouger les choses ?

Dans les rencontres en librairie, et sur les salons, les lecteurs me disent parfois : « J’espère que les politiques liront votre livre ! » Je peux pas m’empêcher d’imaginer Macron à son bureau, plongé dans l’histoire de Wilfried, et sur le moment peu de choses m’apparaissent aussi improbables. Plus sérieusement, il serait très prétentieux de penser que Sale Gosse puisse faire « bouger les choses ». Ce n’est pas un essai sur l’adolescence, encore moins un tract politique, mais j’aimerais que les gens, après l’avoir lu, se disent « Ces délinquants dont on nous parle tout le temps, ce sont avant tout des enfants. Wilfried pourrait être mon fils ».

Par votre parcours de journaliste, vous avez été amené à travailler avec ces jeunes. Mais y-a-t-il un peu de vous en Wilfried ?

Wilfried est très inspiré de la réalité. Je l’ai construit en fusionnant les histoires de deux gamins rencontrés pendant mon immersion à la PJJ. Si je suis honnête, je dois avouer qu’au fil de l’écriture je lui au rajouté pas mal de traits de caractère de potes qui ont traversé une adolescence pas facile. Son prénom déjà, Wilfried, appartient à mon voisin d’immeuble, à Ris-Orangis, un footballeur qui a fugué à 15 ans et n’est revenu que bien plus tard, après sa majorité. Bien sûr, j’ai disséminé un peu de moi tout au long du roman, mais c’est inévitable, on met toujours de soi dans les personnages.

D’après vous, tous les éducateurs sont aussi impliqués que la Nina du roman ?

J’ai changé son nom mais l’éducatrice qui m’a inspiré ressemble énormément à la Nina du roman. Le fait qu’elle ait eu « une enfance toute pourrie », comme elle dit, l’aide dans son rapport aux gamins parce qu’elle sait d’où ils viennent, elle connaît leurs galères, parle leur langue et n’hésite pas à leur rentrer dedans. J’ai rencontré beaucoup d’éducateurs pour écrire ce livre, et quand vous leur demandez s’il leur est arrivé d’avoir peur, ou de franchir la ligne jaune, ils ont tous une histoire à raconter : Nina s’est fait péter le nez, un de ses collègues a pris un coup de couteau, un autre a dû désarmer un gamin qui avait ramené un flingue… C’est un métier dingue parce que c’est en général dans ces moments là, quand vous vous engagez physiquement, que vous obtenez des résultats.

Le style du livre et le phrasé du roman est évidemment celui de la banlieue. Le travail de la langue a-t-il été difficile à retranscrire ?

C’est drôle parce que c’est la question qu’on me pose tout le temps alors que c’est le langage qui m’a demandé le moins de travail. Je suis né et j’ai grandi à Ris-Orangis, en banlieue sud de Paris. J’en parle la langue. C’est aussi simple que ça. Alors bien sûr, c’est une langue vivante, qui ne cesse d’évoluer sous l’influence de certains quartiers, de certaines migrations, mais heureusement mes quinze ans ne sont pas si lointains, je ne suis pas encore largué !

Question obligatoire et souvent anxiogène, avez-vous d’autres projets d’écriture, roman, essais ? On l’espère !

J’aimerais beaucoup. Je travaille en ce moment sur un projet qui pourrait être un deuxième roman… Inspiré de faits réels, encore… Je n’aime pas trop en parler tant que je ne suis pas sûr de moi, mais il y a tous les ingrédients pour une grande histoire.

 

Pour qu’un ciel flamboie

« Et quand vient le soir, pour qu’un ciel flamboie, le rouge et le noir, ne s’épousent-ils pas ? »

Quarante ans que l’auteur de ces mots,  Jacques Brel, nous a quittés, vingt ans que Véronique de Fombelle a perdu son mari. Ce récit très émouvant à l’écriture magnifique retrace une très belle histoire d’amour qui aura duré vingt-sept ans, avant que la maladie ne la stoppe brutalement. Véronique revient sur la mort de Laurent, son partenaire, son ciel, sa vie, et offre une perspective de ce qu’est la vie après le bonheur : une multitude de petits bonheurs.

