Sélection littéraire du déconfinement !

Ô joie, les librairies sont ouvertes ! Voici une sélection de 6 livres que j’ai lus pendant le confinement et que je vous recommande. On note que les femmes et les Sophie sont à l’honneur, c’est totalement fortuit. Foncez vite chez votre libraire préféré.

Un loup quelque part : un livre glaçant, haletant, sur le rejet maternel, le poids de l’apparence et des secrets familiaux. Une maîtrise absolue. 

Les fleurs de l’ombre : un roman excellent et addictif. Il se voulait d’anticipation, mais le confinement l’a rendu actuel. Bluffant ! Tatiana de Rosnay est un génie.

Les corps conjugaux : De sa plume enchantée, Sophie de Baere nous raconte un amour impossible, le poids des secrets et les schémas familiaux que l’on répète inéluctablement.

Sur les balcons du ciel :  Comme Vadim et Alma, deux adolescents, allez flâner, aimer et vous reconstruire sur les toits de Paris. Toujours justes, ancrés dans notre époque, je ne me lasse pas des livres de Sophie Henrionnet. 

Chasse à l’homme : Le texte le plus poétique et littéraire de cette sélection. Des bribes d’une histoire d’amour, un roman recommencé cent fois, une déclaration d’amour à l’auto-fiction et à Sophie Calle.

Signes extérieurs de richesse : Le plus drôle ! En lisant ce livre, j’ai eu l’impression de boire du vin jusqu’à l’aube avec ma meilleure amie. C’est punchy, humble, sincère, et tellement plus encore !

Sentinelle de la pluie

« Paris ressemble à une Venise obscure et effrayante; une métropole engloutie sombrant peu à peu dans l’oubli, incapable de lutter, cédant à la violence tranquille et meurtrière de son fleuve devenu fou. »

Le roman

Trois cent soixante pages de pluie incessante. Dans ce roman à l’ambiance humide, vous glissez malgré vous dans les chaussures trempées de Linden, le protagoniste principal du roman et partez rencontrer sa famille.

Linden est un photographe trentenaire franco-américain et réputé.
La famille étant aux quatre coins de la planète, sa mère a décidé de les réunir pour les fêtes à Paris. Lorsqu’ils arrivent, la menace plane, ils ne savent pas comment prendre la mise en garde de la presse et de leurs amis : la crue de La Seine risque de dépasser celle de 1910.
Un deuxième élément s’ajoute alors : le père de Linden, un arboriste passionné, a l’air très mal et fatigué, il ne parle quasiment pas, il semble perturbé, peu réjoui de retrouver les siens. Linden s’interroge : de quoi s’agit-il? Il n’a jamais eu de conversation intime avec son père, il serait temps de lui parler de son petit ami, Sacha : il ne l’a pas encore présenté à son père, pourtant leurs projets de vie sont imminents. Sa soeur semble très irritable aussi, et sa mère distraite. Sous la pluie battante de Paris, c’est l’histoire de chaque membre d’une famille que l’on retrace.

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Le zouave du pont de L’alma : lorsque l’eau monte jusqu’aux chevilles, la crue est annoncée

Mon avis

Arboriculture, Photographie, crue de la Seine, Homosexualité, maladie… Les sujets sont nombreux dans le nouveau roman de Tatiana de Rosnay. Nombreux et traités de façon assez consensuelle. A l’inverse de la Seine, le fil narratif ne déborde pas, et c’est rassurant aussi parfois, des personnages plutôt prévisibles, une absence d’excès névrotique, une lecture non dérangeante, bien construite, que l’on peut conseiller à tous. La lecture était fluide, et j’ai lu ce livre avec plaisir.
Paris sous l’eau est très bien traité, le travail de recherche et de description parfaitement dosé et captivant.

« Ce qui frappe Linden, c’est le silence : plus de moteurs de voiture, de grondements de bus, de coups de klaxon; rien que le chuintement de la pluie et de l’eau qui se mêle au murmure des voix. »

Le fil rouge du roman, l’arbre préféré du père de Linden, un tilleul, apporte son lot d’émotions et de messages, il amène progressivement le lecteur au message essentiel du roman, la nature, la préservation de notre éco-système, et de soi-même.

« Quand la nature se mettait en colère, avait-il dit, il n’y avait rien que l’homme puisse y faire. Absolument rien. »

Le signe astrologique du roman

Scorpion.Signe d’eau obligatoire pour ce roman à l’ambiance totalement aquatique, mais une eau stagnante, comme celle du scorpion, qui s’infiltre jusqu’au plus profond de nos habitations pour aller chercher nos secrets. Le scorpion est un signe d’eau mystique, celui qui déterre ce qui est caché.

Extrait choisi

Linden regarde à travers le carreau ruisselant, et il lui semble être devenu une sentinelle qui guette l’inévitable submersion aquatique, qui surveille son père, la pluie, la cité entière.

Le petit + spécial réseaux sociaux

@lindenmalegarde a un compte Instagram !! Retrouvez les photos de Paris et du village de Venozan en noir et blanc, prises avec le fameux Leica du roman!