Douce

Qu’avait-il cet homme, pour qu’elle abolisse ainsi tous ses principes ? Qu’a-t’il dit, qu’a-t-il fait, pour que l’amour prenne ces dimensions gigantesques, inhumaines ? Comment finit-on par supporter l’insupportable, renoncer au renoncement ?

Douce est le surnom qu’il lui a donné au début de leur relation. Mais de douceur dans leur histoire d’amour, il n’y en a pas eu beaucoup. Ou suffisamment pour s’accrocher aux bribes d’un sentiment de dépendance, d’abnégation.

Plus âgé qu’elle, secret et mystérieux, c’est à la deuxième personne que Douce retrace leur histoire. D’une plume magnétique, envoûtante, elle explore les bas-fonds de l’inconscient, de cette passion qui l’a consumée pendant huit ans. 

Secrets, non-dits, mensonges et trahisons. L’image spectrale d’autres femmes, un sentiment de malaise profond et exponentiel, une succession de sacrifices. Et quelque part dans tout ça, l’amour. L’amour, chimique et inconditionnel.

Ce texte est porté par un souffle puissant, celui des sentiments douloureux, il est un grand ciel d’orage sur une toile, l’écho assourdissant des schémas répétés à l’infini.

« Je ne me souviens de rien, je me souviens de tout. De ton parfum inoubliable, des lignes de ta main, de la première fois que je l’ai serrée, de la première fois que je l’ai quittée. Nous n’en finissions jamais de nous quitter. Reprendre. Je ne me souviens plus des lieux ni des dates. Des jours, des heures, des mois. »

Quand Douce se pose la question du comment —comment peut-on rester, comment peut-on tomber?—  le livre répond à celle du combien de temps. Combien de temps reste-t-on empoisonné, meurtri, et incapable d’aimer ? J’ai souffert avec la narratrice, et comme elle, je me suis interrogée, indignée. Comme elle, j’avais envie de croire à son histoire, malgré le portrait de l’homme que j’ai trouvé répugnant et inconstant. Que ne supporterait-on pas au nom de l’amour fou ?

Le signe astrologique du roman

Scorpion

« Tu avais disposé mon portrait sur une table où brûlaient bougies, cierges, l’encens purificateur. M’aurais-tu maraboutée que ça n’aurait rien changé, j’étais déjà ensorcelée. »

En témoigne cet extrait, le scorpion est naturellement attiré par les secrets, l’ésotérisme, les eaux profondes et stagnantes. Extrêmement magnétique et séducteur il peut se révéler manipulateur, sournois, menteur lorsque ses planètes sont mal aspectées les unes par rapport aux autres. Le scorpion n’a pas peur de perdre, ni les gens ni les choses. Au contraire, il se galvanise de ses échecs qui n’en sont pas, il renaît toujours de ses cendres. Très intelligent et intuitif, il repère très facilement les failles des êtres pour mieux s’en servir plus tard. Il peut également être profondément attachant, et envoûter ses proies par le sexe. D’apparence lumineux et charismatique, il est au fond de lui noir et mystique.  Ici, l’intérieur de l’appartement de l’homme est sale et les volets ne sont pas ouverts. Les procédures judiciaires tournent souvent autour de ce signe.

Extrait

« J’appartenais à la douleur exclusivement. Elle était ma langue, ma patrie. Je la parlais, je l’habitais nuit et jour. Elle me tenaillait, me tenait éveillée, m’extirpait du sommeil les rares fois où je tombais d’épuisement. »`

L’auteure

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Avocate de formation, Sylvia Rozelier est l’auteure de Deux heures (Le Passage, 2006) et de Je partirai, je pars toujours (Le Passage, 2008).

C’est Sylvia qui nous avait suggérés lors d’une discussion sur Instagram de créer notre Prix des blogueurs ! Je la félicite pour ce superbe roman, intense et émouvant.

 

Soirée de remise de Prix 2017

Vendredi 26 janvier 2018, Librairie L’instant à Paris, s’est tenue la première édition du Grand Prix des Blogueurs Littéraires ! Environ quatre-vingt personnes étaient présentes autour d’un cocktail servi par François-Xavier Ferrol, gérant du restaurant Pirouette Paris Ier, pour couronner Bakhita, sublime roman 2017 de Véronique Olmi publié chez Albin Michel. 80 personnes, Auteurs, éditeurs et blogueurs confondus étaient présents, dans une ambiance festive et décontractée, et se sont laissés photographier toute la soirée par Albin Durand que je remercie infiniment pour sa prestation de qualité.

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Parmi les invités : David Foenkinos et Olivia de Lamberterie en guest star et marraine bienveillante, Eric Metzger qui écrit aussi bien qu’il nous fait rire dans Quotidien, François-Henri Désérable et son acolyte Clément Bénech, l’incroyable Sylvia Rozelier à l’origine de l’idée de ce Prix, la drôlissime Sylvie Le Bihan, les belles et inspirantes Charlotte Pons, Clarisse Gorockoff et Hadia Decharrière, ainsi que les talentueux Mahir GuvenJean-Baptiste AndreaSébastien Spitzer et Mathieu Ménégaux, venus avec un aplomb inégalables.

Au terme de mon discours dont je préfère oublier les hoquets et tremblements, Véronique Olmi s’est vue remettre un trophée de la part de notre communauté, ainsi qu’un encadrement de la photo de couverture du roman, provenant des archives du musée Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône… ma ville! (les hasards sont souvent bons..)

