Pour qu’un ciel flamboie

« Et quand vient le soir, pour qu’un ciel flamboie, le rouge et le noir, ne s’épousent-ils pas ? »

Quarante ans que l’auteur de ces mots,  Jacques Brel, nous a quittés, vingt ans que Véronique de Fombelle a perdu son mari. Ce récit très émouvant à l’écriture magnifique retrace une très belle histoire d’amour qui aura duré vingt-sept ans, avant que la maladie ne la stoppe brutalement. Véronique revient sur la mort de Laurent, son partenaire, son ciel, sa vie, et offre une perspective de ce qu’est la vie après le bonheur : une multitude de petits bonheurs.

Profondément optimiste mais réaliste, lors du deuil, Véronique a naturellement repoussé la vie avant de la reprendre à nouveau et de s’y accrocher. Elle continue d’aimer son mari après la mort, le « rechoisit chaque matin », car c’est avec lui qu’elle veut continuer le chemin.

Elle avait encore quatre enfants à la maison lorsque Laurent est parti : pour elle, pour eux et pour les autres, elle est devenue thérapeute, spécialisée dans l’accompagnement affectif. Dotée d’une nature positive, elle nous apprend à se griser d’un rien, s’émerveiller d’un matin, et c’est ainsi que dans les pires épreuves la vie et son souffle surpuissant reprennent naturellement leurs droits.

Il était l’homme de ma vie. Parce qu’il donnait sens à cette vie qu’il rendait inattendue, drôle, touchante, créative, heureuse. Passionnée et passionnante.

Elle ne dit pas qu’il n’y a pas eu d’épreuves, sa vie de couple a été comme les autres, semée d’embûches ; elle avait simplement trouvé celui avec qui la vie n’était jamais fade,  dont elle admirait les idéaux, dont la fantaisie et la fibre artistique lui correspondaient.

Je sais aujourd’hui qu’il est dangereux de pactiser avec tout ce qui nous enténèbre : la peur, les soucis, le retour sur le passé, la culpabilité, la rancune. Le piège se referme vite. Mais j’ai constaté pourtant qu’il pouvait exister paradoxalement une sorte de soulagement, presque de douceur, à se laisser aller parfois à plonger -ponctuellement, tout le secret est là- dans la peine, l’inquiétude, la nostalgie. A jouer avec le feu en quelque sorte, et à constater que la lumière résiste.

Le signe astrologique du roman

Lion !

Un signe solaire pour ce livre et cette femme d’une élégance et dignité absolue, pour la façon dont elle rayonne autour d’elle son amour et goût de la vie. Son mari était son ciel, son tout, et il continue de l’être, même après la mort, le roman met en scène l’élévation de l’âme à tout niveau. D’une bienveillance chaleureuse, la résilience est transcendantale, le natif du Lion ne s’abaisse jamais, il combat, c’est un signe loyal et fidèle à ses principes. Son visage affiche confiance et joie de vivre.

L’auteure :

(source : L’iconoclaste)

Véronique de Fombelle se partage entre son métier, psychologue et thérapeute de couple, sa grande famille et ses amis. Passionnée de voyages et de découvertes, elle déborde d’une énergie et d’une curiosité communicatives. Pour qu’un ciel flamboie est son premier livre. Timothée de Fombelle, un  de ses fils, a publié Neverland en 2017 chez L’iconoclaste également.

 

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

Quel livre ! La pudeur et la sincérité sont au service de l’émotion dans ce nouveau  roman de Diane Ducret. Des histoires de femmes, elle en a écrit et relaté beaucoup, mais aujourd’hui, c’est sa propre histoire qui sort en librairie.

Sur le papier, Enaid a tout pour être heureuse. La beauté, ok. L’intelligence, ok. Le talent, ok. L’amour : …  Le roman débute en Pologne par un coup de fil de son amant : il la quitte, « c’est pas elle c’est lui ». A trente ans passés, quelques rudiments psychanalytiques l’aident à appréhender le problème : en s’aimant soi-même ça marchera peut-être mieux. Oui mais comment s’aimer lorsque l’on a grandi sans parents, sans une mère qui vous assure chaque soir en vous lisant une histoire que ça va aller et qu’elle vous aime ?

Une enfance volée donc, vers trois ans Enaid est élevée par ses grands-parents paternels, qui en voulant la protéger l’enferment. Elève surdouée, elle saute deux classes, déménage à Biarritz.

Et puis tout s’enchaîne, la malédiction frappe : un terrible accident de cheval la condamne à boiter, elle se fait avorter à quinze ans de son premier amour, elle découvre la drogue et les rave espagnoles, elle devient cette ado à la recherche d’elle-même, ou de cette mère qui lui manque tant. Etudiante à Paris, elle tombe amoureuse de son professeur, part vivre à Rome puis découvre trop tard qu’il est maniaco-dépressif. Les séquelles psychologiques seront nombreuses, longtemps après avoir fui elle aura peur du noir, ou qu’il la retrouve. Elle sombre dans la dépression, la boulimie, accepte un voyage au Caraïbes; car l’on voyage beaucoup dans ce roman, mais ce n’est pas une fuite, Enaid est en perpétuelle recherche d’elle-même, peut-être que quelque part dans le monde elle trouvera enfin ce qui lui manque tant.