Profondément optimiste mais réaliste, lors du deuil, Véronique a naturellement repoussé la vie avant de la reprendre à nouveau et de s’y accrocher. Elle continue d’aimer son mari après la mort, le « rechoisit chaque matin », car c’est avec lui qu’elle veut continuer le chemin.

Elle avait encore quatre enfants à la maison lorsque Laurent est parti : pour elle, pour eux et pour les autres, elle est devenue thérapeute, spécialisée dans l’accompagnement affectif. Dotée d’une nature positive, elle nous apprend à se griser d’un rien, s’émerveiller d’un matin, et c’est ainsi que dans les pires épreuves la vie et son souffle surpuissant reprennent naturellement leurs droits.

Il était l’homme de ma vie. Parce qu’il donnait sens à cette vie qu’il rendait inattendue, drôle, touchante, créative, heureuse. Passionnée et passionnante.

Elle ne dit pas qu’il n’y a pas eu d’épreuves, sa vie de couple a été comme les autres, semée d’embûches ; elle avait simplement trouvé celui avec qui la vie n’était jamais fade,  dont elle admirait les idéaux, dont la fantaisie et la fibre artistique lui correspondaient.

Je sais aujourd’hui qu’il est dangereux de pactiser avec tout ce qui nous enténèbre : la peur, les soucis, le retour sur le passé, la culpabilité, la rancune. Le piège se referme vite. Mais j’ai constaté pourtant qu’il pouvait exister paradoxalement une sorte de soulagement, presque de douceur, à se laisser aller parfois à plonger -ponctuellement, tout le secret est là- dans la peine, l’inquiétude, la nostalgie. A jouer avec le feu en quelque sorte, et à constater que la lumière résiste.

Le signe astrologique du roman

Lion !

Un signe solaire pour ce livre et cette femme d’une élégance et dignité absolue, pour la façon dont elle rayonne autour d’elle son amour et goût de la vie. Son mari était son ciel, son tout, et il continue de l’être, même après la mort, le roman met en scène l’élévation de l’âme à tout niveau. D’une bienveillance chaleureuse, la résilience est transcendantale, le natif du Lion ne s’abaisse jamais, il combat, c’est un signe loyal et fidèle à ses principes. Son visage affiche confiance et joie de vivre.

L’auteure :

(source : L’iconoclaste)

Véronique de Fombelle se partage entre son métier, psychologue et thérapeute de couple, sa grande famille et ses amis. Passionnée de voyages et de découvertes, elle déborde d’une énergie et d’une curiosité communicatives. Pour qu’un ciel flamboie est son premier livre. Timothée de Fombelle, un  de ses fils, a publié Neverland en 2017 chez L’iconoclaste également.

 

Chambre simple

« Son mal couvait-il déjà pendant nos vacances, nos nuits et nos batailles ? Je n’ai pas voulu y penser et le voilà allongé dans une chambre simple. »

La crise d’épilepsie de Julien aurait pu lui être fatale. Il se réveille dans cette chambre d’hôpital le cerveau endolori, les souvenirs embués. Heureusement il y a Roman, son amour, tout près de lui chaque jour, le temps de la guérison. Pour éviter toute nouvelle crise, Julien doit rester allongé, horizontal et immobile, observer impuissant les jours et sa vie défiler, Roman à ses côtés.
Il semblerait que ce nouveau décor ne soit pas celui de leur première idylle. Petit à petit, Julien reconstitue le puzzle de leur relation avant la crise. Quelle terrible décision avait-il prise ?
Dans ce roman aux multiples narrations, où l’histoire d’amour d’un couple tend à se rejouer, aides-soignants et malades, les témoins fixes de ces murs blancs et de ces néons blafards, assistent impuissants aux combats de ses habitants provisoires.

