Fils du feu

Je me sens toute petite, victime du syndrome de Stendhal devant ce monument littéraire, anéantie devant ce chef d’oeuvre, devant ces mots posés d’un souffle et déjà résignée auprès de ceux que je ne trouverai pas pour vous en parler.
Alors comme ça, la littérature contemporaine  permet ce genre de perfection ?
L’enfance, l’absence, la naissance d’un peintre. Tout était écrit, il l’a digéré en une vie, et ce roman est là.

Jacky, semblable à ma grand-mère étêtant des grenouilles, aurait pu travailler les yeux fermés ; il possédait en lui, tout comme elle, quelque chose d’inné, de bestial ; comme un cri des cavernes lorsqu’un premier orage illumina la grotte ; un cri qui se serait transmis de silex en silex, de tison en tison, de feu en feu, de foyer en foyer, de forge en forge, et qui aurait fini par échouer, ici, entre ses mains de forgeron, comme il l’était sans doute écrit de toute éternité tant il semblait évident que Jacky avait dû naître d’un ventre de fer en fusion entre deux cuisses de lave au temps des grandes fissures cambriennes tandis que les volcans projetaient dans les nues quelques myriades d’enclumes phosphorescentes.

Ce texte parle d’un enfance passée dans une forge, façonnée par la vision de son père et de Jacky martelant l’enclume en rythme, les escarbilles illuminant la pièce ; il parle de ces femmes essorant leur linge à mains nues : elles l’étendaient en discutant entre elles, puis le récupéraient aussitôt que le vent d’Est se levait, celui chargé de la poussière de charbon des locomotives ; il parle de cette grand-mère qui étêtait les grenouilles méthodiquement et sans scrupule ; il parle de ce père violent, de ces cris qu’il entendait la nuit de l’autre côté de la cloison ; il parle de ce petit frère mort et de la folie de sa mère, qui, pendant des années a continué à le nourrir, le bercer, lui parler, pour trouver la force de continuer à vivre ; il parle de tout ce qui a constitué son devenir d’artiste peintre aujourd’hui et qui a été condensé dans cette enfance belle et violente. C’est d’une beauté sans nom. À lire…

Le signe astrologique du roman

Bélier. La virilité et la planète rouge symbolisée par Mars, ainsi que l’élément (feu), placent ce roman directement dans ce signe. Les hommes surpuissants, les femmes démunies, tous deux remisés à leurs fonctions primaires, marteler, enfanter, la violence inouïe de la nature, des matériaux et des hommes, tout contribue à placer ce livre dans ce premier signe du zodiaque, l’impétuosité, l’impulsivité, la force primaire jaillissante.

« L’odeur de la limaille, du fer chauffé à rouge, l’odeur des corps en sueur qui parfois s’effaçaient derrière la fumée blanche, l’odeur des grains d’acier en gerbes brésillantes, l’odeur même des marteaux, masses, pinces, massettes, et l’odeur de l’enclume qui les recueillait tous. »

Extrait choisi

Dans ce ventre de femme qu’il ne sera jamais. Il vient aussi de comprendre cette chose fondamentale : qu’aucune vie en son sein ne prendra racine. Son ventre ne se videra qu’afin aller nourrir des trous comme celui-ci. Il sait désormais qu’il mourra tel qu’il est, sans rien d’ombilical entre le monde et lui, qu’il n’enfantera que de vagues chimères, qu’il devra se construire des mondes intérieurs, s’en inventer souvent et les détruire parfois. Il eût préféré, au fond de lui, être à même de porter un fruit dans ses entrailles, qu’il fût béni ou non.
Il a compris, cet enfant que j’étais, dans des odeurs de chiottes et dans la peur des grands, avec cette évidence gracieuse dont doivent être aspergés tous les illuminés, la solitude des hommes et leur quête insensée. Vanitas vanitatum de la stérilité. Il ignorait encore, évidemment, qu’il prendrait des amants pour combler ce grand vide ; qu’il échouerait.
Que j’échouerais, bien sûr, ne ferais qu’échouer.

