L’île de Jacob, de Dorothée Janin

Est-ce l’histoire d’une île, d’un homme, ou de notre planète ? Est-ce le roman d’un jeune adolescent ou l’allégorie du chaos ?

Nous sommes à Christmas Island, entre l’Australie et Java, une île où les crabes étaient si nombreux que la plage devenait rouge. Mais ça, c’était avant l’arrivée des fourmis et la destruction de l’écosystème, mettant à mal la prolifération des populaires crustacés, et donc l’économie de ses habitants, faisant probablement de Christmas Island le reflet de notre future planète.


Le narrateur, un adolescent doué et mélancolique, y débarque aux côtés de son père chercheur, alcoolique depuis la départ de sa femme. À l’aube de sa vie d’adulte, le jeune homme va faire ses premières expériences sur l’île. Il découvre les filles, et surtout, il rencontre Jacob, un moniteur de plongée suscitant à la fois la fascination chez des adolescents et l’opprobre des habitants. Qu’est-ce donc que ce mélange de désirs, de pulsions contradictoires, si ce n’est l’apprentissage de la vie ? Est ce toujours ainsi que l’on y plonge, esseulé sur une terre aride ?


Ce roman avait suscité mon intérêt grâce au prix Maison rouge, décerné par un jury composé de grands génies de la littérature, Philippe Djian évoquait une voix nouvelle, une auteure à part entière, et c’est vraiment ce dont il s’agit, Dorothée Janin nous fait partager une langue incroyable, et une telle atmosphère ! En le lisant vous êtes immédiatement sur l’île, envahi par un sentiment d’ivresse et de solitude intense. Une immense réussite dans la forme et grâce à toutes les questions que ce roman suscite. Bravo !