Comment font les flamants roses pour tenir sur une patte si frêle ? Ils font avec, répondrait Enaid, qui a frôlé l’amputation et s’est battue des années pour sauver sa jambe malade. Car si ce n’est la jambe c’est peut-être le coeur, nous sommes tous des flamants roses, dit l’auteure, condamnés à devoir composer à marcher sur une patte sans tituber. C’est un roman fort sur l’hérédité, sa nécessité dans notre équilibre mental.

Ils ne savent pas la chance qu’ils ont, ceux qui ont le temps d’avoir des enfants avant de perdre leurs parents. Lorsque l’on est tout seul sur la chaîne de l’hérédité, perdu entre deux générations qui ne veulent pas être, on ne se sent pas véritablement exister, comme si aucune place ne nous avait été destinée et qu’il fallait la faire tout seul, à la force des bras, des mains, des dents.

Mon avis

Je vous recommande ce roman ! L’écriture rythmée, l’absence d’artifices et d’atermoiements en font un texte d’une grande qualité et d’une profonde humilité. J’ai mis longtemps à comprendre le choix d’une couverture aux allures feel-good enveloppant un roman aussi fort et sensible. Et puis en le refermant on comprend. L’intention de la jeune femme n’est pas de se faire plaindre, elle tient à conserver l’humour dans les larmes, elle est avant tout une guerrière, elle incarne la renaissance. Dans sa mise à nu elle nous livre ici un message de résistance et d’optimisme. Un parcours de femme magnifique, une histoire que j’ai dévorée, adorée.

L’auteure :

Née en Belgique  le 17 novembre 1982, Diane Ducret est normalienne, historienne, philosophe, journaliste et écrivain. Son roman « Femmes de dictateurs » a été un best seller.
A propos de ce roman, cliquez ici pour la très belle Interview de Diane Ducret dans femme actuelle réalisée par Amélie Cordonnier

ducret_diane

Crédit photo Flammarion

Le signe astrologique du roman

Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller chercher le signe de l’auteure… elle est née le 17 novembre comme ma petite Pénélope!! Je la trouve encore plus géniale depuis cette info.

Comme beaucoup de romans autobiographiques, ce livre est du même signe que celui de son auteure, car c’est le cœur qui parle… ce roman est donc Scorpion ! En témoigne cet extrait …

Je ne peux plus être une jolie poupée blonde. J’ai besoin d’être comme ces jeunes hommes des civilisations éloignées qui doivent prouver leur bravoure en se confrontant à la douleur physique par une épreuve qui marquera leur chair. Parfois le visage est entaillé, parfois le dos est brûlé, la lèvre élargie d’un disque. Ils peuvent alors fièrement retourner parmi les leurs. Tous verront qu’ils sont aptes à affronter la vie, à être chef de clan. Moi j’arborerai cette encre comme la pieuvre crache la sienne pour se protéger. Elle sera la preuve irréfutable et tangible que, face à la douleur, je ne cède pas. Que si j’ai pu me vaincre moi-même, rien ne peut me briser.

Le message du roman est l’adage du scorpion : une éternelle reconstruction. Le scorpion n’a pas peur de l’échec, c’est là sa plus grande force, il y trouve même de la joie  (le scorpion est assez américain en fait…) car les épreuves lui permettent sans cesse de se réinventer.

L’autodestruction dont fait preuve Enaid lors de l’adolescence caractérise aussi parfaitement ce signe : drogue, piercings, tatouages, jusqu’à ce qu’elle décide de reprendre sa vie en main, et hop, c’est reparti ! Le scorpion est doté d’une grande endurance, c’est un signe tenace, sa planète Pluton lui assure un fort pouvoir de régénération.

Enfin l’humour ! Nombre d’humoristes portent ce signe ! Coluche, Gerra, Foresti… Pourquoi les Scorpion sont ils drôles ? Car le scorpion a cette intuition inée de mettre le doigt sur chaque ressenti, la perspicacité de saisir ce qu’il y a de plus secret chez les autres, c’est le marqueur d’une grande sensibilité (signe d’eau) et cela nous fait rire autant que pleurer… c’est l’effet que vous procurera ce roman à coup sûr !

Message pour Enaid : j’ai une autre explication, astrale, à l’échec amoureux relaté dans le premier chapitre (parfois l’astrologie rassure, ce n’est de la faute de personne, juste des planètes). Après une étude très sommaire du thème, il s’avère que  Vénus en scorpion (en plus du signe solaire) amène un grand besoin de contrôle et de maîtrise dans le couple, qui tourne souvent aux rapports de domination. Souvent les natifs ayant Vénus en scorpion créent plus ou moins consciemment des rapports de force dans leurs relations, ils ne s’épanouissent que dans une certaine tension, dans la confrontation, ils peuvent alors être amenés à être détruits ou destructeurs… Une façon de se sentir  vivant, celle de mener une sensualité et une relation très « agitées ».