Bilan 1er semestre 2018 / Recommandations pour l’été

Je vous le concède, j’ai eu un mal fou à choisir. Les livres sur cette photo sont ceux dont je ne pouvais vraiment pas me passer. Parce qu’ils ont marqué cette première moitié de l’année, parce qu’ils m’ont bouleversée, parce qu’ils ont ouvert des possibilités que je connaissais pas. Ils sont tous habités par la sincérité et la qualité. J’en ai aimé beaucoup d’autres, mais voilà, choisir c’est renoncer.

J’ai fait deux piles, -je n’ai pas de pile préférée- car beaucoup d’entre vous  ne veulent pas forcément connaître les livres qui m’ont fait moi agathe the book le plus vibrer mais quels sont ceux que vous devez acheter pour cet été. Et je vous comprends !

Il y a donc la pile de droite de livres compatibles avec les vacances et l’idée de s’aérer l’esprit sans pour autant être taxés de légers, et la pile de gauche, la pile de ceux qui ne sauraient être appréciés à leur juste valeur entre un mojito et un match de raquettes, ne pouvant souffrir d’une ambiance estivale décompressive. Ils ne sont pas « plus sérieux, moins drôles, moins bien », au contraire, je ne veux simplement pas être de mauvais conseil à cause d’une inadéquation d’ambiance. Ça dépend aussi de votre été, me direz-vous, certains ne partent pas sous une ambiance darladidadada et en profitent justement pour lire des choses plus spécifiques. C’est pour cette raison que je les détaille tous ci-dessous, à vous de vous faire votre idée.

Pour résumer, ceux de la pile de droite pourraient aller à gauche, dans le bilan semestriel des coups de coeur, mais pas l’inverse. (je vous ai perdus).

Voici donc le détail des deux piles, succinctement. ⇒ Ce qu’ils représentent pour moi, pour qui ils s’adressent, et le lien vers la chronique complète.

La pile de gauche : Des magnifiques romans, spécifiques ou chefs d’oeuvres, mais pas forcément « estivaux » 

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En détail :

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Je n’aime pas classer les livres mais si je devais n’en retenir qu’un : ce serait Fugitive parce que reine. C’est pour moi le livre le plus bouleversant de cette moitié 2018, sans doute parce qu’il est auto/biographique.

Pour qui : ceux qui aiment les histoires de famille, les liens mère-fille, les récits testaments.  En savoir + ici.

 

 

fullsizerenderL’autre qu’on adorait, de Catherine Cusset, ayant remporté notre distinction estivale « L’été en Poche des Blogueurs littéraires 2018 », et célébré par Folio le 21 juin, jour de l’été !

Pour qui : ceux qui aiment les portraits d’hommes attachants et dramatiques, de la même manière que Fugitive parce que reine, en version masculine, un livre introspectif, un récit inoubliable. En savoir + ici.

 

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Roman coup de poing, une claque, sorte de conte contemporain entre cette jeune fille qui n’en finit pas de manger et grossir.

Pour qui : ceux qui aiment les romans allégoriques de notre société, servis par une plume magistrale.

En savoir + ici.

 

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L’histoire de cet homme soumis psychologiquement à sa femme raconté par la terrible Claire Castillon est terrifiant, rarement lu un livre qui vous fait autant réfléchir.

Pour qui : ceux qui aiment les relations homme-femme, les livres chocs, qui bouleversent les codes. En savoir + ici.

 

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Eparse ressemble à un recueil de pensées à picorer, grossière erreur, c’est un roman très soigné et construit à lire avec beaucoup d’attention.

Pour qui : ceux qui veulent s’ancrer dans notre époque, jouer avec les mots et les maux de la vie sentimentale.

En savoir +

 

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Une réflexion philosophique sur la place du visage dans notre société, que sommes-nous sans la beauté? Où placer notre âme ?

Pour qui : ceux qui aiment les univers oniriques et complètement déjantés, en quête d’absolu.

En savoir + ici.

