Le nom secret des choses, de Blandine Rinkel

Vous l’avez vue danser et virevolter dans mes stories il y a deux jours, cette jolie biche parisienne, cette fascinante beauté blonde qui n’a pas toujours été à l’aise en société ou seule à la terrasse d’un café. Elle s’appelle Blandine Rinkel, elle danse donc, elle chante et elle écrit. Car non, « un écrivain ne sait pas faire que ça, écrire ; on sait tous faire plein d’autres choses ! » 

Elle respire l’Art, et moi je la regarde danser et chanter, puis je la lis avec un plaisir infini.

Comme en peinture, c’est avant tout un effet de fondu. Oui, à 18 ans, Océane a décidé de fondre, dans ses vêtements et dans Paris. Débarquée à Paris de Saint-Jean-des-Oies, ce village de 800 habitants où elle a grandi et qui ne lui a pas donné les codes, Océane les apprend sur place, autodidacte et docile. Elle s’aligne sur les autres, cesse de rire trop fort, fume pour fumer et s’adonne à du sexe sans plaisir. Elle ment, beaucoup, elle fait semblant d’être quelqu’un d’autre.

Son sentiment d’insuffisance est une valise beaucoup trop lourde à porter. Ont-ils conscience de leur chance, ceux dont la poésie et le cinéma les a bercés depuis la naissance, ceux qui sont déjà dans le bon cercle ?

Elle rencontre Elia, une amie, un double, un complément d’elle-même. Des yeux vairons et des cheveux noirs. 

« Elle était grave et ne l’était jamais.

Joueuse et engagée.

Absurde et parfaitement sensée.

Caractère que, depuis, je cherche chez tout le monde et ne retrouve nulle part. »

Elles s’apprivoisent lentement, Elia la séduit en l’écoutant, et en la rassurant « Les gens qui ne conviennent pas me conviennent parfaitement, tu sais ». Un soir, en débattant sur le déterminisme, elles listent toutes ces choses modifiables qui nous dessinent, les yeux, les cheveux, le prénom. C’est ainsi qu’elles se lancent un pari absurde, Océane deviendra Blandine. Et dédicacera ce second roman « À celles qui disparaissent ». Amitié toxique, fondatrice, je vous laisse deviner à quel point ce texte m’a parlé.

Une plume à tomber par terre, une sensibilité sur les choses et les êtres, « Le nom secret des choses », c’est simplement de l’excellente littérature. 

Romy, une longue nuit de silence, par Sarah Briand

Ne l’appelez pas Sissi, elle détestait ça. Elle n’était pas cette jeune fille aux longues tresses, elle était bien plus complexe, meurtrie, vulnérable. Elle était allemande et française, elle était saturée de failles et pétrie de chagrins le jour où on l’a retrouvée morte à son domicile le 29 mai 1982. Le premier à accourir ? Alain Delon, le grand amour de sa vie, son ami, son confident. Il s’était fait connaître grâce à elle, plus tard il lui a proposé « La piscine » lorsque la carrière de Romy battait de l’aile. Elle n’a jamais eu confiance en elle, elle ne croyait ni à sa beauté ni en son talent pourtant immense, elle était inquiète et susceptible.

Des amours elle en a connu beaucoup, tous ces hommes, acteurs et réalisateurs dont elle cherchait le regard, l’admiration, la complicité. Le côté sombre aussi, comme son premier mari Harry Meyen, suicidé à 54 ans. Car derrière les feux des projecteurs il y avait une enfance courte, une mère absente et carriériste, des liens mystérieux avec Hitler, des paparazzi partout, à l’hôpital, au cimetière et sur les tournages.

Elle n’aimait pas beaucoup la presse, mais Sarah Briand —journaliste— ne lui en tient pas rigueur, avec ce livre elle lui offre un magnifique cadeau : la vraie Romy. Le tableau réaliste et émouvant des grands moments de sa vie. Elle dresse un portrait très sensible et juste de cette femme-mystère, aussi solaire et magnétique que désenchantée et inconsolable. On ne s’en lassera jamais, elle manque terriblement au cinéma. Appelez-la Romy Schneider !