Ma reine

C’était l’été 1965, le plus grand des étés, et je n’en finissais pas de tomber.

C’est une reine, elle s’appelle Viviane, elle habite dans ce château là-bas. Elle est la reine de cet enfant de douze ans déscolarisé. Ils sont seuls dans une vallée de Provence, tout un été. Il n’y a pas d’adultes, ou s’il y en a, ils sont comme eux, inadaptés pour le monde.

Shell vivait avec ses parents dans la station essence éponyme lorsqu’il a décidé de s’enfuir. Il voulait partir à la guerre, devenir un homme, à défaut d’avoir réussi à être un petit garçon comme les autres. Là sur ce plateau de verdure et de cailloux, sa reine Viviane lui demande de lui obéir, parfois elle lui bande les yeux et l’emmène dans des endroits merveilleux et inaccessibles. Parfois elle disparaît, et Shell en perd la raison de vivre. Il ne grandira jamais autant que cet été-là, aussi heureux, oscillant entre rêves et réalité, coupé du monde cruel, ouvert à ses émotions et ses souvenirs d’enfant.

Mon avis

Ce roman-conte est d’une douceur inouïe, son atmosphère onirique et olfactive vous plonge en plein coeur de la chaude Provence. La narration, tenue par ce garçon de douze ans offre un engagement sincère, lucide et émouvant, et de servir un imaginaire puissant.

Le signe astrologique de ce roman

S’il fallait donner un signe astrologique à ce roman, il serait cancer.

Le signe du cancer débute concomitamment à ce roman, au tout début de l’été.
Le cancer est un signe d’eau, et l’eau est le plus sensible des éléments. La motivation des signes d’eau (cancer, scorpion, poissons), vient de l’intérieur, souvent en réaction instinctive à un stimulus émotionnel, à l’image de Shell qui a fui sa maison pour éviter d’être placé en institut spécialisé.
L’eau est également, en apparence, le « moins éveillé » des éléments du zodiaque : Shell est cet être qui n’en finit plus de s’endormir n’importe quand et n’importe comment, quitte à se perdre jusque dans ses propres rêves. Et puis il y a cette soif constante sous ce soleil de plomb, cette eau qui manque, cette eau salvatrice dont Shell rêve et qui arrive enfin.

J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux.

Le cancer est un signe émotif  ayant un constant besoin de protection, d’où sa célèbre carapace : nous voyons alors Shell, réfugié confortablement dans son abri de berger et son lit de paille, attendant que Viviane vienne le nourrir, protégé, blotti, mais si vulnérable.
Le cancer est discret, il se fait facilement oublier par les autres, et parfois manipuler. Lorsqu’il aime quelqu’un, il lui reste fidèle et obéissant jusqu’à parfois commettre des erreurs ou se détruire…

L’auteur

Jean-Baptiste Andrea est né en 1971 à Saint-Germain- en-Laye. Il est réalisateur et scénariste.
« Ma reine » est son premier roman paru aux Editions de l’Iconoclaste.