 

FullSizeRender-4Avec ce roman, ça passe ou ça casse. Certains crient au scandale quand moi je transfère et transpose complètement sur ce récit d’adolescente. Le Goncourt l’a placé dans sa sélection pour l’été. Merci les 68 premières fois pour la découverte !

Pour qui : celles qui veulent se reconnaître dans les relations d’amitié fusionnelle et destructrice. En savoir + ici.

 

imageLu récemment et heureusement, un récit sublime, envoûtant, très fort et indispensable. L’histoire d’un viol d’une petite fille, l’histoire d’une résilience par l’écriture.

Pour qui : pour tous, pour comprendre, pour ressentir, avertir. A lire concentré et au calme.

En savoir + ici.

 

IMG_9992Un court roman sur Orphée parti à la recherche de son Eurydice.

Pour qui : ceux désireux dé découvrir un mix entre mythologie et nuit parisienne. En savoir + ici.

 

 

La pile de droite : Des livres impossibles à lâcher que je vous recommande pour cet été, à emmener en vacances en toute sécurité 

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En détail :

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Vous aviez été très emballés par ma chronique, (gros pic dans mes stats) sûrement aviez-vous ressenti mon engouement terrible pour ce roman. Il possède tous les ingrédients pour que vous le lisiez en deux heures sans vous arrêter.

Pour qui : ceux qui aiment les histoires romanesques et les histoires d’amour impossibles. En savoir + ici.

 

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Comme le précédent, ceux qui l’ont lu l’ont approuvé. Non ce n’est pas un feel-good mais si le feel-good fait lire alors tant mieux. Comme le précédent, je l’ai dévoré et fini en larmes. Un roman sincère et un message positif.

Pour qui : Ceux qui aiment les parcours de femmes incroyables. En savoir + ici.

 

FullSizeRenderQuand je l’ai lu en hiver je me souviens avoir pensé qu’il était sorti trop tôt et que je le conseillerais volontiers pour cet été. Un roman haletant, sorte de thriller psychologique entre une jeune fille et les membres d’une jeunesse dorée.

Pour qui : ceux qui aiment les récits prenants et qui projettent de partir au bassin d’Arcachon 😉

En savoir + ici 

 

img_2429.jpgUn roman italien d’un souffle volcanique, impétueux. Commencé en larmes, fini en larmes. Le croisement de deux maternités, une accouchant sous X et l’autre n’arrivant pas à tomber enceinte. Superbe !

Pour qui : ceux qui aiment les ambiances réalistes de jeunesses italiennes, les combats de femme.

En savoir + ici.

 

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Tout ce que j’attends de la littérature française : un récit psycho-romanesque, les histoires de familles, des réflexions actuelles, de l’humour, de la sincérité… et surtout de la fraîcheur ! Roman estival mais pas que.

Pour qui : ceux qui aiment les histoires trans-générationnelles, les secrets de famille, le goût de l’écriture… et Saint tropez !

En savoir + ici.

 

FullSizeRender-4.jpgSi vous ne connaissez pas encore le talent et l’humour d’Anne Akrich, c’est le moment de succomber! Hilarant, le mot est léger. Son avant-dernier (Il faut se méfier des hommes nus) est sorti en Poche et se déroule à Tahiti…

Pour qui : ceux qui n’ont pas peur de dépasser les tabous et la bienséance autour de la maternité intouchable… Résolument moderne, servi par une plume parfaite. En savoir + ici.

 

Les deux commis d’office

Je pars du principe que je vous en ai déjà beaucoup beaucoup parlé à travers des chroniques dithyrambiques, mais sachez que mes deux grands écrivains chouchou ont sorti un roman dans ce premier semestre et je les ai adorés. Parce que je n’arrive pas à être objective ou peut-être aussi parce qu’ils n’ont pas besoin de moi je ne les ai pas mis sur la photo car ils ne peuvent pas bouger de mon coeur… (oui c’est mon coté fleur bleue).

Evidemment qu’ils sont à lire !!!!!!