L’amour peut-il subsister face à la maladie et à l’urgence de vivre ?

« Pour ressusciter notre amour il faudrait lui faire respirer un air plus frais, marcher dans les rues, prendre un avion, retourner à Athènes seuls au monde dans la maison tout en étages de Dora, boire du vin blanc glacé sur la terrasse, couper des arbres en Auvergne jusqu’à l’épuisement ou trouver une crique et baiser face à la mer en plein soleil, se lire des livres à voix haute enfoncés dans les herbes plus grandes que nous, dormir sous le pollen, filmer ce qui est beau tout autour de nos visages, juste ça. Il nous faudrait un vent sarde, une euphorie des retrouvailles et des plis chauds dans nos cous. »

Mon avis

Ce roman sensible est extrêmement poignant par ses deux thématiques : une maladie chronique et la fin d’un amour entre deux hommes.

Il interroge le lecteur sur le rapport temps/maladie « Que peut-on avoir de si urgent à faire quand on est en bonne santé ? » ainsi que sur le rapport amour/temps/maladie : ne pas avoir le temps d’aimer sereinement : la maladie apporte l’urgence d’aimer, de ressentir, de désirer. Dans ce rapport au temps les personnages annexes sont comme des marqueurs fixes permettant de situer chronologiquement deux personnages désorientés.

Friande d’histoires d’amours impossibles, j’ai été servie avec ce beau roman à la plume mélodieuse. En revanche, lire à propos de l’épilepsie était pour moi tout à fait inédit. J’ignorais totalement que ses victimes étaient hospitalisées si longtemps, le rapport à la mort est omniprésent et m’a beaucoup troublée, très peu d’optimisme dans ce roman sur l’issue de cette maladie, dont le pronostic semble plus létal que ce que j’en connaissais. L’auteur parvient pourtant avec poésie à décrire la maladie et ses symptômes, en témoigne l’extrait ci-dessous :

« Le premier signe est un vacillement léger et euphorisant. Comme un shot d’alcool blanc avalé à jeûn ou une grosse taffe d’herbe au réveil. Tout monte a la tête en ondes chaudes qui tendent les unes vers les autres et se superposent. L’étourdissement est presque agréable, la nano-seconde de la perte de soi. Des poussées électriques dans le cerveau, des implosion acides, des feux d’artifice qui chatouillent l’intérieur de la boîte crânienne. C’est étonnant. Un peu effrayant. La première fois que ça arrive, la première fois que tu sens le volume de ton propre cerveau, c’est déstabilisant, excitant, redoutable. Tu découvres que tu es capable de faire exploser cette myriade d’orties, cette centrale brûlante, ce petit mot lieu-dit, ces montées en vagues de mimosas et de nitrites. »

Le signe astrologique du roman

Si ce roman était un signe du zodiaque, il serait bélier !
Julien et Roman, les deux protagonistes du roman, par leur énergie et leur impulsivité évoquent le premier signe de feu du zodiaque, le bélier, le feu jaillissant, Feu-Follet. Le bélier aime par dessus tout le bruit, l’excitation, le danger, le sexe. Ce roman est extrêmement électrique, on ressent de l’énergie magnétique partout entre les lignes, une certaine impatience aussi, le bélier ne tient pas en place, il étouffe, il veut tout voir, tout savoir, tout connaître, il veut brûler la vie, rien ne le déprime plus que de rester enfermé, malade, dans un hôpital, alors que le monde entier l’attend dehors. Le bélier n’est pas réputé non plus pour être le signe le plus fidèle du zodiaque, une curiosité candide dépasse souvent principes et idéaux.
Le bélier est représenté par Mars : planète brûlante associée à l’énergie, la virilité, l’impatience ou encore la sexualité masculine (les hommes viennent de mars et les femmes de Vénus dit-on…)
Les natifs ayant un Mars dominant ou un excès de feu dans leur thème ne sont parfois plus maîtres d’eux-mêmes, leurs nerfs lâchent et ils perdent totalement le contrôle, exactement comme peut l’illustrer une crise d’épilepsie, d’où le rapport établi très vite avec ce signe.
Mais au fond, le bélier est un romantique, est c’est bien le parfum d’amour et d’eau fraîche qui se dégage de ce petit bijou de roman, sincère et sensible.