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Notre lauréate, dans une interview qu’elle a donné au journal Valgirardin XVème a justement déclaré :

Je trouve cela bien de donner au livre des moments hors de tout ce qui est institutionnel, attendu, rituel. Là, tout d’un coup, une très belle surprise surgit, avec cette spontanéité, ce travail, cette énergie très joyeuse et très communicative.

La suite de la soirée s’est déroulée dans la même ambiance, rencontre, échanges et dédicaces entre blogueurs et auteurs adulés.

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Clément Bénech, Estellereads, unlivreparsemaine, François-Henri Désérable

Notre équipe s’est fait une joie d’accueillir, badger et orienter chacun et chacune. Je dois énormément à mon équipe de blogueuses, qui depuis la création du Prix a su innover, réfléchir, diffuser, partager… Parmi elles, je nomme Amandine de Livresse Littéraire, mon associée principale, trésorière du Prix, que je remercie énormément pour son aide au quotidien depuis le début. Il y a aussi Bénédicte d’aufildeslivres qui a géré l’actualité de la page Facebook du Prix avec une énergie incroyable, Charlotte de Loupbouquin ,  Céline de mes échappées Livresques, mais aussi Sarah, Alex de Bricabook et puis Carobookine et Julie Vasa dont le discours surprise à mon endroit m’a profondément touchée. Merci les filles !

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Sylvie Le Bihan, entourée de Céline, Caroline, et Sarah

Comme l’a parfaitement expliqué Solène (Larousse Bouquine) dans son article sur la soirée du Prix, les blogueurs étaient encore mal perçus dans le milieu littéraire. Trop libres, trop sincères, peu formés… et pourtant, cette soirée a permis à tous de constater à quel point ce Prix et cette union manquaient dans le paysage littéraire actuel, immergé constamment dans le bain des réseaux sociaux.

J’ai eu l’immense chance de vivre cela : une rencontre nécessaire et libératrice, une communion sincère et enthousiaste de lecteurs passionnés, ravis d’échanger avec leurs auteurs préférés ; des auteurs détendus, invités pour célébrer et non pour débattre, se défendre, ou encore se faire connaître.

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Nicolas Houguet, blogueur présent ce soir-là, a publié sur Facebook un superbe billet dans lequel il y a ce passage si émouvant :

Je me tiens un peu à l’écart de la foule qui ressemblait à celle d’une fosse de concert tant elle était nombreuse dans la librairie. D’un coup, je vois une forêt de téléphones portables s’élever. On se livre à des discours allègres sous des ovations enthousiastes. Tout ça, c’est de la joie.

Quand Véronique Olmi brandit le trophée qu’elle a gagné pour Bakhita, ouvre le beau cadre qui reproduit la photo de sa couverture avec l’allégresse d’une enfant un matin de Noël, un frisson d’intensité et d’émotion parcoure l’assistance. Et je l’éprouve aussi

Ce soir-là, j’ai vu des gens prendre conscience de leur voix et de leur nombre.
C’était comme assister au début d’un beau mouvement.

C’était une naissance.

Oui Nicolas, c’était sans doute cela que je cherchais, enfanter ce Prix c’était pour moi un aboutissement utile, une reconnaissance envers les réseaux à qui je dois tant de lectures enrichissantes, tant de rencontres éblouissantes. Bookstagram est une bulle d’air immense, une communauté qui certains jours, sauve, par sa disponibilité et sa bienveillance.

Tout cela s’est ressenti, le simple bonheur d’être ensemble, l’excitation de se découvrir, entre membres de l’équipe du Prix, mais aussi entre blogueurs, sans parler de la fierté immense de passer une soirée avec les auteurs comme s’ils étaient nos amis, comme si on les connaissait depuis toujours.

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Jean-Baptiste Andréa et Sandrine Babu, libraire

Jean-Baptiste Andréa, auteur de Ma Reine publiée chez L’iconoclaste , a su percevoir ce qui avait plu, a compris d’où venait la magie de la soirée. Il m’a envoyé ce mail au lendemain du Prix qui m’a tellement émue que je me suis promis, en tant que Présidente du Prix, d’en faire ma ligne de conduite pour les années à venir, afin d’en garder l’esprit intact.

Chère Agathe,
Merci encore pour la soirée d’hier. Tu as réussi l’exploit de monter en un court laps de temps un événement très réussi. J’ai la réputation d’être assez réfractaire à toute forme d’organisation formelle, tables rondes, exégèse, etc… et la soirée d’hier était à cet égard une vraie bouffée de fraîcheur. Décontractée, joyeuse, des amis réunis autour des livres plutôt que pour écouter des logorrhées.
J’espère que tu sauras préserver, dans les prochaines éditions, cette fraîcheur. Que tu résisteras à la pression de l’institutionnalisation, « d’essayer de faire mieux ». Car tu ne pourras pas faire mieux, c’était parfait comme ça.
Amitiés, 
Jean-Baptiste Andréa

Dans quel état pouvais-je être, autrement que comblée par cette première édition ? Merci à tous , et vivement l’année prochaine !!

Avant de finir en images je vous joins quelques posts Instagram dont la beauté des mots résonnera en moi longtemps tellement ils m’ont fait plaisir !

Le mot d’Hadia

Le mot d’Aurélie

Le mot d’Amandine

Le mot de Mademoiselle do Lit

Et enfin, quelques photos de cette sublime soirée…

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Crédit Photo : ALBIN DURAND @_albin_