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Entre cellules souches et critique acerbe de notre époque, un roman grinçant et documenté, riche et construit que j’ai dévoré.

Pour qui : ceux qui ne veulent pas mourir.

En savoir + ici.

 

FullSizeRender-5Quand l’art nous sauve, David Foenkinos n’est jamais bien loin.

Pour qui : ceux qui aiment les histoires de vie, subtiles et sublimes.

Si vous aviez loupé la chronique de la groupie elle est ici…

L’enfant qui mesurait le monde

Des petits bateaux en papier, Yannis en confectionne tous les soirs pour rétablir l’ordre du monde. Toute la journée il compte les poissons fraîchement arrivés au port, et les compare aux chiffres parfaits. Plus le désordre a été important, plus ses pliages seront nombreux, et l’apaiseront. Yannis a douze ans, et est autiste.
Sur l’île grecque en crise dans laquelle il vit avec sa mère, un troisième personnage entre en scène : un architecte américain qui vient de perdre sa fille tragiquement, celle ci habitant l’île pour une étude et un projet d’école qui demeurent inachevés. En sa mémoire, l’homme décide de rester sur l’île pour terminer son travail. La mère de Yannis le loge, à condition qu’il s’occupe de Yannis la journée pendant qu’elle part à bout de bras pêcher la palangre pour nourrir son fils. L’homme va très vite réaliser à quel point sa fille avait su être clairvoyante et douée, son projet abouti et réfléchi, et comment elle avait réussi à capter la beauté de l’île à travers des écrits qu’elle lui a laissés.

Partout, des criques vierges, sans doute identiques à ce qu’elles étaient il y a deux mille cinq cents ans, du temps de Platon. Tu t’installes et tu laisses le vent te caresser. Et la mer, papa, la mer… Même lorsqu’elle est calme, elle te parle, impossible d’en détacher les yeux.

D’autres enjeux ont alors lieu au sein de l’île, pourquoi construire une école alors qu’on l’on pourrait construire un énorme centre hôtelier et touristiques, avec un casino et plusieurs piscines? Les relations entre le maire, le président grecque et la commission européenne à Bruxelles donnent au roman une dimension actuelle très intéressant sur le point de vue grec, voire turc.

Nous avons la détestation de l’Etat dans le sang, mon Alekos. Mais de cela, le monde entier se fiche et moi aussi. Nous avons reçu du Bon Dieu le plus beau pays du monde et nous lui avons pissé dessus.

C’est dans une ambiance marine remplie d’histoires mythologiques que ce très beau roman  explore les relations entre ces trois personnes et les gens de l’île, et nous enseigne à accepter le sort, en faisant confiance à notre libre arbitre.
Un roman bourré de messages et de tolérance, un voyage dans la beauté grecque, et une belle manière d’aborder l’autisme, car sait-on seulement ce que Yannis est capable de faire, et de réunir ?

 

Mon avis

J’ai été bouleversée par l’histoire de Yannis et de sa mère, moins par l’enjeu politique du roman, même si l’auteur a le soucis de respecter scrupuleusement les avis divergents et de les retranscrire sans subjectivité interférante. Cependant il était intéressant de réunir les deux thèmes, puisqu’il est bien question d’  « union » dans ce roman, grâce à ce jeune garçon que tout le monde respecte, et qui de sa seule présence remet de l’ordre dans le monde.

Cet enfant porte en lui toute la douleur des hommes, se dit Kosmas. L’immense solitude et l’impossibilité désespérante de s’ouvrir à l’autre.

Le signe astrologique du roman

Capricorne, pour symbole de l’autisme, qui pour moi n’est pas un handicap, mais presque du génie. Une sorte de diamant mal taillé, brut, qui nous apparaît par sa facette la moins brillante, alors qu’il cache souvent énormément de pureté. Le capricorne ne dissimule pas, et surtout, il est le signe du zodiaque qui déteste le plus au monde le désordre !!! C’est un signe pragmatique, dur et froid, très peu tactile, qui cache au fond de lui énormément de sensibilité. Les enfants capricorne mûrissent plus vite que les autres, ils ont l’impression très tôt de porter un fardeau, d’avoir un devoir à accomplir dans la vie.