L’auteur : Jérôme Lambert

Né à Nantes en 1975 Jérôme Lambert vit aujourd’hui à Paris où il travaille dans l’édition. Il a publié deux romans adulte La Mémoire neuve (2003) et Finn Prescott (2007) aux éditions de l’Olivier et a écrit une dizaine de romans et albums pour la jeunesse, principalement à L’École des loisirs.

Ma reine

C’était l’été 1965, le plus grand des étés, et je n’en finissais pas de tomber.

C’est une reine, elle s’appelle Viviane, elle habite dans ce château là-bas. Elle est la reine de cet enfant de douze ans déscolarisé. Ils sont seuls dans une vallée de Provence, tout un été. Il n’y a pas d’adultes, ou s’il y en a, ils sont comme eux, inadaptés pour le monde.

Shell vivait avec ses parents dans la station essence éponyme lorsqu’il a décidé de s’enfuir. Il voulait partir à la guerre, devenir un homme, à défaut d’avoir réussi à être un petit garçon comme les autres. Là sur ce plateau de verdure et de cailloux, sa reine Viviane lui demande de lui obéir, parfois elle lui bande les yeux et l’emmène dans des endroits merveilleux et inaccessibles. Parfois elle disparaît, et Shell en perd la raison de vivre. Il ne grandira jamais autant que cet été-là, aussi heureux, oscillant entre rêves et réalité, coupé du monde cruel, ouvert à ses émotions et ses souvenirs d’enfant.

Mon avis

Ce roman-conte est d’une douceur inouïe, son atmosphère onirique et olfactive vous plonge en plein coeur de la chaude Provence. La narration, tenue par ce garçon de douze ans offre un engagement sincère, lucide et émouvant, et de servir un imaginaire puissant.

Le signe astrologique de ce roman

S’il fallait donner un signe astrologique à ce roman, il serait cancer.

Le signe du cancer débute concomitamment à ce roman, au tout début de l’été.
Le cancer est un signe d’eau, et l’eau est le plus sensible des éléments. La motivation des signes d’eau (cancer, scorpion, poissons), vient de l’intérieur, souvent en réaction instinctive à un stimulus émotionnel, à l’image de Shell qui a fui sa maison pour éviter d’être placé en institut spécialisé.
L’eau est également, en apparence, le « moins éveillé » des éléments du zodiaque : Shell est cet être qui n’en finit plus de s’endormir n’importe quand et n’importe comment, quitte à se perdre jusque dans ses propres rêves. Et puis il y a cette soif constante sous ce soleil de plomb, cette eau qui manque, cette eau salvatrice dont Shell rêve et qui arrive enfin.

J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux.

Le cancer est un signe émotif  ayant un constant besoin de protection, d’où sa célèbre carapace : nous voyons alors Shell, réfugié confortablement dans son abri de berger et son lit de paille, attendant que Viviane vienne le nourrir, protégé, blotti, mais si vulnérable.
Le cancer est discret, il se fait facilement oublier par les autres, et parfois manipuler. Lorsqu’il aime quelqu’un, il lui reste fidèle et obéissant jusqu’à parfois commettre des erreurs ou se détruire…

L’auteur

Jean-Baptiste Andrea est né en 1971 à Saint-Germain- en-Laye. Il est réalisateur et scénariste.
« Ma reine » est son premier roman paru aux Editions de l’Iconoclaste.