L’auteur

Metin Arditi, né le 2 février 1945 à Ankara, est un écrivain suisse francophone d’origine turque séfarade. Il a écrit une quinzaine de romans, dont le remarqué « Le turquetto ».

Un jeune homme prometteur

« S’ils savaient écrire, les assassins feraient d’excellents écrivains. Ils ont de l’imagination à revendre et du temps à tuer. L’inverse n’est pas sûr. Il y a un précipice entre tirer à la ligne et à bout portant. Les jours du tueur sont comptés. L’écrivain prétend à l’immortalité. Je suis le trait d’union originel entre ces deux mondes. C’est par les meurtres que je suis entré en littérature, mais la littérature me les a inspirés. »

Le roman

Orphelin de naissance et quitté par Marie, le narrateur quitte son terroir, sa mémé et son grand frère bagarreur pour la capitale, afin d’exécuter sa vocation : écrire.
Il devient rapidement journaliste free-lance et rencontre le milieu littéraire qui le déçoit : ce sont tous des imposteurs. Il part à la recherche de sa mère, se fait virer du journal, tombe en dépression… jusqu’au jour où son grand-frère débarque. Il veut le débarrasser de ses démons, de Marie qui est revenue, l’aider dans son combat intérieur. Pourquoi veut-il l’aider ? D’où vient-il? Peu à peu le poète maudit entre en guerre avec ses origines, des Pyrénées à Bangkok avec Paris en toile de fond, le récit devient une quête identitaire flirtant avec les limites de la folie.

« Et après avoir visité le bout du monde, vous avez fait quoi?
– Je suis revenue. (…) Je te demande de prendre garde. Regarde dans quoi tu trempes ton coeur.»

Mon avis

D’un style très soigné, cruel et poétique, Gautier Battistella mélange avec subtilité fiction et auto-fiction. Quel est le faux du vrai? Quand tout paraît autobiographique, il renverse la situation et décide d’inventer la suite de son existence. La narrateur quand à lui manie son passé névrotique avec brio, et l’on finit par comprendre avant lui ce qui est en train de se passer… le lecteur se sent ainsi intelligent et valorisé. J’ai trouvé la troisième partie un peu trop longue et glauque mais le roman reste cependant excellent, un thriller psychologique littéraire brillant.

Laissez-vous tenter par les promesses de ce jeune homme…

Je suis entrée en littérature par la porte de derrière, j’en sortirai par la porte principale.

Le signe astrologique du roman

Gémeaux… Pour la dualité entre le narrateur et son frère. Pour ces deux facettes opposées de leur personnalité. La cruauté, la méchanceté d’une part, la douceur ambitieuse, l’amour des mots de l’autre. Cette gémellité angoissante nous prend aux tripes durant tout le roman… en dire plus révèlerait la fin du roman, lisez le!

Faire du mal ne veut pas forcément dire être méchant. Je crois même que la plupart du temps on fait du mal sans le vouloir, pour le bonheur de quelqu’un d’autre.

Citations et extraits

Chaque nouveau soleil est un cadeau.

Faites-les parler d’elles, elles croiront qu’elles vous aiment. Maupassant.

Les corps sont maladroits la première fois. Ils font l’amour en rougissant. Ils miment des gestes qu’ils croient connaître, se trompent, tâtonnent, impatients. Marie riait. Quand elle a cessé et m’a regardé, surprise, avec ses grands yeux comme des lunes, j’ai su que j’avais touché au but. Des scènes d’amour, j’en avais lu des centaines, mais quand ça arrive pour de vrai, ça coupe le souffle. (…) Bien que son corps fût plus petit que le mien, il m’enveloppait.

Je n’étais pas triste, j’étais absent. Je négociais mes nuits au bar des Artistes, mais l’alcool n’enivre que ceux qui cherchent à disparaître : je voulais revenir.